25/12/2012

Prise au corps

Trans

Il y a des matins, devant la glace, on ne se reconnaît pas. C'est un autre visage qui vous dit bonjour. On étire la langue, on examine ses yeux, on tire sur ses joues bref un bilan journalier proche du déficit de notre pays. En un mot (même plus) : on se sent enfariné. C'est nous, à la lumière d'une salle de bains confidente de nos défauts grandissants avec le temps. Notre quotidien.

Mais ce matin, j'ai eu une attaque d'identité. Rien avoir avec la carte, celle inventée sous Vichy, non, je ne me reconnais pas. Ça commencé au réveil et je n'ai pas percuté. Pas d'érection, pourquoi pas ? Fatigue, stress, tabac, sexe, alcool, la panoplie du parfait : j'en-ai-rien-à-foutre-de-vos-conseils-de-bien-vivre. Je suis passé aux toilettes, je n'ai pas trouvé l'essentiel qui fait mon anatomie et je me suis pissé dessus comme pas possible. Et là, j'ai crié. Non, j'ai gueulé ! J'ai cru qu'on m'avait émasculé dans la nuit. C'est une sensation atroce de se retrouver sans son « popol » habituel. C'est même traumatisant. Je suis allé direct voir si le lit n'était pas recouvert de sang. Rien. A part l'habituel sueur de mes cauchemars nocturnes.

Qu'est-ce qui m'arrive ? Je me tâte. J'en crois pas mes mains. J'ai des … seins … des seins. Je dors en tee-shirt, et je vois à quelques centimètres de mes yeux pleins phares, une poitrine prête à bondir hors du tissu. Je déchire, au col, le vêtement. C'est pas une poitrine, ce sont deux obus avec le bout des seins tout rose. Ni une ni deux, salle de bains. Etat d'urgence, état des lieux.

Là, devant ce moi, ce miroir, qui n'en fait qu'à sa tête, me nargue d'un faciès étrange, venu d'on sait où mais qui ressemble à une espèce féminine avec un neurone. C'est une peur, un cauchemar éveillé qui n'emballe pas, si ce n'est le cœur !

Je me dévisage. C'est étrange, de se mirer pour la première fois sous cet aspect, un tantinet rebutant au départ et puis on se prend à découvrir le positif. Les traits ne sont pas aussi traînés sur les joues, le front paraît sage, le nez pas si grossier que cela et la bouche expressive comme une pompe à vélo est presque rassurante. Les cheveux blonds, mi-courts, la coupe au bol me fait penser à Jeanne la Pucelle. Je me retourne d'un côté, puis de l'autre. Les mensurations sont avantageuses et le fessier à faire chavirer dix escouades de sous-mariniers. Moins de peur que de mal, je peux dire, mais côté sexe, c'est la douche froide. Il est où mon pilon, ma baguette magique, ma lance de guerrier ? J'ai a présent un chaudron magique. J'ose à peine le toucher. C'est intime ce genre de chose. Et comment ça marche ? Hein ? Je me demande. J'ai une envie de faire pipi. C'est pas vrai. Direction les toilettes. L'émotion sans doute. Soulagement, ça passe tout seul. Bon, avant je décalottais, une petite secousse et hop. Mais là ? J'essuie, ok. D'avant en arrière ou inversement ? Je ne sais pas, moi. J'ai des larmes. Me voilà dans un drôle d'état. Je me tamponne les paupières avec du papier deuxième choix. Horreur. C'est tout noir ! Pas possible ! Retour à la salle de bains. C'est du mascara ! C'est pas croyable. J'ai été maquillé dans la nuit ou quoi ?

Je me passe un gant de toilette. C'est pire. Quelle tête. Je ne peux pas me pointer au boulot comme ça. Nom de Dieu, j'y pensais pas ! C'est affreux, je vais perdre mon boulot. Mon permis de conduire, mon appart, et puis tout le reste. Et mes proches, mes parents surtout ! C'est une catastrophe. Si je tiens le cochon qui m'a transformé en donzelle, ça va tourner au massacre à la tronçonneuse version 3D sans effets spéciaux !

Je suis anéanti. Je vais m'asseoir sur le … bidet. Et dire que je suis célibataire. Enfin heureusement, sinon, j'aurai viré de l'appart en moins de temps qu'il n'en faut à une mouche pour faire cent mètres. Quelle dégaine. Je palpe ce nouveau corps et je me trouve indécent. Indécente ? Si je commence à avoir des questions de personnalité, je ne suis pas sorti de l'auberge. Qu'est-ce qui fait que j'en suis rendu là ? Je cherche dans ma mémoire. Bon, c'est vrai, parfois je déconne sur le sujet des femmes. Mais je les aime, trop sans doute. J'aimerais bien être une blonde, un mètre soixante-quinze, quatre-vingt-quinze C. Mais bon, je dis ça, je dis rien. C'est un fantasme, rien de plus.

Je vais prendre une bonne douche. Ça va me faire le plus grand bien. Je retire le restant de mon tee-shirt et direction poubelle. Me voilà nu … ou nue ? Bon, allez hop, pleine eau sur ce nouveau moi. Du gèle douche sur ma fleur de douche et je passe par … mes seins. Délicatement. Ça tient tout seul. Je me demande comment. Ça l'air bien accroché en tout cas. Le ventre, les fesses et … ah, pas trop là, un peu le bas du dos, je remonte aux épaules, les bras, je redescends, les jambes. C'est gênant ces seins. Les cuisses. Je frotte avec plus d'assurance et je décalotte … ah, non pas là. Comment ça se lave ce machin, truc chose de vulve ? Hein ? J'écarte les jambes. Je ne vois rien. Je lâche ma fleur de douche. Je me penche en avant. Ah, je vois mieux, mais bon. Je prends quoi pour laver l'intérieur ? D'ailleurs ça lave cette impasse ? Je ne suis pas équipé, là. J'essaye de distendre ce qui est légèrement ressorti et un bon jet. C'est chaud. Je ne vais quand même pas me brûler ! Bon, je n'insiste pas. Lavage de tête est plus facile. Je ferme les robinets et séchage.

Me voilà propre. Ça fait du bien. Je me regarde dans la glace de la chambre. Pas mal du tout. C'est pas parfait, mais bon. Avant de m'habiller, je téléphone au boulot. Portable en main, numéro, et appel.

- ImageEnUn, bonjour.

- C'est Jean-Marc …

- Jean-Marc ? C'est une blague. Vous avez une voix de femme.

- Euh … je suis son amie.

- Jean-Marc a une amie ? Vous plaisantez. Il n'a jamais eu que des nymphomanes.

- Mademoiselle, je ne vous permets pas !

- Excusez-moi.

- Jean-Marc ne viendra pas travailler aujourd'hui. Il est souffrant.

- Je note. Il sera là demain ? Ce n'est pas trop grave ?

- Non, non. Mais il est possible qu'il prenne une semaine d'arrêt de travail !

- Il faut que je prévienne monsieur Henry.

- C'est ça, faites au mieux. Au revoir mademoiselle.

- Au revoir madame.

Incroyable. Ma voix s'est transformée d'un coup. J'ai une voix de femme. Et l'autre, de quoi elle se mêle ? Je te jure. Bon, je vais m'habiller. Souci, je n'ai pas de fringues de filles. Qu'importe. Le slip, trop large. Mince. Pas de slip. Pantalon, je mets une ceinture est le tour est joué. Soutien-gorge, n'en parlons pas. Chemise, un peu large, mais avec les seins ça se tient. Un pull ? Non, fait un peu chaud. Chaussettes. Chaussures, alors là ça se corse. Trop large. Ah, j'ai des tongues. Pas le pied. Je reste pieds nus en attendant.

La glace et moi, nous nous regardons avec attention et curiosité. Je ne suis pas mal du tout, en homme. En vêtements de femme, je devrais être une vraie bombe sexuelle. Mais bon, restons les pieds sur terre. Il faut que je puisse parler à quelqu'un. C'est une véritable malédiction qui vient de me tomber dessus, ce n'est pas possible autrement. On ne change pas de sexe comme ça du jour au lendemain. J'allume une clope. Première bouffée, écoeurant et je tousse comme un tuberculeux. Je sens que je vais faire un malaise. Elle infecte cette cigarette. Un comble. Je me sers un vers d'eau. Ce n'est pas dans mes habitudes.

J'ai une idée ! Et si j'appelais un de mes potes ? Non, un ami, sûr, sans reproche, solide, sans faille, une nature humaine, quoi ! Camille est infirmier de nuit. Il va peut-être m'aider. Je vais lui envoyer un SMS, c'est plus prudent. J'espère qu'il n'est pas trop tôt, dix heures dix. Bon, je vais bien voir, s'il me répond. Je tourne en rond comme un lion en cage. Je vais voir de temps en temps si j'ai changé d'apparence ou pas. Pas à dire j'ai quand même du mal à mis faire à ce physique. Pas de réponse de Camille.

Les heures tournent et ce midi je suis incapable de prendre quoi que soit, à part de l'eau. Mes pensées tournent à mille à l'heure. Et si je me mettais du verni à ongle ? Bon, j'arrête de dire des âneries. La sonnerie de la porte d'entrée de l'appart retentit. J'ai une volée de coups au coeur. Je laisse tomber une chaise. Je regarde à l'oeilleton de la porte. C'est Camille ! J'en suis presque heureuse … heureux. J'ouvre et je vois le Camille un peu interloqué.

- Il n'est pas là Jean-Marc ? Dit-il

- Viens, je vais t'expliquer.

Je le tire par une manche pour qu'il rentre.

- Je ne veux pas déranger. Il m'a envoyé un message et dès que je l'ai lu, j'ai rappliqué.

Je le dirige dans le salon et le fais asseoir sur le canapé. Je vais chercher deux verres, une bouteille de whisky et une d'eau, on ne sait jamais. Je sers. Je suis dans un état presque second. Il me regarde comme une femelle. C'est atroce. Je m'assoie prêt de lui. Et je ne sais pas ce qui me prend, je lui saisie les mains. Il ne résiste pas particulièrement. Il me sourit. Ce sourire qui vous déshabille et ses yeux lubriques qui vous dévorent. C'est indécent.

- Tu veux qu'on passe un moment ensemble, bébé ? Me dit-il entreprenant.

J'en reviens pas. Je suis dans un monde et lui dans un autre.

- Je suis Jean-Marc. Dis-je, la voix presque éteinte.

- Tu es quoi, bébé ?

- Ne m'appelle pas bébé ! Je suis Jean-Marc.

J'essaye de rehausser ma voix pour qu'il me comprenne.

- Tu es qui ?

- Jean-Marc. Tu comprends ? Je suis Jean-Marc.

Et j'insiste sur mon prénom.

- Non ?

- Et si.

 - Ça marche !!!

- Qu'est-ce qui marche ?

J'ai les yeux qui s'écarquillent comme des fenêtres. Je ne comprends rien à ce qu'il me dit.

- C'est géant !

Il est tout enjoué à dire ça. Il se lève d'un coup. Fait le tour de la table basse. Me dévisage avec insistance. Il semble étonné et satisfait.

- Tu te rends compte. Ça marche !!! C'est fou. Me dit-il, épaté.

- Qu'est-ce qui marche. Expliques-toi !

Je suis inquiète … inquiet au possible. J'ai les mains moites.

- Je vais t'expliquer, Jean-Marc. Ça fait bien deux ans que tu tapes ma femme ...

Je me lève d'un bond, prêt à lui sauter dessus. Je comprends que trop bien à présent. Je ne vois pas la main qui vient frapper durement mon visage et je m'écroule sur le canapé, en larmes.

- Je me suis demandé comment j'allais pouvoir assouvir ma vengeance. Je voulais quelque chose de vraiment inhabituel sans passer par le crime. Et puis, un jour de vacances, avec Sabine, j'ai donné quelques pièces à un vagabond qui mendiait à l'entrée d'un village. Le lendemain, je suis repassé par ce village qui tenait boulangerie et bistrot. Le vagabond était là, avec sa chopine. J'ai pris un verre et puis nous avons discuté, de la vie, du monde. De verres en bouteille, je lui ai expliqué que je voulais me venger de l'outrage que je subissais deux fois par semaine d'être trompé par ma femme avec mon meilleur ami. Il m'a assuré que l'on pouvait faire quelque chose. Et j'ai bien rit quand il m'a dit de quoi il retournait. Lui, il ne riait pas. Il m'a demandé de lui fournir des choses qui t'appartenaient. Au retour de vacances, je me suis mis en quête. Tu es désordre Jean-Marc et il a été facile de me procurer les choses demandées sans que tu t'en aperçoives. J'ai fait un paquet et j'ai envoyé le tout à une boîte postale. Je ne savais pas quand le résultat allait se présenter. Aujourd'hui tu es ce résultat : cette transformation d'un homme en femme.

J'écoute à moitié paralysée. Je le vois gesticuler, prendre des airs de vainqueurs.

- Mais rassures-toi, Jean-Marc, l'effet ne dure que le temps d'une pleine Lune. Cette pleine Lune ! En attendant, je vais profiter de toi. Tu veux bien ?

Je ne veux pas. Il est hors de question qu'il profite de ce corps même si ce n'est pas le mien d'une certaine façon. Il s'est approché de moi, je me suis redressée, il m'a frappé à plusieurs reprises, sur la tête, les épaules, les cuisses. Je me débats, les coups redoublent. Je suis impuissante. Je cris. Mais qui peux m'entendre dans cet immeuble où la plupart des gens sont absents ? Et même, qui serait venu pour s'enquérir de ces cris de femmes ?

Il m'étale sur le ventre dans le canapé. Force sur les pans de mon pantalon qui se déchire. Insiste et me voilà moitié nue, impudique et honteuse. Je passe la suite, terrible, bestiale entre intromissions et coups, je suis … violée. Non, pire, je suis déshumanisée.

Il quitte l'appartement sans vraiment que je m'en aperçoive. Il fait nuit. J'allume toutes les pièces. Je me traîne. J'ai mal partout. Je vais à la cuisine. Je bois un grand verre d'eau. Je cherche de quoi écrire. Je m'assoie comme je peux et j'écris tout ce que vous venez de lire.

Maintenant, je vais ouvrir la fenêtre. Six étages, je ne devrais pas me rater.

 

©Max-Louis MARCETTEAU 2012

12:42 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : changement, sexe, personnalité, vie |  Imprimer

06/02/2012

Vous avez dit … thriller ?

Idée de texte du site Écrire2012 Catégorie : jeux de mots.

Dessin de Martin Miguel Angel.jpg

Dessin de MARTIN Miguel Angel

Prologue

Le cameraman a tête de gangster incise un sandwich en guise de breakfast, à défaut du hamburger habituel, et mastique sur un air de samba que diffuse son Black-Berry.

Il attend assis dans un rocking-chair, cloué au sol, la reprise des événements.

 

Chapitre I

La veille, il avait traîné dans un club mi-littéraire, mi-music-hall. Entre show-business et smoking, il avait filmé le speaker star play-boy (qui a, soit dit en passant, un pacemaker) qui lambadait aux bras d'une strip-teaseuse (accessoirement cover-girl, et dealer de hamster) en body transparent. Au contact de ce corps de mâle, ses tétons saillaient et son envie d'être culbutée lui tillait le clitoris au frottement de la jambe du danseur possédé par les courbes de sa partenaire. Ce reportage n'allait pas être diffusé sur une chaîne grand public. Il était mandaté par le club lui-même qui collectionnait ainsi les célébrités sur pellicule. Quelques paparazzi étaient présents mais sous conditions.

Chapitre II

Le speaker star a une double vie de trafiquant de bonsaï et la strip-teaseuse de hamster. Un job qui ne permet pas de rouler en jaguar mais d'acheter un side-car et d'utiliser le tramway en période de pointe.

Chapitre III

Cette double vie n'allait pas de soi pour un certain squatter qui avait payé cash, en billets roulés sous l'offset, le caméraman pour filmer les ébats des infidèles sous les toits de la ville, à défaut d'un standing plus hot. On comprend l'homme trompé, aux yeux de cocker, qui voulait prendre sa cover-girl de femme, en flagrant délit. Celle-ci l'ayant pompé comme un derrick, il se retrouvait comme un cake transformé en pudding. Pas de racket possible avec le play-boy aussi insensible qu'un tweed en hiver. Donc, il fallait utiliser un chantage plus subtil.

Chapitre IV

Entre temps, le caméraman snobant le scoop et le hold-up, préférait zoomer en solo dans les bas-fonds (ne pas confondre avec water-closet) du ghetto ronflant de gangsters à tête d'iguane pour se faire de l'oseille sans déclaration d'impôts. Le squatter et lui avait de connaissance scanné leur ambition respective sans passer par le curriculum vitae. Le deal conclu entre une partie de bowling et schnaps, le caméraman n'avait plus qu'à s'exécuter.

Chapitre V

Il se planque dans un réduit à balai qui sent le camping-car renfermé et le forsythia. Il a par précaution emporté une golden pour se rafraichir le gosier et les poumons, au cas ou. Sa vue sur la chambrette est celle du lit, pas plus, pas moins.

Chapitre VI

Après trois heures d'attente, les infidèles se présentent enfin et ne tardent pas à gondoler sur le lit au design le plus romantico-hard qui soit. Premier round, c'est le style cow-boy sur sa monture. On ne peut pas dire que le play-boy soit un sprinter mais un marathonien. Ce qui laisse plaisir à considérer que certaines femmes on de la chance. Le deuxième round, l'emploi de gadgets à de quoi troubler le transit intestinal et laisse songeur le preneur d'images.

Chapitre VII

Après un intermède bien venu, troisième round : un rodéo prend place.

« - Culbute mon gars, je filme. »

Mais l'imprévu, qui n'est pas gentleman, à toujours une longueur d'avance. Deux coups de feux, genre gangster, et les corps s'immobilisent comme deux jeep en collision. Il n'a rien vu venir. Son attention sur les amants, l'objectif en érection, il n'avait pas prévu ce coup tordu.

Le caméraman signe avec la stupeur son heure de grande angoisse et les clowneries amoureuses lui rabaisse son pipe-line. L'envie d'uriner est intenable. Il se retient comme un barrage après des pluies diluviennes, il sent qu'il va céder d'ici peu.

Chapitre VIII

La pièce est de ce silence que la mort apprécie. Il quitte son repère. Tient sa vessie en respect. L'escalier craque. Il est à deux doigts d'en faire autant, mais pas de break possible. Caméra à la main, il filme comme par automatisme ou comme s'il a un pressentiment que quelque chose allée le balafrer. Une ombre le surprend. La lame mortelle l'atteint à l'abdomen. Il s'écroule, glisse comme un sac de farine. Le sang et l'urine se mélange. Une odeur étrange et pénétrante se ventile sur le palier sombre. Un courant d'air discret et quelques pas se font entendre. Le silence revient à sa place. La caméra a disparu et le mystère demeure.

Epilogue

Black-out !


© Max-Louis MARCETTEAU 2012

23:21 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : smoking, sexe, ambition, peur |  Imprimer

05/02/2012

A la recherche d'une idée.

 

Idée de texte du site Écrire2012 Catégorie : dialogues.

 

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Jean-Pierre Claris de Florian 1755-1794

 

 « - Je cherche une idée.

- Une idée comment ?

- N’importe !

- Il n’y a pas de hasard d’idées. Il y a l’Idée.

- La perle rare ne m'intéresse pas ; une idée toute simple, me suffit. La première venue fera l'affaire !

- Une idée est comme un feu follet. L'éphémère se laisse-t-il attraper par le premier venu ?

- Suis-je le premier venu ? Adam, oui, pas moi.

- Nous sommes tous des Adam... et des Ève.

- Ève ? Le miroir de Adam !

- Un hermaphrodite ?

- Possible qu'au départ, Adam était équipé des deux sexes et pour se séparer de son envahissante féminité à préférer s'en séparer !

- Original comme idée.

- Tu appelles cela une idée, moi une hypothèse.

- En vérité un postulat.

- Pourquoi devrais-je m'engager sur ce sujet ? Je formule un aspect jamais discuté et qui ne m'intéresse pas. Même si j'ajoute que Adam est un concept sans passer par la science qui à trop chercher le pourquoi, du comment, finira par ce pendre à sa première équation d'origine.

- Mais la recherche de son origine est le but premier de tout être, de la connaître.

- Cela lui fait une belle jambe, à l'humain, de savoir son origine.

- Connaître pour se rassurer. Et cette vérité sur Adam, lui permet d'avoir des fondations pour se construire.

- Il n'y a pas de vérité. La vérité est à celui qui est capable de l'imposer au plus grand nombre.

- La vérité est-elle une vilaine ?

- Non, elle est le faire valoir du pouvoir.

- Et le mensonge ?

- Une ironie de langage qui porte ses fruits au moins offrant.

- Donc où est la mesure du juste ?

- Il n'y en a pas. C'est comme avoué qu'une ligne droite est droite. Cela n'a pas de sens. Elle est courbe et constituée de points … circulaires.

- Il y a des points … carrés ?

- Raymond est un exemple !

- Facile et donc, la courbe est juste ?

- La courbe est vernaculaire. Elle est multiple et insaisissable. Elle n'a pas à être juste. Elle est courbe.

- Donc, toute vérité et mensonge sont des masques. Ce qui est, n'a pas besoin de se justifier ?

- Exact !

- Intéressant ! Mais nous nous égarons et discutons à bâtons rompus sur des sujets dont nous n'avons aucune connaissance, à la vérité.

- Oui, et cela me donne une idée par les mots d'un certain Florian :« Chacun son métier et les vaches seront bien gardées ».

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2012

20:57 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : idée, sexe, sujet, masque |  Imprimer