30/10/2011

Interconnexions …

duo_chaises.JPG

Photo MARCETTEAU Fabrice


« - Dormir.

- Dormir ?

- Rêver de toi.

 - De moi ?

- Oui.

- Suis-je à ce point transparente ?

 - Je te voudrai autrement.

 - Autrement ... différente ?

 - Singulière.

- Une femme n'est-elle pas par essence singulière ?

 - Elle est femme. La singularité n'est pas une appartenance à un genre, mais à l'individu.

 - Ma vie n'est pas ma vie. Vie d'une autre moi-même en permanence ou presque. Je traverse des parcelles de réalité au gré des rencontres et puis à ces instants éphémères, je me retranche dans ce corps inconnu qui est mien, en apparence. Je me vide, puis, je suis dans une bulle, rien ne me touche. Je suis spectatrice ou voyeuse selon le bon vouloir de la nuance. Je reste de marbre, si ce n'est de glace. Pas de réchauffement climatique pour moi. Je me laisse emporter par le mouvement. Passagère involontaire, je subis ce ELLE, de sa navigation à vue, de son accostage sur le premier port venu. ELLE s'enracine et puis, ELLE coupe les principaux accès. ELLE meurt et nous reprenons la mer. Insaisissable par la pensée et pourtant ferrée à la première occasion, l'on croit LA posséder, ELLE glisse comme une anguille. Perméable à tout et imperméable à ce monde du vivant, ma vie est un filigrane sur une page d'un destin qui s'efforce de me faire vivre une route qui n'est pas mienne.

 - Demain est un autre jour. Dans mon coin, j'ouvre les portes d'hier pour creuser les autres vies écrites sur du papier dont les ans ne prennent pas une ride. J'accuse SES années de m'avoir inhibé, ignoré, voire méprisé ! Dans ma coquille, je nacre des rancunes, mais qui suis-je pour porter atteinte à IL ? Alors, JE rêve, et IL passe ses heures entre le néant et le vide que certains ont essayé de combler. Peines perdues : IL formate à la première occasion venue. Je ne retiens rien. Mes cellules souvenirs sont vierges. J'apprends inlassablement à être. Celui qui viens d'ailleurs pour aller ici. Mais ailleurs et ici pour moi sont identiques. Tout passage à l'acte est un rêve. Je plonge dans le virtuel à chaque mouvement. Aucune blessure, aucun mot ne retiennent ce corps, cette âme, qui traversent les années comme une particule quantique. Échec à toute communication durable, seul l'instantané compte. Mémoire vive, toute procédure de marquage est sans effet. Je suis comme le sable, je prends la forme de l'instant et modifie mon apparence à l'empreinte suivante. Construction impossible.

 - Je végète comme un oignon en terre depuis trop longtemps et rien ne viendra me sortir de cette argile, mon tombeau. Demain ne sera pas pour moi. Souris-moi Mon Amour, je me suis trompée de route.

 - . . .

- Tu dors ? »

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2011

22:06 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chaises, rêve, mémoire, blessure |  Imprimer

15/10/2011

Une drôle de vie sans toi

DANI photographe.jpg

DANI Photographe

 

Une drôle de vie sans toi. Entre un café : deux bières. Une drôle de guerre entre moi et moi. Pas beau à voir. Une peinture à la Van Gogh avec un mélange Matisse.

 

Hier, j’ai cassé le miroir du couloir, juste avant de sortir. Celui de la salle de bains, pour demain. Chaque chose en son temps et le temps est depuis trop longtemps maussade, et ne fait qu’une victime : moi. Et à par moi ? Toi.

 

Toi, tu es ailleurs. Dans un univers parallèle. Le cinquante huitième, exactement. Précision de navigateur. Internet fait des miracles. Bernadette en son temps n’a pas fait mieux pour attirer des pèlerins. Nous sommes tous des ouailles. Faut-il trouver le leader qui nous tiendra les neurones sur le haut du pavé. En dessous, pour la plupart, les égouts sont leur quotidien. De la croyance religieuse, l’informatique à pris le pas. D'ailleurs, la Toile nous a tissé patiemment un tapis rouge. Du grand Art. Nous avons manqué la dernière la marche. L'un n'a pas su ou tenu l'autre et inversement. A deux, les torts sont partagés.

 

Cet Amour a été effervescent et pourtant insoluble avec le temps. Paradoxe. Je ne t'ai pas gommé. Toi, non plus, d'ailleurs. Je suis devenu pour toi un souvenir comme un cadre posé sur un mur de corridor de ta mémoire, ici peu fréquenté. Quand sais-je en vérité ? Rien. Spéculation à deux sous. Manque d'information sur le sujet.

 

J'aurai dû me tatouer ton prénom sur mon ombilic, enfin ce qu'il en reste. Au fait comment t'appelles-tu ? J'ai épousé une ombre ou un kaléidoscope ? En vérité qu'importe. Je t'Aime.

 

Ce « je t'Aime » a-t-il deux visages ?

 

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2011

22:33 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : toi, moi, mémoire |  Imprimer