02/01/2010

Écriture imbuvable

Sculpture_papier_Jen_Stark_Primary_Blue

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A l'écriture imbuvable, l'encre pleure son sang sur les lignes déformées de l'absurde. La chair putride des mots se répand sur la route hérissée des ratures. Les mots sont des sexes par laquelle naissent des définitions qui se proclament princesses de sang noir. Elles ouvrent les portes des alchimistes en herbe, à la tisane assassine, à l'onguent urticant, aux voix qui s'égorgent dans un râle que ne saurait recoudre un légiste après une autopsie.

Aux traits de lumière, frisent les mots. Les yeux se pendent aux lampadaires de l'angoisse. La première page prend la peur comme compagne, se froisse devant la rebelle impudeur, se couvre de honte aux fautes, frappe la fin du début, au point maton, les virgules accrochent les iris, transpercent le blanc et coule l'humeur de la mort en linceul.

Le lecteur vient de perdre la vue.

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2010

 

12:14 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peur, feuille, rebelle, blanche |  Imprimer

29/12/2009

Profondeur insoutenable.

Peinture_abstraite_Shougaichishizai _blessure.

Peinture abstraite de Sand : blessure mortelle.

 

 

Ventre déplié, tendu, ombilic gouffre insondable, l'œil se rince de ce mystère.

Arraches mes mots de tes entrailles. Revient sur ce bord de mer, où le sang du mot amour s'est imprégné de notre rupture. Ouvres les yeux vers cette Lune de cendre, vidée de la vie pour avoir donné son cœur à un vagabond stellaire. Vomis toutes mes lignes tissées sur les pages blanches de l'espoir. Dégorges le verbe Aimer dans le premier vide ordure qui se présente. Eventres mes mots, chairs putréfiés, ils sont mes vers parasites qui rongent ce semblant de cerveau qui n'arrive pas à se décider entre corde et révolver.

Et, je cherche la balle, celle qui m'attend, là ou ailleurs, pour me réduire la cervelle en une bouillie que seul un zombie serait capable d'avaler après mille ans de jeun et, je cherche cette corde, serpent de jungle.

La fenêtre, jalouse, se veut attrayante, aguichante, avec ses rideaux en bas résille, elle me promet une autre vie de l'autre côté, dehors, sur le trottoir, les pas saccadent la raison d'exister à la rue, où les fantômes des vies perdues, se tranchent les secondes vies, à la sauce piquante. Racle le fond de ton ventre, rien ne doit subsister, même l'odeur n'a pas lieu de tenir. Ravise ton sourire à me provoquer. Râpe le verre pilé de mes mots, pleure ce diamant devenu un galet qui ricoche sur une eau.

Au besoin de vivre, la mort s'attache à mes pas, trace son dessein à toutes les occasions : elle m'ouvre son cercueil. Edentée.

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2009

 

 

 

23:09 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : fantomes, chair, rupture, ventre |  Imprimer

28/12/2009

Un crayon attendu

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Il était une fois un crayon qui ne savait pas écrire tout seul. Il cheminait ( et pas cheminée) dans les méandres des fournitures de bureau sur une page aussi belle qu'alléchante ( et pas léchée par le premier venu) quand un regard brillant de désir de le consommer sur l'heure l'inscrit sur un bon de commande déjà chargé comme une mule de Bethléem ( rien à voir avec la naissance de Rachel). Le grand Sachewb en était l'auteur, l'initiateur, l'instigateur, le provocateur. Il faut lui reconnaître une vertu, celle de donner ... dans le luxe. Car ce crayon était de sang royal. Vous avez deviné ? Il était bleu ! Et notre grand Sachewb ne le savait pas. D'ailleurs, qui soupçonnait une telle imposture ? Qui de nous est d'écriture royale (à par la Reine de Rien la Ségolène Show) ? Mais, le maître en matière es commandes, diplômé du Taille Crayon et de la Feuille A4,321, ne l'entendait pas de cette oreille. Fallait-il céder au grand Sachewb ? Non, messieurs.

Cependant maître es commandes, n'avait pas un coeur de pierre. Il proposa une alternative en phase avec le désir chaud et bien trempé du grand Sachewb. Il proposa un beau crayon, d'une allure féline, à la carrosserie ferme et argentée, de bonne tenue en lignes courbes et droites, de quoi satisfaire tous les reliefs, si ce n'était la position de la levrette ( et oui, il n'était pas tous terrains, ce crayon, tout de même). Le grand Sachewb avait hâte de le prendre en main comme une paire de hanches prêtent à se laisser crayonner transversalement pour la bonne cause.

Le temps passa, telle une éponge absorbant les jours comme une pluie d'automne. Le grand Sachewb, avait cette impatience légitime et son entrain journalier avait dessiné quelque tristesse. Maitre es commandes le rassurait qu'un jour prochain mais non défini, son crayon allait arriver.

Et ce jour, béni de tous le crayons du monde et de Navarre, arriva. Le grand Sachewb fut prévenu sur l'heure. Il était heureux, le bougre, de tenir enfin dans ses petites mains la réalité de ses rêves. Pourtant, il semblait tristounet, là, dans le coin de l'œil gauche. Ce crayon tant attendu, n'avait pas toutes les propriétés que ses désirs avaient formulés. Maître es commandes, branla du chef (et non le chef) et considéra par un essai sur une feuille … vierge, le peu de qualité promise par la pub castratrice, du résultat moyen de ce crayon tant attendu et d'espoir mis en échafaudage.

Toutefois, le grand Sachewb promis de l'utiliser dans le pire des cas, pour tenir l'encre en action et dans le meilleur cas, pour signer une décharge. Et de fait, il le plaça dans sa poche de veste droite, histoire de dire qu'il le tenait prêt de lui, mais pas prêt de son cœur.

 

©Max-Louis MARCETTEAU 2009

21:33 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : main, crayon, royal, luxe |  Imprimer

27/12/2009

Paradoxe de la page blanche

echangeurs

 

Une direction.

Plusieurs routes possibles.

Panneaux indicateurs absents.

Immobilisme.

Tentation d’avancer.

Tentation de décider.

Première racines du doute.

Hasard planqué entre deux pavés de neurones.

Dès, en attente de jouer leur cirque.

Émanation d’un rêve.

Nuages sans ciel.

Vie plantée.

Audace nourrit au plomb, devient naine.

Platitude, habitude, solitude : pleine magnitude.

Aptitude à l'inaptitude.

Heures défilées.

Heurts des rêves sur des réalités.

Crayon déminé du destin, aucun éclat à attendre.

Page blanche.


© Max-Louis MARCETTEAU 2009

17:01 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : destin, audace, page, echangeur |  Imprimer

15/04/2009

Elle et Lui (7)

Néfertiti et Akhénaton
 

 

Elle : « Caresses de tes nuits sur ma peau tissée d’ecchymoses du manque, tu m’assoiffes de toi.

Lui : « Toi, rumeur de mes nuits d’adolescence, je t’avais écris à la solitude de mon encre de sang.

Elle : « Sang bouillonne à l’excitation alternative de tes digitales pourpre, je profère tes mots fatals.

Lui : « Fatale, tu es femme, prise à la démesure de toi-même, tu es m’as statue de Liberté.

Elle : « Liberté statufiée par les vagues de sel, tes mains se brûlent, tu es torche vivante dans ma nuit.

Lui : « Nuit d’été est né l’arbre Amour, racines et cime côtoient paradis et enfer, embrase ma vie.

Elle : « Vie déterrée, la lumière sèche ses larmes, la fleur d’hier est celle d’aujourd’hui, idem.

Lui : « Idem est la pensée sur les lignes d’eau d’un océan aux abysses d’amour, je suis né en toi.

Elle : « Toi, seul chevalier à m’avoir domptée au fouet de tes mots, mes larmes sont tes océans.

Lui : « Océan de mots projetés sur ton corps, fleuve d’aimer, vagues rugissantes, tu es insatiable.

Elle : « Insatiable, j’imprime sur mes draps tes couleurs, tes douleurs, à la nuit griffée de mes étoiles.

Lui : « Etoiles, je dessine ta réalité de mes mots pour conter les années lumières de l’attente.

Elle : « Attente, je tiens en mon cœur les épines des heures, qui percent mes étraves et me coule.

Lui : « Coule la rivière des instants pris en flagrant délit de me tourmenter sur le parvis de notre amour.

Elle : « Amour, j’en gravis tous les calvaires, les pieds meurtris, les mains en sang, viens me border.

Lui : « Border les derniers mots comme une dernière pelletée de terre, j’encercueille ma prière de sang.

Elle : « Sang qui déborde de mes yeux je respire ta peau d’ortie, tes mots comme une meute me dévore.

Lui : « Dévore les cieux de ta solitude, tu comptes les ressacs sur ta plage de sable, slave d’amertume.

Elle : « Amertume, celle de ta trahison d’aimer les fantômes de ton imaginaire, les yeux vides.

Lui : « Vides cœurs, t’aimer aux bourgeons de tes printemps qui se fanent d’année en année.

Elle : « Années d’espoir, reposoir sur le balancier du Temps, je t’ai crée à la terre d’argile rouge.

Lui : « Rouge sont mes heures défigurées aux pinceaux de ta vie, anagramme d’une ombre égarée.

Elle : « Egarée à ton impasse, les jeux sont faits, tu perds de ta superbe et je gagne car je suis à toi.

Lui : « Toi, un hasard fabriqué à la mesure de nos dissonances pour nous couronner de sa passion.

Elle : « Passion déversée en eau brûlante, nos chairs en lambeaux et nos esprits gisent sur un lit de mots.

Lui : « Mots de la faim.

 

 

©Max-Louis MARCETTEAU 2009

 

18:36 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : eau, passion, faim, chairs |  Imprimer

06/03/2009

Journée de la Femme

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"Journée de la Femme". Je me marre ! Pourquoi pas : " Journée du vermicelle en milieu hostile" ! La Femme a-t-elle besoin de cette ouverture dans le calendrier pour qu'on prenne conscience qu'elle existe au-delà des trois cents soixante-quatre jours restants ? Franchement, c'est une aberration. Comment voulez-vous que la Femme soit crédible avec cette journée qui lui est dédiée? Faut-il que notre société soit dépourvue de raison, du sens premier de sa fonction pour la proposer en premier plan ? Un hommage à la Femme ce jour-là diront certains. Le phallocrate de service vous dirait, c'est déjà trop. Il faut bien qu'ils y en aient qui se démarquent. La Femme d'aujourd'hui, n'est pas la Femme d'hier. Et pourtant, j'en vois certaines qui sont en train de se pâmer : " j'suis toute fière que l'on pense, enfin, à nous". Va falloir vous dépoussiérer la moelle du sympathique les filles. La Femme n'a plus besoin de ce coup de projecteur (pas sur la tête) pour se sentir reconnue, existée, valorisée, aimée ce jour là, expressément ! Sa présence est patente dans tous les domaines : femme de ménage à ministre. Le raccourci est audacieux, voire un tantinet provocateur mais cependant bien réel. Si la Femme fut le noyau familiale ( elle l’est toujours avec plus ou moins de réussite) dans toute sa consistance (normal, l'homme, guerrier, avait d'autres chats à fouetter pour conquérir des terres, au nom de la Femme d’ailleurs, car n’oublions pas que la Femme aime les vainqueurs, qu’ils soient petits ou grands), elle a abordé la vie économique, sociale, politique en plein jour ( en général la femme tenait le commandement entre l'oreiller et l'amant) avec toute l'opiniâtreté qui la distingue (car "ce que femme veut …"), elle a réussit grandement son ouvrage même s’ils restent quelques bastilles à prendre. Elle a réussit d’autant qu’elle cumule les mandats : foyer et travail, sans compter sa vie amoureuse (pour ne pas dire sentimentale) et de rester femme, avant tout ! Reconnaissons que la « femmes des années 80 » de Sardou est toujours d’actualité. Elle est reconnue dans moult disciplines et fait référence. Alors, une « journée de la Femme » pourquoi, pour qui ? Un genre de MLF qui impose son diktat ? Des hommes qui veulent avoir bonne conscience ? Ou simplement un rappel pour les machistes ?

 

©Max-Louis MARCETTEAU2009

 

 

 

 

 

 

 

 

20:47 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : femme, journee, sociale, mlf |  Imprimer

28/09/2008

Elle et Lui (6)

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Film 1963 de Godard - Brigitte Bardot - Michel Piccoli

 

Lui : « Assoiffée, tu déploies tes lèvres sur ma peau, tu t’abreuves, tu es la messagère inattendue.

Elle : « Inattendue, je prends ton offrande entre mes mains, je suis passagère et gouverne ton excitation.

Lui : « Excitation, se tend mon seul relief que tu abordes aux caresses buccales et cède à ton feu.

Elle : « Feu, en moi, une chorale frémit dans ma chair, cueille mes fruits de jouissance au plus profond de mon intime.

Lui : « Intime, tu deviens spirale de gémissements intenses, aux vagues de ton corps démasqué.

Elle : « Démasquée, j’ouvre des écluses condamnées par les frustrations, verrouillées par ma caste.

Lui : « Caste, tu as cassé les chaînes aux profils de mes mots libérateurs, plongés aux grés de mes lignes.

Elle : « Lignes, ta main a saisit les contours de mes envies, modelé, érigé, mon château de cristal.

Lui : « Cristal, je bois ton apogée et ma langue accueille ta langue sans frontière, tu deviens entière.

Elle : « Entière, tu m’inventes, je deviens hydre insatiable, dévore tous les espaces interdits, improbables.

Lui : « Improbable, tu es instinctive, impulsive, possessive, fantasque, parfumée d’une folie volcanique.

Elle : « Volcanique, j’émerge, tu atteins ma sève vitale, surgit en moi un fleuve inconnu et fougueux.

Lui : « Fougueux, j’étreins tes vocalisent de ma bouche, j’aspire ton alchimie, me transforme en dieu.

Elle : « Dieu, tu es admis en ma terre, tu me sacrifies, j’exulte au plus profond de moi, je suis femme.

Lui : « Femme, tu jaillis aux virages montagneux de ma vie, je renais de mes ruines et tourments.

Elle : « Tourments, j’efface tes douleurs par les mots cris que tu dépèces sur les draps de la page vierge.

Lui : « Vierge, tu t’éprends de mon pal en ta chair, de ce crayon geyser les saccades de l’onde t’inonde.

Elle : « Inonde mes fibres spiralées, délivre mes gémissements asservis, deviens ma seconde chair.

Lui : « Chair de la même croix, opposable à tous, nous sommes crucifiés sur une terre bleue.

Elle : « Bleu, je renais d’un sang nouveau, enceinte moi de tes mots, que naisse notre immortalité.

Lui : « Immortalité est née sur le marbre avant l’ère de notre premier mot, dans un ailleurs.

Elle : « Ailleurs est ici et maintenant en tout temps, nous éparpille, nous recompose, de Livre en Livre.

Lui : « Livre toi et moi, j’écris ce Nous sur les pentes des heures agrippées aux barreaux du Temps.

Elle : « Temps qui se dilue sur nos chairs, à nos âmes identiques, s’ouvre une nouvelle tentation.

Lui : « Tentation et cœurs se tiennent par les mains, la raison se vomit dans l’océan compréhension. 

 

©Max-Louis MARCETTEAU 2008

 

15:02 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : tentation, langue, cristal, frontiere |  Imprimer

26/02/2008

Terre en terre

Peinture 1 Angelika

Les heures du jour se prennent par la main, séduisent un dernier soleil. Demain, il ne viendra plus poser, nu, sur le drap bleu du ciel. A la nuit des cadavres, les vers luisent leur dernière lueur. Le temps n’arrête pas la prière, pourtant. Les yeux sortent faire un tour sur la scène des dernières tombes creusées à la sueur d’une énième bouteille whisky. Quelques os jouent aux osselets sur la pelouse de cheveux plantés par les phalangettes esclaves. La Lune brille des vapeurs peureuses des âmes errantes. Les loups rongent les tibias égarés sur le chemin de croix de la rédemption. Les chrysanthèmes font la tête à la venue d’un vent de houx. Les hiboux muets se promènent sur les branches mortes des arbres centenaires, foudroyés par l’amour du printemps, ce dandy, tourneur de feuilles en goguette, prêtent à tout et à mourir aux premières syllabes de l’automne. La terre se meuble de cimetières. Les croix fleurissent sur la terre des prières juteuses comme des clémentines. Un violon prend des airs lugubres accompagné d’un piano vagabond, qui traînent ses notes comme des racines d’Immortelles. Des oreilles encore valides écoutent ces morceaux venus d’un au-delà impalpable sur l’oreiller de la mort, toujours attentive au bien être des survivants de l’enfer terrestre,  le paradis se morfond dans la cave des souvenirs roses. Une voix, une plainte, se pose sur une dalle grise de vers, taillée par les douleurs d’un homme. Agenouillé, marteau et burin passent leurs nuits froides à tenir la vérité d’une éternité humaine au-delà des mots, des passions. L’horloge d’une église sonne. Une chorale s’embrase sur le bûcher d’un vin sacré. Elle se soûle de quantiques, se signent, se défroquent à l’indice d’un sillon vierge. Les flammes souffrent les corps impurs, le vent attise avec force ces flambeaux de viandes qui fuient vers des ténèbres hospitalières. Aux rescapés, les bourreaux passent à l’action et tranchent dans le vif de la chair au sang chaud de la jouissance présente et future Le jour ne se lève plus. Les pluies de douleurs cisailles toutes les vies à venir. L’avenir lui-même a renoncé à prêcher la bonne parole sur la Terre. Elle vient de mourir. 

 

©Max-Louis MARCETTEAU 2008

15:21 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : terre, ciel, flamme, sang |  Imprimer

03/02/2008

L'homme est un conquérant

Photo Olivier Cornelis intitulée à saute mouton

 Photo Olivier Cornelis intitulée « A saute mouton » http://olico.skynetblogs.be/

 

L'homme est un conquérant, et oui mesdames ! Le trophée gagné, il lui reste quoi d'autre à faire ? Et bien, comme nous dit Brel : " L'homme est un vagabond". Alors, il vagabonde et la femme crise et oui, la possessive n'aime pas partager (pléonasme), là est son moindre défaut. L’homme rentre dans le rang aux mots de soumissions de sa chère et tendre : «  Qui tient le pantalon, ici ? C’est moi ! », ou la femme prend ses bagages, et part, séance tenante, seule ou accompagné d’un moutard, à qui le juge demandera : «  - Tu veux rester avec maman ou papa ? » d’un air papi gâteau. Le gamin, n’entend pas trop bien la question, ce mouche avec les doigts, à défaut d’avoir un kleenex proprement rangé dans un tiroir de la salle de bains oublié la veille du départ de sa mère, elle-même en larmes (de comédie) pour bien faire comprendre toute la faute à l’homme, le boulet de sa vie, de ses envies frustrées, de sa tromperie inexcusable. Et l’enfant de partir avec sa mère, les yeux rivés sur son père, blanc comme un linge, les yeux humides (pour de vrai), l’air aussi dépité qu’un : 3-0, que vient de subir son club de football chéri (pas de nom, je ne veux pas faire jaser, pour tel ou tel club) humilié et proprement éliminé en finale de la Coupe de France. Cependant, si l’homme se repend, agenouillé prêt du lit de sa compagne au bord du gouffre sentimental (un vide que les mathématiciennes sont incapables de résoudre, il est vrai qu’en calcul, les femmes ne sont capables que de résoudre le retour de leur période (pour ne pas dire, règles), il a, quelque chance de pouvoir rattraper le coup. Mais ce n’est pas gagné pour autant. Il devra racheter une conduite. Ce n’est pas comme le permis de conduire où l’on peut racheter ses erreurs : « - dit moi chérie tu n’as pas 2500 euros qui traînent sur ta psyché ? » «  - Ma psyché ? Qu’est-ce ? » La femme d’aujourd’hui, n’a que le reflet de sa télévision, pour seul miroir, ce qui limite son angle sur elle-même et agrandit d’autant ses complexes, et oui c’est un paradoxe, la femme est faite de paradoxes. Donc, l’homme se rachète devant sa belle. Une reconquête s’impose : câlins matin, midi, soir (posologie minimum recommandée), fleurs, restaurants, shoping, supermarché, réparations du domestique et autres tracas, bref, l’homme s’investit, paye la facture le prix fort, la femme roucoule ! Mais une femme n’oublie jamais. Elle reste attentive, et l’homme sur ses gardes. Tout regard sur une autre femelle remettrait en cause, tous ses efforts. La prudence est de rigueur. Il a supprimé les numéros compromettants de son téléphone portable, surtout la blonde platine dite : fontaine et la brune gothique dite : l’épingle. Jeté deux boîtes de préservatifs, le cœur lourd et l’érection en berne. Il rentre le soir, à l’heure.  Il sait tenir une conversation : il parle chiffons en expert, se tient au courant des potins mondains, invariables donc récurrents, s’applique à comprendre l’incompréhensible : les effets de la crème de nuit et du matin, compatit sur la misère du monde animal et accompagne sa tendre aux conférences sur la grenouille volante, sans oublier qu’il est devenu propre, ordonné, un tantinet maniaque.  En un mot, il devenu l’homme idéal. Mais le temps fait son office. Le train train quotidien prend le dessus. Les relations s’émoussent. L’ennui s’applique comme une pommade chaque jour. Bref, le couple s'ankylose sur sa terre, autrefois cultivée et fertile, elle devient jachère et stérile et de nouveau la femme crise. L’homme ne sait plus que penser. Il est devenu fidèle. Compteur du reproche : zéro. Alors, il reprend son bâton de pèlerin, le vagabondage, histoire de voir s’il n’a pas perdu la main. Effectivement, son panache est toujours là, mais ce n’est plus pareil et son attente de la femme a changé. Il veut passer de l’unilatéral, au bilatéral. En clair, il espère des échanges mutuels, sincères. Six milliards d’humains, au moins trois milliards de femmes. Une paille et un vrai vivier. Le choix est pharaonique et la perle, rare. Sa perle. Il se met à l’œuvre et comme à la recherche d’un emploi, il distribue de part le monde son curriculum vitae et ses motivations. Il teste, analyse, prend des risques et « qui cherche, trouve » (chapitre sept, verset huit, de Matthieu, pour les puristes). Ce soir là, de décision ferme et bien réfléchie, il clôt sa vie d’ici, pour s’embarquer dans une vie, ailleurs. Sa nouvelle conquête n’est pas plus belle, plus intelligente ou plus autres choses. Non, s’ils sont Femme et Homme à part entière, complémentaires et soudés comme les mots de Saint-Exupéry : « Aimer, ce n'est pas se regarder l'un l'autre, c'est regarder ensemble dans la même direction. »

 

©Max-Louis MARCETTEAU 2008

10:47 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : conquerant, homme, femme |  Imprimer

26/01/2008

Testament

 

Bateaux dans la baie - 1982 - Bernard BUFFET

 

Un Crayon qui a d'office que d'écrire des lettres d'amour, s'installe tous les jeudis rue des Amours Impossibles, avec ses amis Papier Vélin et Table Basse. Chaque personne s’agenouille pour dicter sa flamme à l’être aimé, les yeux fermés et les mains posées à plat sur Table Basse. Un jeudi de grand froid, une dame d’un certain âge pose un genou à terre, une main sur Table Basse. Les yeux rougis, elle dit sans attendre : « - Mon cœur a glacé la vie de mon enfant unique. A la passion de l’aimer, j’ai cassé sa raison de vivre. A le voir grandir, je l’ai rabaissé. A la valeur d’amour maternelle, ses bras maigres ont connu les rudes corvées de la ferme, ses jambes courtes et frêles le travail des champs en toutes saisons, ses pieds nus déformés la terre rouge difficiles de mes aïeux, son ventre rond le pain moisi et l’eau des marais, ses yeux bleus les larmes à mes violences et de sa fatigue, sa bouche fine le mutisme à mes colères, ses joues roses mes gifles, ses oreilles mes paroles venimeuses, son corps la paille humide et les vêtements miteux. A la Lune nouvelle, ses mains ont serré mon cou comme les serres d’un aigle qui cueille un agneau. J’ai frappé le monstre avec un tisonnier. Il est mort sur le sol terreux de ma cuisine. A ce jour, je suis devenue vieille, aigrie, le cœur brisé et l’âme défigurée. Je demande pardon au ciel et la terre, au feu et à l’eau. Ma fin est proche et mes paroles en testament, portez mes mots sur la tombe de mon enfant. » Table Basse tremble et Papier Vélin pleure. Crayon a écrit à l’encre rouge ces lettres. Le froid est devenu plus froid. Blessé par ces morsures, Papier Vélin se brise en mille morceaux et au vent glacial qui s’est levé à l’écoute de ces paroles, l’emporte dans un tourbillon effréné, dirige sa violence vers la dame qui n’a point bougé, la transperce jusqu’à mort s’ensuive. Depuis ce jour, l’encre rouge est devenue le symbole de la faute. La table basse de soumission.

 

©Max-Louis MARCETTEAU 2008

20:50 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : enfant, crayon, testament |  Imprimer

30/09/2007

Elle et lui (5)

Peinture de Sabin Balasa, artiste roumain, intitulée L'univers de l''amour

Peinture de Sabin Balasa, artiste roumain, intitulée L'univers de l''amour

 

Elle : « Au signe de l’instant, ton regard a signé sur mon corps les premiers traits inavouables.

Lui : « Inavouables les mots de ton émotion, aux premières syllabes a ouvert notre livre.

Elle : « Livre à l’écriture inconnue, aux histoires mille fois jouées, s’est offert à Nous, fragile.

Lui : « Fragiles tes mains ont caressé mon visage blessé par l’attente, aux supplices des ans.

Elle : « Supplice des saisons, à la recherche inconsciente de toi, mon espoir cherchait ta source.

Lui : « Source écrite sur les lignes fractales d’un univers né d’un désir de s’accoupler à une étoile.

Elle : « Étoile vampirisée par des comètes éblouissantes, elles n’étaient pourtant que des encas.

Lui : « Encas, je goûte tes première paroles opalines qui se versent sur mon cœur hypnotisé.

Elle : « Hypnotisée par le flots de tes mots pinceaux, je me prends à ta toile de tes couleurs.

Lui : « Couleurs sensibles, l’esquisse indécise se précise, tu apparais en filigrane, mystérieuse. 

Elle : « Mystérieuse et captivée par ton art, les ombres de mes blessures se signent à ton autel.

Lui : « Autel et cierges, je te prends dans mes bras, ton masque envoûtant baisse la garde.

Elle : « Garde est mon maquillage, celui qui cache pudiquement mon visage de clown triste.

Lui : « Tristes sont les larmes de cette église au mariage de l’orgue et des chœurs aux voix d’anges.

Elle : « Ange, tu es celui qui me porte sur ses ailes, posent tes lèvres sur mes larmes d’hiver.

Lui : « Hiver, loin est ta neige à présent et le manteau de feuillage printanier vient en poète.

Elle : « Poète, je suis conquise à la musique de tes mots, tu me cueilles entière, en mes racines.

Lui : « Racines blessées, j’invente un parfum en cinq lettres, unique, qui contient le mot : Amour.

Elle : « Amour cocktail, perle brillante que tu m’offres à l’écrin de ton cœur, mille fois déchirés.

Lui : « Déchirés sur la tapisserie des mensonges, aux sourires des portes accueillantes de pièges.

Elle : « Pièges, overdoses des appâts, je suis griffée aux quatre coins de ma confiance.

Lui : « Confiance à découvert, insolvable je t’ai, pas à pas, sorti d’un gouffre habillé d’éclats de verres.

Elle : « Verre brisée de mon aquarium, je suis revenue à mon emblème le dauphin, libre et belle à tes yeux. 

Lui : « Aux yeux, inassouvie de toi, je tisse chaque instant de ta présence les liens de notre éternité promise.

Elle : « Promise, je suis à toi mon Amour !

Lui : « A toi, mon seul Amour !

 

©Max-Louis MARCETTEAU 2007

20:06 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : amour, maquillage, hiver |  Imprimer

25/09/2007

Elle et lui (4)

Photo Olivier Cornelis intilulé  L'ombre du Galiléen du blog olico skynetblog

Photo Olivier Cornelis intitulée «L'ombre du Galiléen » http://olico.skynetblogs.be/

 

 

Lui : « Écoute la musique de mon cœur chavirer à tes embruns de notre nuit.

Elle : « Nuit, cœur de feu, ton volcan a durci entre ce moi et ce nous, à jouir.

Lui : « Jouir, une valeur de cinq lettres gravées sur nos corps huilés, intimes.

Elle : « Intime, tu m’as prise aux fers de tes mains et soudoyée par tes mots de marins.

Lui : « Marin et coup de tabac, mon mat a tenu les vagues hurlantes de ta poitrine.

Elle : « Poitrine charpentée d’un bois d’amour s’ouvre à l’arrogance de ton orage.

Lui : « Orage à la pluie violente de ton désir à naître aux roulis de tes hanches sauvages.

Elle : « Sauvage et ta patience aux grés des heures, après les frôlements impatients.

Lui : « Impatients mes caprices te voulaient entière comme le loup de mer à l’océan.

Elle : « Océan, tes récifs m’ont écorché le corps de bas en haut, mon sang tu as lapé.

Lui : « Lapé ta chair blessée, m’a procuré les secrets de ton intime et ta jouissance a explosé.

Elle : « Explosé sur le miroir incandescent de tes frustrations, tu as pali à ma lumière nouvelle.

Lui : « Nouvelle étape en moi, j’ai compris ton besoin de sexe comme une eau vitale et rare.

Elle : « Rare est la puissance de ta douceur chaste au moment de m’apprivoiser, tu m’as séduite.

Lui : « Séduite aux mille attentions, j’ai rallumé le brasier enfoui à l’intérieur de ton alcôve.

Elle : « Alcôve aux secrets inviolables, aux larmes sans fin, au foyer, pourtant jamais éteint.

Lui : « Éteins ta voix du jour et enflamme ta voix de nuit, autre que celle de ta souffrance.

Elle : « Souffrance d’enfant, claustré dans une cave, aux bouteilles imbuvables et sacrées.

Lui : « Sacrée, tu es sur mon autel, nue, parfaite et irréelle, tu m’accordes le devoir de t’aimer.

Elle : « Aimer sans conditions, à la parole et aux actes, je t’ordonne et te séquestre, possessive.

Lui : « Possessive, tu es l’œuvre d’art de ma vie conquise par mon audace et mon naturel.

Elle : « Naturel aux mille étoiles, tu illumines ma vie de ton amour courtois et intransigeant.

Lui : « Intransigeant je suis obéissant à tes lois dictées à ta source des désirs souverains.

Elle : « Souverains, ainsi notre sépulture sera gravée de ce mot au début de ce Nous.

Lui : « Nous sommes de la même eau et ton sang est devenu le mien, maintenant et pour l’éternité.

 

©Max-Louis MARCETTEAU 2007

 

20:44 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : nous, marin, eau, sang |  Imprimer

21/09/2007

Elle et lui (3)

echecs

Elle : « Vœu, étoile filante, pénètre mon sillon à l’abyssal désir de couler à flot. 

Lui : « Flot d’étoiles, soubresauts de l’univers, ta lumière est mon seul soleil.

Elle : « Je suis ton château fortifié. Assiège, soudoie, mes gargouilles se rient de toi.

Lui : « Je cravache tes bastions, tu résistes beauté de nature, tu mortifies mon affecte.

Elle : « Mon pont-levis ne s’ouvre pas au premier venu, seul l’audacieux forge la clé.

Lui : « Forgeron, je martèle mon tisonnier au brasier de ton enchantement.

Elle : « Forge ton caractère, ta soumission à mes désirs naissants m’enrôlent à mes caprices.

Lui : « Soumise, tu es, je suis ton jeu et je suis celui qui en impose les règles.

Elle : « Impose, serviteur, tu auras ta récompense, celle de mon corps, mon âme, elle, est indécente.

Lui : « Indécence est prometteuse dans tes bras, elle s’expose à rougir de tes poses.

Elle : « Poses ton armure d’interdits et viens pénétrer mon ivresse au contenu inconvenant.

Lui : « Contenue, tu animes en moi ce désir déraisonnable de t’empaler vive, sans sommation.

Elle : « Empale tes mots dans ma bouche, dévore ma langue, mon cri sera celui d’une truie que l’on suspend à une esse.

Lui : « S comme : stimulé, sang, sainte, sacrifié, sein, sadisme, semence, sentence, sillon, salive, source, souhait, symbole, spasme, . . . stop !

Elle : « Et sexe ? Il t’effraye tant ? Le mien n’attend que son chasseur de trésor, son cueilleur de fleurs rare.

Lui : « Cueilleur, je suis ton primitif et ardent chasseur. Ta fleur trouvera en moi son soleil et sa rosée.

Elle : « N’est-elle pas une proie facile à présent, une proie de choix ? Agenouilles-toi !

Lui : « Tu broies mes tabous, tu oses et j’abdique.

Elle : « Ensoleille tes rayons, faufilent tes doigts entre mes tiges serrées, assiége mon orchidée.

Lui : « À mes assauts, tu résistes. Tu me submerges de ton arrogance.

Elle : « Je résiste pour mieux me donner. Sois l’insurgé, le flambeau qui brûlera mes terres vierges.

Lui : « Ta terre est un échiquier, je suis chevalier, fou, tour et pion à la fois.

Elle : « Tu es celui que j’attends, qui m’appartiens, à présent tu m’as encagé.

Lui : « Échec et mat.

Elle : « Viens en moi, maintenant, ma Reine !

 ©Max-Louis MARCETTEAU 2007

21:25 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : echec, tour, elle, lui |  Imprimer

30/07/2007

Elle et Lui (2)

Sculpture de Camille CLAUDEL - sakountala

Elle : « Il n’est trop tard qu’au dernier râle qui vient refermer la blessure de la vie.

Lui : « Ta vie est une blessure, la mienne est un volcan où jaillit une lave de diamants.

Elle : « Ton seul diamant, c’est moi. Je griffe tes jours. Tu jouis de moi, innocent amant.

Lui : « Amant à l’innocence de croire en ton amour, toile d’araignée, je suis ton fil.

Elle : « Fertilise ton ridicule de tes mots horizontaux, je suis ta cravache qui t’éduque.

Lui : « Ma bouche difforme empale tes coups, et je vomis ton outrecuidance.

Elle : « Ma bouche obsède tes jours, mon sexe tes nuits, tu danses sur ta décadence.

Lui : « Décadence, cette évidence se lit aux plis retroussés de ton entrecuisse.

Elle : « Tu verticalises tes mots, ton langage s’émèche en des lances enflammées, tu es suffocant.

Lui : « Mon langage est un sabre, et telle une hydre, tu te démultiplies.

Elle : « Une femme à des qualités que toi l’homme accouplé à tes mots de cul-de-basse-fosse, n’atteindra jamais.

Lui : « Jamais se mutile à ta rencontre, il devient toujours ou pire, éternité par inadvertance de langage.

Elle : « Inadvertance du destin, mots croisés, telle est notre première rencontre, sans définition.

Lui : « Te définir est une audace, que plus d’un a cassé sa plume, déchirée son âme, éboulée sa vie.

Elle : « Un compliment ? Tu miaules à merveille pour une caresse. Tu es audacieux pour un condamné.

Lui : « Je distille ma condamnation, peur de mourir trop tôt ou trop vite sur tes draps, des linceuls très à propos.

Elle : « Tu brames, à présent. Je suis ta seule femelle. Ne gâche pas mon plaisir. Je m’offre ta candeur.

Lui : « Ton plaisir est un liquide diaphane que libère tes ardeurs, écœurent des draps et que jouit ma langue.

Elle : « En mon calice, tu sais t’abreuver. Tu sais aspirer mes profondeurs, à les imposer aux jours.

Lui : « Au jour à naître, corps repus, le soleil attend que l’on s’endorment pour paraître.

Elle : « Embrasse-moi.

Lui : « À la verticale de tes lèvres, j’exauce ton vœu.

 

©Max-Louis MARCETTEAU 2007

 

(Sculpture de Camille CLAUDEL « Sakountala »

22:31 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : langage, corps |  Imprimer

21/07/2007

Elle et lui (1)

Les amants de la véranda 1976

Elle et Lui

 

Elle : « Tu pars ?

Lui : « Au jour qui s’essouffle, la nuit s’impose.

Elle : « Tu m’imposes ton partir comme une goutte qui déborde d’un vase.

Lui : « Je pars renversé par tes mots trop souvent plein d’amertume.

Elle : « Mon amertume fleuri à ton terreau et son parfum t’indispose.

Lui : « Je préfère disposer avant d’imposer le socle de ma personnalité sur ta terre.

Elle : « Je n’aurai eu l’occasion de devenir ta statue soumise à tes regards indécents.

Lui : « Mon indécence est mon admiration pour toi.

Elle : « De moi rien n’est admirable, et le désirable est enfoui au cœur de ma tombe.

Lui : « Ton cœur, à ne jamais se dévoiler, pourrira dans le flot de tes larmes.

Elle : « Mes larmes, ma source, me font renaître à chaque instant, revivifiant mon désir de vivre.

Lui : « Et ma vie ? Une simple trace sur la ligne de ta vie, effacée à la gomme de ton indifférence.

Elle : « Tu es l’encre qui n’a pas su marquer les traits de ton amour.

Lui : « L’amour n’est qu’une vague qui s’épanche sur une plage.

Elle : « Ton écume est un sperme froid qui recouvre les galets stériles.

Lui : « Enfanter le néant, tu n’as que cela à m’offrir et tes ombres d’angoisse pour me punir.

Elle : « Mes angoisses sont aussi les tiennes, des linceuls qui m’étouffe.

Lui : « Nous sommes identiques et autres choses, ensemble nos mondes s’entrechoquent.

Elle : « Le soleil est toujours identique mais ses couchers sont toujours différents.

Lui : « Nos mots nous embrochent, nos différences nous brûlent, nous sommes devenus cendres.

Elle : « J’ai besoin de ces brûlures pour exister, j’ai besoin de ces cendres pour renaître.

Lui : « Tu as consumé tous les impossibles de notre passion, les possibles sortent cuirassés.

Elle : « Défait ton habit de mâle, ouvre les vannes de tes mots vrais, de cet amour qui t’enchaîne.

Lui : « Enchaîné à tes barbelés, je suis griffé de toutes parts, mon sang n’est pas le tien.

Elle : « Mon sang est ton eau de vie, tu es celui qui en moi vie par moi et seulement moi.

Lui : « Tu aboies comme une chienne enragée, tes crocs s’émoussent sur mon cœur.

Elle : « Tu es pathétique comme un timbre poste qui vient de faire le tour du monde.

Lui : « Ton rictus pourrait servir d’appât à un autre homme, ton sourire est une fosse.

Elle : « Restes !

Lui : « Trop tard !

 

©Max-Louis MARCETTEAU 2007

 

( Peinture de Jean-Marie POUMEYROL « Les amants de la véranda » 1976 )

18:27 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : amants, passion |  Imprimer

01/07/2007

Où sont nos maisons closes

Photo d'Olivier intitulée Perdu de Zyeuter com

Où sont nos maisons closes tenues par des mères maquerelles autoritaires et protectrices ? Où est la prostituée du village, celle qui voyait passer sur sa couche le bon bourgeois au journalier ? Où est passée cette mémoire du secret d’alcôve qui encaissait la bonne ou mauvaise fortune de son client ? Tout cela est devenu un marché commercial planétaire dont le respect de l’individu est mis au rancart ! La prostituée est de plus en plus jeune, consommée comme une boisson pétillante, trop souvent contaminée par un sida dévastateur ou d’une drogue qui l’a met au pilori, sa raison de vivre n’est plus qu’un lambeau de chair qui désire s’échapper du carcan proxénète qui trop bien souvent est sa tombe. La prostituée apporte au corps frustré de sexualité primaire ou inavouée, toute l'attention éphémère de ce manque de corps à corps indispensable à l'homme. Entre l’habitué et l’occasionnel, le pervers et l’égaré, elle s’adapte, reçoit en son réceptacle le jet hormonal en suppression, paiement en liquide dont elle retira son obole, si son souteneur ne la frappe pas, d’un refus. Elle perpétue ainsi cette misère sexuelle qui est avant tout une pauvreté économique. Elle fait partie d’un triptyque, d’un mariage à trois : prostituée, proxénète, client. Ce triangle infernal, tient tête à la morale bien pensante depuis des millénaires : Moïse qui refusa que les filles d’Israël se prostituent mais toléra la prostitution des étrangères, en passant par l’Antiquité où la femme du logis était offerte à l’hôte de passage, sans oublier la grande Rome où il suffisait de demander une licence pour devenir proxénète sous le couvert d’un état qui prenait sa part ; à un Saint-Louis qui autorisa la réouverture des maisons de débauche, suite à l’échec d’enfermer dans le couvent des Filles-Dieu, toutes les prostituées ; à un Henri II qui fermait les bordels, pris en étau entre la religion et une syphilis galopante, suite à un excès de zèle de ces «  coureuses » ou « pierreuses » et d’une tolérance perverse de l’état ; à un Louis XIV sévère, qui dirigea les prostituées vers les hôpitaux, les colonies, les couvents et autres maisons de redressement, a fini par constituer, à son corps défendant, à la fin de son règne, un parc assez impressionnant de vingt-cinq mille prostituées dans Paris, ce qui l’acheva moralement  Et plus proche de nous, ne pas taire qu’un Sarkozy qui déboule (en 2003) avec un texte pour sanctionner les racolages, une partie de la prostitution se terre dans les banlieues, bref la chasse à la prostituée est toujours d’actualité.

 

©Max-Louis MARCETTEAU 2007

Photo d'Olivier intitulée Perdue de http://www.zyeuter.com

23:11 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : prostitution, sida, misere |  Imprimer

25/06/2007

Les 7 vérités

Suite à un appel bien sympathique à participer au jeu des 7 vérités (merci Nadette http://pochettesurprise.skynetblogs.be), j'accomplis, non sans douleur, une entorse à ce blog exclusivement fait de textes.

 

1 – Il paraît que la vie a un sens. Je ne montre aucune disposition à le trouver et j’ai le sentiment de tourner en rond.

 

2 – Je pratique le nudisme devant ma glace tous les matins, excepté le jour du Seigneur.

 

3 – Je vis avec une poupée gonflable faite sur mesure, garantie à vie par un grand constructeur automobile.

 

4 – Cinq jours par semaine, je me rends au travail (à l’ANPE, je suis chômeur) en vélo à selle de bois d’ébène, tout cela pour me rappeler qu’il est difficile de se faire une assise solide dans notre société.

 

5 – Comme le cochon, tout est bon en moi et je déteste les aliments acides en particulier le citron vert.

 

6 – Je pratique l’insociabilité, normal, mon signe zodiacal est le cochon, ascendant l’âne.

 

7 – Je mets en fonction ma télévision de une heure à six heures du matin pour prouver à mes voisins que je suis toujours vivant et je dors avec des boules Quiès.

 

Voilà,

 

Hélas, je suis incapable de passer la suite à 7 autres blogeurs (ses) n’ayant pas le sens très communicatif avec mes semblables :) 

 

 

Max-Louis

21:40 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : verites, cochon, velo |  Imprimer

21/06/2007

Particule qui s'agite

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Particule qui s’agite : homme au bout de sa route. Ses yeux ruminent son dernier soleil, une illusion. Ses pas traversent une lande d’ossements brossée aux Lunes grises successives. Un dernier râle, ses yeux se givrent. L’homme gît sur des pavés peints de son sang à la bruine matinale, des larmes comme des pinceaux, dessinent des hydres. Je suis à genoux, mais trop tard. Je suis plié par le chagrin, et la colère monte en moi. Ton visage n’est plus ton visage ! Ose me secourir, cadavre ! Ouvre ta porte ! Cri avec les mains, les yeux, pantin devenu, je te prends dans mes bras. Dis-moi, pourquoi tu n’as pas osé m’appeler ? Pourquoi, ta vie a défiguré la flamme ton destin ? Dis-moi pourquoi, pourquoi ! Parle-moi ! Dis-moi pourquoi tu pleurais au goulot d’une bouteille ? Ta mort est ma crucifixion. Dis-moi qui t’as frappé, le lâche ! Je veux entendre ta voix rocailleuse me prononcer le nom de cette infâme. Ma joue se colle sur ton visage monstrueux. Dis-moi la vérité sur ta mort. Parle-moi ! Si l’âme existe, que la tienne se manifeste. Qu’elle délivre son message avant que le tourment d’une éternité indécente lui pèse. Ne me laisse pas seul, sans réponse ! Tu dis ? L’infâme n’est pas celui qui t’a assassiné pour une querelle de dette de dix euros ? Je hurle de joie, de peur, aux oreilles des sourds de cette ruelle fatiguée des heures noctambules, aux pochards en bataillon, toujours prêts à se dépouiller, à se trancher la gorge, au délire meurtrier inconscient ! Tu dis ? Mes paroles ont été des offenses ? Tu divagues mon pauvre. Je t’étouffe ? Tu es bel et bien mort, je te dis ! Tu me hais ? Et moi, je t’aime ! Je t’aime, tu comprends ? J’ai été ta prison ? Ta liberté était la mienne, j’étais heureux par toi ! Tu étais malheureux ? Impossible ! J’étais garde ton garde-chiourme ? Comment oses-tu . . . me poignarder . . . ainsi ? Dis-moi, . . . je suis . . . l’infâme qui t’as assassiné ? Le silence affronte de face une réponse voilée qui ne veut pas se découvrir. Parle moi ! Parle moi. Un soleil pâle se dégage des nuages. Un attroupement malsain nous entoure. Un homme, un livre vient de mourir aux pages déchirées, aux mots déformés, à l’encre rouge écumeuse d’une histoire qui se colle à moi. Notre histoire, mon frère.

 

©Max-Louis MARCETTEAU 2007

22:42 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : frere |  Imprimer

13/06/2007

Deux chaises

Deux chaises au château de Brécourt

Deux chaises vides dans un parc :

 . . .  »

« Bientôt, l’habituée de dix-sept heures trente » 

« Bientôt, je planterai mes pieds à un autre endroit »

« Qui t’y amènera ? »

« Un inconnu, un habitué »

« Le temps achève notre patience à atteindre nos rêves »

« Le rêve est amer quand il ne se réalise pas »

« Nous créons un vide sans écho »

« Qui racontera notre histoire ? »

« L’oiseau mort qui léguera ses plumes à la main inconnue »

« La main qui aura tenue la folie sans trahir sa raison »

« Est-elle née ? »

« Elle est née, mais ne sait pas encore qu’elle racontera notre histoire »

« Toute histoire est éphémère »

« Notre histoire est une ride sur le front d’une vague »

« Il restera une écume qui se perdra dans l’océan des autres histoires »

« Qui lira notre histoire ? »

« Les autres histoires, au clair de Lune »

« Qui les écoutera ? »

« Les étoiles les plus jeunes, pour s’endormir »

« J’aimerai dormir dans une maison et y mourir »

« L’on naît à deux, l’on meurt seule »

« Une maison est un enfer, les mêmes personnages, aux mêmes histoires »

« Je serai enfin libre »

« La liberté ne se tient que par son propre mot »

« Le mot dessine l’histoire »

« Je résiste à l’approche d’une nouvelle réalité »

« La peur se coince parfois les doigts à la porte de l’inconnue »

« Ma peur raisonne avec le cœur »

« Ce parc est notre histoire »

« Nous sommes l’un des habits de ce parc»

« Pourquoi partir, si ce n’est mourir ailleurs sans histoire ? »

« Voilà ton habituée de dix-sept heures trente »

« . . .

 

©Max-Louis MARCETTEAU 2007

22:05 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : chaises |  Imprimer

06/06/2007

Je ne compte plus

Sculpture de Jaume Plensa 1955

Je ne compte plus les bougies qui s’éteignent à mon regard le jour de mon anniversaire. Ma vieillisse est une perte de temps pour la vie où est-ce ma vie qui me tient la chandelle par défi ? Mystère.  J’entends le verbe mourir au présent dans ma tête, qui se cogne sur l’arbre tronc planté dans mon jardin d’hiver, telle une stèle qui n’attend que le moment de naître pour exister, de paraître. Je coupe les souvenirs aux ciseaux de mes regrets, et ses larmes sont des confettis qui me collent à la peau. J’attends d’ouvrir mon artère d’impatience d’en finir, d’où sortira un sang d’encre prêt à écrire mon Livre et qui frappera à la porte de la mort qui rougira au contact, sourira comme un vampire abreuvé, m’emportera vers une éternité donc le seul mot renferme tous les siècles d’espoir des âmes qui ont voulu y croire. Je pose mes vêtements sur la terre que j’ai piétiné sans la remercier. Je suis nu et je suis vide. Je suis plein d’espoir et je verse mes larmes dans le verre de l’indifférence de la mort. Le ciel se couvre comme gêné de ma nudité de vieillard. Je lève les bras vers le zénith alors que m’attend le nadir. Je ris. Ivresse de ma déchéance, je me saoule d’un vent frais qui hérisse ma chair qui n’a senti de douceur que des tissus et qui redoute la chaleur de la terre, synonyme de décomposition. Je froisse mon regard sur mon arbre à la peau ridée et ferme mes yeux pour y voir la lumière qui prend son élan et chasser les ombres qui veulent m’habiller avant ce grand départ. Je sers mes poings et je cris, un cri de vieillard dans la nuit qui suinte les étoiles comme une peau trouée par les balles d’un ennemi inconnu. Je prie la terre de me recevoir dans son humble demeure et j’ai peur que mon corps lui déplaise. Mon âme se retire, tel le fil d’un chat d’aiguille. Je ne tisserais plus les heures glorieuses de ma vie, seul une tapisserie découpée se collera sur quelques âmes encore vivantes, conduira ma survivance parmi les humains trop nombreux et trop seuls. Je plie les genoux, renverse la tête en arrière, les bras ballants, un éclair fulgurant me traverse le poitrail. Je suis vitrifié sur place, statufié par effet. Mon corps se casse, tel un verre jeter violemment sur un carrelage de cuisine. Je me réveille sur le sol glacé de ma salle de bains. Un pompier me sourit. Il vient de me sauver !

 

©Max-Louis MARCETTEAU 2007

 

Sculpture de Jaume Plensa 1955

21:36 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : vieillisse, pompier |  Imprimer

01/06/2007

Une horloge

horloges007

Une horloge tombe à l’eau. Elle bulle des « au secours ». Sur la berge un pêcheur qui ne voit que son flotteur traînant son ennui par le jeu du clapotis d’une pluie éphémère, indifférent à cette noyade, baisse son chapeau jusqu’à son nez. Les secondes de l’horloge égouttent les flaques de l’agonie en des ondes qui se cassent sur le fond de la rivière caillouteuse, aux délits cachés en son sein. Les poissons font les gros yeux sur ses aiguilles qui cadencent au tic-tac affolés comme si elle courait un sprint pour sauver ses minutes qui se comptent les unes les autres avant de passer de vie à trépas en soixante secondes et que le passé archive sur le rayon des suicides. L’horloge rage. Pourquoi les cambrioleurs l’avaient bâillonné ? Elle n’était pas une alarme, tout juste un carillonnement pour dénoncer les heures ? Pourquoi l’avaient-ils recouvert d’un tissu rouge lors de son enlèvement ? Elle n’avait pas l’intention de trahir ses ravisseurs. Pourquoi se retrouvait-elle en compagnie d’autres horloges dans un hangar aux lucarnes agressives ? Elle avait toujours vécu seule et ses congénères bruyantes dérangeaient son comptage journalier, elle ne savait plus, si elle était en retard ou en avance. Quelle angoisse ! Pourquoi, personne ne resserrait pas son ressort ? Elle avait envie de vivre encore ses secondes en éternité, ses minutes en espoirs, ses heures en cadeaux, ses jours en jouissances, ses semaines en bonheur, ses mois en étoiles, ses années en Noëls, bref de vivre un siècle bien remplit. Mais comment sortir de cet asile d’horloges en délire, chacune son tic, avec pour certaines une tendance à se prendre pour des baromètres, et tenir plus longtemps sans compromettre irréversiblement sa raison ? Elle désirait retrouver une main attentive, prête chaque fin de semaine à remonter son mécanisme d’orfèvrerie imaginé par un maître horloger de la Vallée des Siffleurs. Et ses engrenages qui peinaient, et . . . pourquoi n’avait-elle pas pensée plutôt à invoquer la déesse des Horloges : TikTak ?  Elle rassemblait son énergie à invoquer la formule mathématique qu’aucuns scientifiques n’auraient pu déchiffrer. Tout le monde était mis à l’épreuve : cliquet, rochet, spirals, pignons, ancre, fourchette, roue d’échappement, roue motrice, poids, lames de suspension. Ses aiguilles dansaient un quadrille à une vitesse que la lumière en aurait pu perdre la vue. La déesse se présentait en montre gousset, brillante. « - Tu n’as qu’un seul vœu, ma belle, tu as une couronne de temps pour le prononcer » L’horloge émue par ce phénoménal événement, balbutiait son vœu : « Au bord d’une rivière, une jolie maison, annoncer mes heures à des gentils habitants, . . . ». Quand, elle se retrouvait au bord d’une rivière, son cadran se mirait les chiffres ! Le temps d’une couronne n’avait pas pris la totalité de sa déclaration ! Malheur ! Cet équilibre précaire lui valait la noyade. Elle rage ! Tant et si bien que le dieu des horloges : Tactique, s’agace ! Il prend la mesure de ce tragique destin et lui glisse entre ses rouages délicats une incantation chiffrée qu’elle traduit par : « L’horloge seconde sans heurt la vie des humains, tu seras l’horloge des poissons aux heures sans faim »

Morale : soyez clair et concis dans vos choix.

 

©Max-Louis MARCETTEAU 2007

00:24 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : horloge, temps, eau |  Imprimer

27/05/2007

Souviens-toi

les-amants-malle 1958

Souviens-toi, quand pour la première fois j’ai apposé ces mots au creux de ton oreille : « - Tu es ma Reine, je suis ton Roi ». Qui de nous savait à ce moment là que tu allais devenir cet As pic et moi cet As de carreau ? Nous étions de cœur dans un champ de trèfles, loin d’un jeu des sept familles que nous avions mis dans un album photos souvenirs. Notre rencontre était improbable et pourtant souhaitée, là au fond de notre âme, en filigrane. Nous étions impérissables, inséparables, insouciants comme des adolescents, conscient de nos différences, le monde s’était toi et moi. Un cordon ombilical s’était formé (césure d’autant plus douloureuse lors de la séparation). Nous étions ivres sans perdre conscience. La marge de la vie nous accueillait comme elle accueille tous les amants, impartiale. Tout amour est unique et pourtant les ingrédients, la formule, sont identiques, seuls les protagonistes et la mise en place de la Rencontre, diffèrent. Qu’importe l’âge, la couleur, l’obédience, la beauté, le seul trésor est un NOUS que rien ne vient, de l’extérieur, bousculer, détruire. Nous avions construit cette bulle selon les normes en vigueur, naturellement. Cependant avec le temps, nous avions créé notre propre anéantissement. Paradoxe et pourtant inévitable réalité de l’amour fusionnel qui pose la question : sommes nous prêts à nous aimer sans concession ? Nous étions devenus des joueurs d’échecs. Nous étions prêts à tout et prêts à rien ! Un genre de néant nous a happé. Une agonie s’est ensuivie comme un malade qui de sa souffrance veut en finir et s’accroche, pourtant, à sa vie tel un alpiniste qui a décroché, suspendu dans le vide et que rien ne peut arrêter son éminente chute si ce n’est un secours improbable. Inévitablement notre propre perte s’est accomplie : nous avons chuté. Fractures multiples, traumatismes divers, ont ne pourra jamais payer la facture de notre séparation. Nous sommes devenus des SDF à la recherche d’un nouveau toit. Nous l’avons trouvé, mais à quoi ressemble-t-il ? A un refuge !

 

©Max-Louis MARCETTEAU 2007

 

Les Amants de Louis Malle (1958)
Avec Jeanne Moreau et Jean-Marc Bory
Collection Cahiers du cinéma

00:02 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : amants, jeu, amour |  Imprimer

22/05/2007

Se fondre

Huile de Frida KAHLO La colonne brisée

Se fondre dans la couverture glacée des heures cannibales qui s’étendent sur vous comme malaise à la vue d’humains déchiquetés d’amertumes. Dépouiller son trop plein d’émotions, les séquestrer dans la fortification de votre lit, la nuit d’une pleine Lune et pleurer des larmes d’outre-tombe sur l’oreiller de vos sueurs putrides. S’entailler les ongles par le travers, les tremper dans l’encre jaune à la blessure infectée des obsessions indomptables. Les inscrire sur les remparts immondes de la vue galvaudeuse des voyeurs inconditionnels de l’extravagant morbide. Les couronner d’épines, les crucifier mille fois pour les anéantir dans la mémoire collective. S’épancher sur elles, les regretter comme des sœurs indispensables à sa vie. Reconstruire d’autres semblables, les vénérer à l’extrême et produire l’illumination religieuse, Foi  impénétrable qui vous fait vivre. Dégoupiller ses peurs ! Les embarquer à fond de cale ! Les ratiser à tous les instants, les scorbutiser nuits et jours. Les damner dans l’eau salée de la compréhension. Dévaler les escaliers de l’insaisissable et se disloquer sur le palier de l’insatiable. S’égorger à ses mots, mourir  au souffle de sa peur, s’inhiber dans le néant ! Je me regarde dans la glace. Mon esprit est ce ventre entortillé de douleur. La glace se brise. Les éclats me perforent de part en part. Vivant, je rampe à la baignoire. Tourne le robinet d’eau froide. M’enfonce  dans ce liquide, qui monte lentement à sa vitesse, tel un sablier qui ne sait pas qu’il est le représentant du Temps. Je me noie à l’ébullition de mes mots savonnés de ma consistance humainement instable, décadente par définition, perméable à ses pensées, inconvenante à sa vie et indispensable à son esprit.

 

©Max-Louis MARCETTEAU 2007

 

 

( Huile de Frida Kahlo " La colonne brisée")

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20/05/2007

La femme

Femme fatale Joshua Kurpius

La femme Parfaite est constituée d'un subtil dosage dont les composants peuvent se définir par : un tiers d'amour, un tiers de tempérament, un tiers de patience, le tout assaisonné d'un soupçon de colère, et d'un zeste d'amertume. La femme Fatale est armée d’un tiers de beauté, d’un tiers d’arsenic, d’un tiers de pouvoir, le tout assaisonné d’un soupçon de sexualité et d’un zeste de mépris. Entre ces deux cas d’école – quoi que la femme fatale soit plus courante que la femme parfaite, impossible à dégoter si vous ne passez pas un contrat écrit et signé qui vous oblige à passer l’aspirateur, à secouer les draps du lit par la fenêtre, à s’occuper du biberon, à effectuer une liste exhaustive des courses, à changer la tapisserie du salon, à déplacer les meubles, bref à être un abonné permanent à sa sérénissime épouse –  il y a la femme de tous les jours, un peu comme le café du matin au boulot, souvent imbuvable mais indispensable pour tenir la journée. La constitution de la femme de tous les jours est l’amalgame de la femme parfaite et de la femme fatale avec une différence de proportion selon chaque femme. C’est pour cela que tous les hommes trouvent leur bonheur, dans l’absolu (sans quoi cette assertion serait audacieuse et invérifiable). La femme de tous les jours est une rêveuse. Elle se voit mince (rarement grosse), dans les bras d’un bel homme aisé, fréquentable sous tous rapports mais quand même un tantinet voyou. Cette femme rêveuse, il faut le dire, est le pilier de notre société. Si par mégarde ou plutôt par pression, elle disparaissait – le nouveau gouvernement impose que tout le monde travail et réussisse – nous aurions sur les bras la plus grande catastrophe nationale que l’humanité est connue. (Quoi que l’avortement soit un génocide, la masturbation masculine aussi, étonnamment, on s’aperçoit, qu’ils n’ont aucune incidence sur le taux de fécondité qui est le plus haut d’Europe, donc de ce côté nous pouvons continuer, chacun à sa manœuvre, la France a une nouvelle génération déjà établie). Cependant, sa disparition par une certaine modernité inattendue, est en marche. Nous constatons depuis quelques lustres que la femme rêveuse vit son quotidien avec une réelle envie de mettre tout à terre et de prendre son destin en main. Holà ! Il ne faudrait pas que grâce au progrès et autres libertés jetées en pâture, nous perdions l’élément indispensable de notre confort et que cette femme se transforme, non pas en mastodonte mais en femme Fatale ! Messieurs, prenons les devants. Ne sous estimons pas nos capacités à répliquer. La femme de tous les jours se doit d’exister pour notre bien. Que serions-nous ? Des faire valoir ? La cerise sur le gâteau ? La gâterie du samedi soir ? La bonne poire pour les jours de cafard ? Le pire, nous serions assujetti à un contrat (citer plus haut) plus drastique dans les conditions que celle de la femme Parfaite. Je dis : Non ! La femme de tous les jours est la garante de notre équilibre moral et physique. Ne perdons pas les acquis de nos pères. Serrons-nous les coudes devant cette adversité en bas résille. Constituons un parti, celui de la défense de la « Femmes de tous les jours » et en attendant prenons garde que l’un d’entre nous ne se prenne dans les filets de la femme Fatale et que ma femme ne lise pas ce texte, c’est une femme Parfaite !

 

©Max-Louis MARCETTEAU 2007

11:48 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (14) |  Imprimer

18/05/2007

Se décroître

Huile sur toile de Nicolas Rolland du site

Se décroître dans la nuit ! S’étaler sur l’onde d’un fleuve dépérissant ! S’extasier, l’œil glacé, sur le dessin flétri d’une eau devenue trouble aux expériences pourrissantes des humains coiffés du pouvoir de séduire à tout prix. Ne pas reconnaître le Temps de vie. S’enraciner dans l’erreur. Reconnaître sa faute et périr à l’intérieur d’elle comme un ver empoisonné dans son fruit qu’il avait crû bon, savoureux. Déraciner ses mots, les jeter sur les lignes brisées, tranchées par la hache de l’incompréhension. Déboutonner sa vie ! L’éventrer sur le parvis d’une existence qui s’éteint et crie sa rage de ne plus respirer sa vérité. Décapiter sa réalité, s’enfoncer dans un rêve qui côtoie le C maître de l’avant-poste de la Mort, qui s’octroie des entrées fuguasses dans l’esprit toujours vaillant d’être plus fort. S’étrangler à la vue de son être, pêché à l’instant  et qui ne comprend pas que sa fin est à cet instant, entrailles éjectées à l’air libre du poison de l’oxygène des humains carnivores de toutes les espèces terrestres, sub-terrestres et  extraterrestres. S’effilocher les doigts sur la longueur d’un corps, froid de passion, s’engourdir à  la caresse qui prend feu et calcine la seule preuve d’Amour qui pouvait exister à ce tactile, aujourd’hui souffreteux ! Déverrouiller son âme à la passion de mourir une seule et unique fois dans les bras de son existence imparfaite qui se croit imputrescible à l’éternité riante du trop d’importance qu’on lui octroie comme si elle était cette impératrice, cette dictatrice de l’immortalité humaine. S’enquiller dans le sable, ne plus bouger ! S’emmurer dans ce château sableux vitrifié au regard morbide d’une mer criante de noire, hurlant les beaux-forts même par un beau soleil. S’enlacer dans l’infernale poudrière des mots qui s’explosent aux creux des lettres, la tempête s’éclate dans l’esprit dérouté un matin de printemps au bord d’une plage, vide et immense. Chevaucher sa peur, la cabrer sur le lit d’une eau translucide, épousant sa valeur d’être supérieure à toutes les pensées négatives, la brûler dans le puits des déchets récalcitrants de sa vie, la guillotiner le ventre tendu de douleur et avancer sur ses lambeaux en criant sa victoire.

 

©Max-Louis MARCETTEAU 2007

 

( Huile sur toile de Nicolas ROLLAND du site http://www.galerie-de-peinture.fr )

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16/05/2007

Pourquoi

Mocassin noir

Pourquoi mes mocassins sont noirs ? L'autre jour, je me penchais sur mes chaussures de ville collées au mur de la cuisine. Il faut dire qu'elles n'étaient pas fières. Elles avaient peur de tomber. Imaginez un alpiniste tenu par un mousqueton en haut d'une falaise abrupte, un vide prêt à le recevoir dans son immensité mortelle, qui n'a aucun recours pour en planter un autre (il n'avait pas sécurisé son piolet par une corde de rappel et celui-ci avait profité d'une occasion pour reprendre sa liberté - un piolet est toujours esclave de la main qui l'utilise) - est bien son état d'esprit frôlait les parois du désespoir. Mes chaussures, il faut le préciser ne sont munies d'aucun parachute, ce qui donne toute la valeur de leur situation inconfortable. Je me posais la question de savoir pourquoi mes chaussures étaient maquillées de noir et pas de rouge ? Et oui, en général, les ongles de pieds des femmes qui veulent sortir ou séduire, se faire belles comme un roman à l'eau de rose, utilisent une mixture assez odorante. D'ailleurs, je me souviens plus du nom. Il faut dire que je vis avec une poupée gonflable. Normal, célibataire de père en fils, j'ai pris des habitudes et surtout ne pas supporter une femme dont je ne vois pas l'utilité au premier abord et au deuxième, je ne saurais pas quoi en faire. Cependant, j'ai besoin d'une compagnie assez présente pour ne pas être dérangeante. Je l'a sort que la nuit. Je ne veux pas voir les yeux ricaneurs de mes voisins et le dédain de mes voisines, là, en plein jour. C'est dire, aussi, que je n'ai pas conquis la chaussure à mon pied. Normal, une fois de plus, je ne suis pas unijambiste. Donc, d’évidence mes chaussures de ville, qui portent bien leur nom ne sont pas des chaussures de campagne, de sportif, de plagiste, sont de la couleur noire et pourquoi pas rouge ? Cela sous-entend que je veux séduire, me faire beau ? Que nenni, mais le noir me paraît assez obscur, alors que le rouge apporte un je ne sais quoi d'énergie, un genre de rayons de soleil qui à mal tourné, j'en conviens, certes, mais tout de même, quelle allure ! A force de me pencher sur la question, le mal au dos m'avait fait comprendre que je devais m'asseoir avant d'être bloqué dans une position qui n'était pas de nature à m'avantager. Je suis du genre Elfe, je fais fuir la moindre attention gracieuse à mon égard. Tout le monde ne naît pas Apollon. Assis, je décidais de remédier à l'habillement de mes chaussures. Cela ne devait pas durer un tel état de noirceur. Hélas, j'étais incapable de me lever. Aucun moyen de communication. Je pensais appeler. Qui aurait daigné me secourir ? Je passais la nuit sur mon tabouret en bois, dans ma cuisine rouge vif comme les yeux qui n'ont cessé de pleurer toute une enfance !

 

 

 

Mocassin rouge

 

©Max-Louis MARCETTEAU 2007

 

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11/05/2007

L'orage claque

Aquarelle de Nicolas ROLLAND mariage

L’orage claque, les éclairs fusent. Tu es nue sous la pluie lourde. Tu cours dans ce champ sans fin poursuivie par une horde de mercenaires avides de posséder ton orifice courtois. Tes pieds brûlent l’herbe. Tu respires la peur à pleins poumons. Tu suffoques, tu t’accroches à cette terre désunie par les conflits de seigneurs. La mort danse prêt de toi, te tient la main, monte sur ton dos, te met à genoux. Tu es arrivée au bord de l’impossible : ce village criant l’écho du silence mortel. Ton visage est de cire. Tes cheveux noirs brillants, tombent quand tes mains se plaquent comme deux volets secoués par cette tempête sur ton visage, puis sur ta tête. Tu hurles, le temps de briser tes cordes vocales, tes cordes violons. Tu avais une si belle voix. La horde n’attend pas. Tes pieds se décollent d’un sol poisseux. Tu veux sauver ta vie avant ton honneur. Tu disparais dans un puits qui transmet tes cris jusqu’à moi. J’ai le cœur qui s’ouvre à tes mots de souffrance. Mes oreilles saignent. Je prends la branche d’un éclair, perce le démon qui s’agite en moi. Je suis allongé sur le parvis d’une église morte. J’entends la chorale des fleurs desséchées déposées sur mon corps abîmé par les tortures de mes inquisiteurs. Je me lève. Je secoue les vers qui ont pris possession de cet chair qui t’a tant aimée. Mes yeux brillent sur ce village en ruine. Les âmes se sont collées aux murs, elles pleurent des prières qui coulent sans fin vers le ruisseau de l’espoir pillé par son ombre désespoir. Je marche sur les lambeaux d’enfants, de femmes et d’hommes de tous âges occis par les lames friandes de la mort, d’hommes à sa solde, jouisseurs de l’instant présent, ils s’amusaient de l’horreur et se souhaitaient le même sort pour expier, peut-être, le fond de leur âme. Je viens te chercher mon amour. Je veux te prendre dans mes bras. Serrer tes douleurs contre les miennes. Je suis ce jeune novice qui a osé proclamer le bonheur des amours interdits. Nos destins naturels ont promis de nous réunir sur l’alpage de l’amour éternel. Je me jette dans ce puits. Nous allons renaître dans un autre ailleurs et nos yeux se reconnaîtront.

 

©Max-Louis MARCETTEAU 2007

 

( Aquarelle de Nicolas ROLLAND http://www.galerie-de-peinture.fr/ )

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08/05/2007

Tu es froide

Photo de Christel Ehretsman du site Zyeuter com

Tu es froide comme l’azote et ton regard de lynx traverse mon regard de guépard et pourtant, je respire tes derniers mots chlorhydriques projetés comme un lance-flamme sur le parvis de notre amour, aux portes d’une gare. Elles n’ont pas pris feu, moi non plus et cependant, depuis, je consume. Le banal d’une rupture annoncée, amorcée par nos divergences accentuées par le refus de signer tacitement des compromis pour notre avenir. Avenir ! Il y a des mots qui méritent le purgatoire, ou l’obsolescence. Je n’ai pas d’avenir, seul le destin qui m’est alloué pour cette vie présente me trace le chemin en filigrane. Normal, celui-ci ne va pas effectuer tout le travail ! A chacun de pourvoir à étayer ce destin.  D’ailleurs, je me tiens aux mots d’Edmond JABES : « Tu es celui qui écrit et qui est écrit ». Heureux les hommes et les femmes (ne soyons pas misogyne, j’aime les femmes toute de même) d’écriture qui nous ouvrent des voies, parfois, il faut le reconnaître, obscures. Les paraboles nombreuses ne permettent pas de capter le sens véridique (à défaut de capter les chaînes d’un satellite géostationnaire) et souvent des voies rayonnantes de vérité (faut pas non plus que je plonge la tête la première (non tonsurée) dans la bondieuserie.)  L’un et l’autre nous pouvions être heureux. Nous l’avons été. Ce qui donne des souvenirs impérissables (le contraire de l’alimentaire vous en conviendrez) et sur ce point, effectivement, la douleur est pathologique. Car les souvenirs ne sont pas toujours de bons augures. Apparemment, d’ici quelques années un nouveau médicament sortira des laboratoires pour supprimer les mauvais souvenirs. Testé sur des souris, cela fonctionne à merveille. Il n’y a plus qu’à attendre les expériences sur l’homme. Ce qui m’inquiète est le devenir des poètes et blogs larmoyants sur des vies tristes, dépressives et autres (d’ailleurs moi-même, je ne suis pas le dernier). Nous serons tous heureux ! Quelle tristesse ! Nous serons tous Limbotisés, d’un titre de Bernard Wolfe : Limbo de 1978. Pour l’instant, je franchis la dernière haie (histoire de dire que je suis à bout de souffle, à ne pas confondre avec le film) sous un soleil de plomb. Tu fermes la portière de ton carrosse (une superbe voiture pour une superbe femme, faut l’avouer humblement), tu boucles un chapitre de ta vie. Je gomme le mien à défaut de le brûler. Un moment de compassion ? Non, la lâcheté de ne pas survivre à ton absence, qu’il soit toujours visible en filigrane (souvenir, souvenir). Nous jetons chacun de notre côté nos heures, nos mois, nos années d’amour (n’ayons pas peur de l’écrire) sur un dernier regard (surtout le tien). Le roc que j’étais est devenu sable entre tes mains. Tu as posé tes valises dans ma vie de moins que rien, tu as sorti tes outils de sculpteur, tu as taillé toutes mes perspectives d’avenir qui était le tien et puis je n’ai pas su t’aimer, si ce n’est ton corps (Ah ! La chair). Aujourd’hui, je n’ai qu’un seul vœu à exaucer : ne reviens plus . . .me hanter !

 

 

©Max-Louis MARCETTEAU 2007

(Photo de Christel Ehretsman du site http://www.zyeuter.com)

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04/05/2007

Le jour se lève

Playboy collection DALI

Le jour se lève. Il prend son temps comme le Temps prend le sien pour passer d’une seconde à une autre. Il n’attend rien de précis aujourd’hui, même si l’apparition d’une étincelle de joie, à la chevelure flamboyante, lui donnerait du boum au coeur. Il n’y a rien d’autre sous le feu, si ce n’est que bientôt le soleil viendra frapper à sa porte pour son maquillage journalier. Le jour se lève, quelque part sur la planète méthylène sur un territoire aride. Un homme prend le temps de se lever ; Il sort d’un rêve, mordu par un paresseux à sa douzième année. Il n’attend rien de précis aujourd’hui, même si l’apparition d’une plantureuse plante lui donnerait l’espoir de créer son oasis, trancherait sa solitude par l’ombilic, pour mieux la voire se courber, s’étendre à ses pieds, et l’enterrer dans une terre qui n’est pas la sienne. Il ouvre l’unique porte de son unique meuble. Il prend son élixir de patience. Verse une rasade dans un verre de Damas. Se gargarise deux fois selon sa coutume et avale. Il s’approche de la fenêtre : deux yeux qui ont perdu leur paupière un jour de cauchemar réel. Deux yeux ouverts, morts. Il passe sa main sur une vitre, mille fois caressée. L’horizon ne dévoile rien de nouveau : terre, sable, cailloux se mêlent, stériles. Immensité d’un sol maître des lieux, indomptable. Immensité de l’homme, égaré. Aujourd’hui comme les autres jours, il s’installe à sa table de travail, étau de son exil. Un silence se tient à ses côtés, prêt à intervenir à la première amplitude sauvage, inconsciente ou perverse, il se nomme : indifférence. L’homme se prend à rêvasser sur un mot. Il le plonge dans sa marmite neuronale. Il le dilue, le transforme, devient anagramme. Il dépose les premières lettres sur une énième feuille de brouillon. Essai. Rature. Développe un autre mot. S’impose le même procédé. Essai. Rature. Leitmotiv que rien n’arrête si ce n’est l’apparition d’une sonate numéro quatorze, sauvée in extrémiste d’un souffle de folie mortelle, universelle à l’échelle de l’homme, jouée par l’entremise d’un appareil au nom indéfini qui s’enclenche, imprévisible comme une crise d’épilepsie. Et puis, le mot se présente. L’homme allaite de nouveau le court de son histoire, et celle de l’humanité. Il trace sa mémoire sur des cahiers d’écoliers, empilés aux pieds de son lit, depuis que le monde a implosé, le laissant seul survivant, enfermé entre la démence et la raison.

 

 

©Max-Louis MARCETTEAU 2007

 

( Tableau de Dali )

23:29 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (6) |  Imprimer

01/05/2007

 1er Mai

Muguet

1er mai. Les carottes sont cuites. Le muguet est réservé à l’élite. Prix : 2 euros le brin. Cette année, comme les précédentes, je suis fauché. Donc, je vais me contenter de dessiner : deux feuilles, un brin avec ses clochettes. Chaque année je m’améliore en dessin. Un vrai bonheur ! Mais, un retour à la source s’impose : Charles IX  (Il est parmi les sept personnes qui décident, lors d’un conseil secret, le massacre de protestants le 24 août 1572, jour de la Saint Barthélemy) offre pour la première fois en l’an 1561 (intronisation le 5 mars 1561) du muguet comme porte bonheur. Sait-il qu’il faut treize clochettes sur un brin pour qu’il porte-bonheur ? Sans aucun doute ! Sa mère Catherine de Médicis superstitieuse maladive, entourée d’astrologues, l’a certainement éclairée sur le sujet. Connaît-il la toxicité de cette Liliacée ? Oui ! Le muguet : feuille, fleur, racine, sont des poisons violents. Il est radical comme, d’ailleurs, l’assassinat, monnaie courante, moyen expéditif pour se débarrasser des gêneurs de tous poils, à cet époque. Pourtant la pharmacopée du moment (et actuellement) l’utilise comme diurétique et tonicardiaque. Soupçonne-t-il que le muguet est hermaphrodite ? Certes non ! En revanche, il devait connaître son langage: « Rien ne vous pare mieux que votre beauté » et la dame qui recevait se présent n’avait plus qu’à rougir du compliment sous-entendu. Catherine de Médicis n’a pas vraiment eut le bonheur de voir grandir son fils, décédé un mois de mai à . . . vingt-quatre ans. Comme quoi le bonheur n’est pas une question de nombre, en déplaise à ceux de la cène, mais bien de la manière donc vous servez ceux qui vous entourent et comment vous êtes avec vous-même.

 

©Max-Louis MARCETTEAU 2007

01:38 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) |  Imprimer