07/12/2014

Oui, je crois que je vais partir ...

 

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Oui, je crois que je vais partir plus tôt ! Oui, je crois que je vais partir plus tôt ! Oui, je crois que je vais partir plus tôt ! Oui, je crois que je vais partir plus tôt ! Oui, je crois que je vais partir plus tôt ! Partir ! Oui ! Plus tôt !

 Oui, je crois que je vais partir plus tôt ! Partir ! Plus tôt !

Oui, je vais partir plutôt avant qu'il ne soit trop tard. Avant que ma bonne étoile ne soit fauchée et que le temps ne tienne plus en place et que moi, je reste, sur le bord d'une plage au regard écumeux, sablée au soleil d'été, salée de souvenirs imparfaits d'un passé composé de décomposés renouvelés.

Oui, au partir plus tôt que pas du tout. Un partir et se lever tard plus tôt, sans qu'il soit trop tard. Je ne rêve pas de partir. Je suis déjà parti sans partir. D'un pas à un autre, la racine du partir s'arrache comme une dent rétive à l'instant de la première lettre, l'action s'est réalisée.

Oui, je crois quand même que je vais partir plus tôt. Partir du départ de la fin déjà engagé dans la mémoire qui défile sur l'ondulation d'un quai du rêve, case de tous les possibles et des impossibles. Ou plutôt, resté ici. Ici ou ailleurs ? Ailleurs c'est aussi une autre construction d'un ici, nouveau. Alors, ailleurs ou ici, pareil au même.

Oui, plutôt partir que mourir rouillé aux bras croisés de l'indifférence, à l'injustice pignon sur rue, à la flamme du mensonge qui lèche toutes les devantures des visages, aux desseins d'une fin commune, au sexe épilé de la pensée unique, aux odeurs synthétiques de l'information et de l'alimentaire, à la plastique fumante de notre indécent déficit public, au paradoxe du vivre mieux à coûts exorbitants et ne plus avoir un rond en début de mois, à l'élite diplômé incompétente dont la morale est semblable au sixième continent, …

Oui, partir tôt après s'être douché à grande eau le cerveau et la peau des impuretés de ce monde, ange et démon, la valise vide et l'ondulation d'un ventre sur une autre dune, les bras en fleuve, les mains berges, l'eau du désir en ébullition, et reconquérir un nouvel Amour de la Vie du Partage comme deux nombrils qui s'embrassent, aux lèvres qui sculptent le premier baiser pour un nouvel envol.

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2014

19:51 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : partir, lever, ailleurs |  Imprimer