20/02/2012

Qu'est-ce qui ne tourne pas rond ?

 

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Paul : Pourquoi la Terre tourne ?

Polo : Elle tourne ?

Paul : Pourquoi ne tournerais-t-elle pas ?

Polo : Pourquoi veux-tu qu'elle tourne ?

Paul : Par principe que tout objet cosmique tourne, non ?

Polo : Pour toi le pourquoi, pour moi pas de questionnement, c'est une perte de temps, je te taquine car je sais bien qu'elle tourne, et cela me suffit, n'est-ce pas ?

Paul : Je comprends que le pourquoi ne se pose pas si d'évidence tu t'es forgé une réponse ?

Polo : Ce n'est pas une réponse, c'est un fait et cela t'étonnes ?

Paul : Et s'il elle ne tournait pas, si c'était un simple disque lancé sur une trajectoire infinie ?

Polo : Et alors ?

Paul : Cela pourrait changer ta certitude, non ?

Polo : Je n'y vois aucun intérêt, que celui du tien, si je m'abuse ?

Paul : Pourquoi voudrais-je te faire changer d'avis ?

Polo : Pour le plaisir de me voir rallié à ta cause ?

Paul : Ma cause, non, mais celle du plus grand nombre, cela te déplairait ?

Polo : A l'évidence, je ne suis pas le plus grand nombre, tu dois bien l'admettre ?

Paul : Je n'admets pas que tu soies isolé, c'est clair ?

Polo : Cela te chagrine ?

Paul : Cela me dérange que tu puisses penser autrement. Tu sais que tu m'agaces ?

Polo : Je sais que je suis moi, et le plus grand nombre n'a pas toujours raison,

tu en conviens ?

Paul : Non, j'en conviens pas. Si le plus grand nombre a tort alors celui-ci est un âne ?

Polo : Ce n'est pas impossible, il faudrait creuser la question. Qu'est-ce t'en penses ?

Paul : Tu veux me faire tourner bourrique ?

Polo : Qui sait ?

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2012

21:19 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : terre, rond, question, raison |  Imprimer

06/02/2012

Vous avez dit … thriller ?

Idée de texte du site Écrire2012 Catégorie : jeux de mots.

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Dessin de MARTIN Miguel Angel

Prologue

Le cameraman a tête de gangster incise un sandwich en guise de breakfast, à défaut du hamburger habituel, et mastique sur un air de samba que diffuse son Black-Berry.

Il attend assis dans un rocking-chair, cloué au sol, la reprise des événements.

 

Chapitre I

La veille, il avait traîné dans un club mi-littéraire, mi-music-hall. Entre show-business et smoking, il avait filmé le speaker star play-boy (qui a, soit dit en passant, un pacemaker) qui lambadait aux bras d'une strip-teaseuse (accessoirement cover-girl, et dealer de hamster) en body transparent. Au contact de ce corps de mâle, ses tétons saillaient et son envie d'être culbutée lui tillait le clitoris au frottement de la jambe du danseur possédé par les courbes de sa partenaire. Ce reportage n'allait pas être diffusé sur une chaîne grand public. Il était mandaté par le club lui-même qui collectionnait ainsi les célébrités sur pellicule. Quelques paparazzi étaient présents mais sous conditions.

Chapitre II

Le speaker star a une double vie de trafiquant de bonsaï et la strip-teaseuse de hamster. Un job qui ne permet pas de rouler en jaguar mais d'acheter un side-car et d'utiliser le tramway en période de pointe.

Chapitre III

Cette double vie n'allait pas de soi pour un certain squatter qui avait payé cash, en billets roulés sous l'offset, le caméraman pour filmer les ébats des infidèles sous les toits de la ville, à défaut d'un standing plus hot. On comprend l'homme trompé, aux yeux de cocker, qui voulait prendre sa cover-girl de femme, en flagrant délit. Celle-ci l'ayant pompé comme un derrick, il se retrouvait comme un cake transformé en pudding. Pas de racket possible avec le play-boy aussi insensible qu'un tweed en hiver. Donc, il fallait utiliser un chantage plus subtil.

Chapitre IV

Entre temps, le caméraman snobant le scoop et le hold-up, préférait zoomer en solo dans les bas-fonds (ne pas confondre avec water-closet) du ghetto ronflant de gangsters à tête d'iguane pour se faire de l'oseille sans déclaration d'impôts. Le squatter et lui avait de connaissance scanné leur ambition respective sans passer par le curriculum vitae. Le deal conclu entre une partie de bowling et schnaps, le caméraman n'avait plus qu'à s'exécuter.

Chapitre V

Il se planque dans un réduit à balai qui sent le camping-car renfermé et le forsythia. Il a par précaution emporté une golden pour se rafraichir le gosier et les poumons, au cas ou. Sa vue sur la chambrette est celle du lit, pas plus, pas moins.

Chapitre VI

Après trois heures d'attente, les infidèles se présentent enfin et ne tardent pas à gondoler sur le lit au design le plus romantico-hard qui soit. Premier round, c'est le style cow-boy sur sa monture. On ne peut pas dire que le play-boy soit un sprinter mais un marathonien. Ce qui laisse plaisir à considérer que certaines femmes on de la chance. Le deuxième round, l'emploi de gadgets à de quoi troubler le transit intestinal et laisse songeur le preneur d'images.

Chapitre VII

Après un intermède bien venu, troisième round : un rodéo prend place.

« - Culbute mon gars, je filme. »

Mais l'imprévu, qui n'est pas gentleman, à toujours une longueur d'avance. Deux coups de feux, genre gangster, et les corps s'immobilisent comme deux jeep en collision. Il n'a rien vu venir. Son attention sur les amants, l'objectif en érection, il n'avait pas prévu ce coup tordu.

Le caméraman signe avec la stupeur son heure de grande angoisse et les clowneries amoureuses lui rabaisse son pipe-line. L'envie d'uriner est intenable. Il se retient comme un barrage après des pluies diluviennes, il sent qu'il va céder d'ici peu.

Chapitre VIII

La pièce est de ce silence que la mort apprécie. Il quitte son repère. Tient sa vessie en respect. L'escalier craque. Il est à deux doigts d'en faire autant, mais pas de break possible. Caméra à la main, il filme comme par automatisme ou comme s'il a un pressentiment que quelque chose allée le balafrer. Une ombre le surprend. La lame mortelle l'atteint à l'abdomen. Il s'écroule, glisse comme un sac de farine. Le sang et l'urine se mélange. Une odeur étrange et pénétrante se ventile sur le palier sombre. Un courant d'air discret et quelques pas se font entendre. Le silence revient à sa place. La caméra a disparu et le mystère demeure.

Epilogue

Black-out !


© Max-Louis MARCETTEAU 2012

23:21 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : smoking, sexe, ambition, peur |  Imprimer

05/02/2012

A la recherche d'une idée.

 

Idée de texte du site Écrire2012 Catégorie : dialogues.

 

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Jean-Pierre Claris de Florian 1755-1794

 

 « - Je cherche une idée.

- Une idée comment ?

- N’importe !

- Il n’y a pas de hasard d’idées. Il y a l’Idée.

- La perle rare ne m'intéresse pas ; une idée toute simple, me suffit. La première venue fera l'affaire !

- Une idée est comme un feu follet. L'éphémère se laisse-t-il attraper par le premier venu ?

- Suis-je le premier venu ? Adam, oui, pas moi.

- Nous sommes tous des Adam... et des Ève.

- Ève ? Le miroir de Adam !

- Un hermaphrodite ?

- Possible qu'au départ, Adam était équipé des deux sexes et pour se séparer de son envahissante féminité à préférer s'en séparer !

- Original comme idée.

- Tu appelles cela une idée, moi une hypothèse.

- En vérité un postulat.

- Pourquoi devrais-je m'engager sur ce sujet ? Je formule un aspect jamais discuté et qui ne m'intéresse pas. Même si j'ajoute que Adam est un concept sans passer par la science qui à trop chercher le pourquoi, du comment, finira par ce pendre à sa première équation d'origine.

- Mais la recherche de son origine est le but premier de tout être, de la connaître.

- Cela lui fait une belle jambe, à l'humain, de savoir son origine.

- Connaître pour se rassurer. Et cette vérité sur Adam, lui permet d'avoir des fondations pour se construire.

- Il n'y a pas de vérité. La vérité est à celui qui est capable de l'imposer au plus grand nombre.

- La vérité est-elle une vilaine ?

- Non, elle est le faire valoir du pouvoir.

- Et le mensonge ?

- Une ironie de langage qui porte ses fruits au moins offrant.

- Donc où est la mesure du juste ?

- Il n'y en a pas. C'est comme avoué qu'une ligne droite est droite. Cela n'a pas de sens. Elle est courbe et constituée de points … circulaires.

- Il y a des points … carrés ?

- Raymond est un exemple !

- Facile et donc, la courbe est juste ?

- La courbe est vernaculaire. Elle est multiple et insaisissable. Elle n'a pas à être juste. Elle est courbe.

- Donc, toute vérité et mensonge sont des masques. Ce qui est, n'a pas besoin de se justifier ?

- Exact !

- Intéressant ! Mais nous nous égarons et discutons à bâtons rompus sur des sujets dont nous n'avons aucune connaissance, à la vérité.

- Oui, et cela me donne une idée par les mots d'un certain Florian :« Chacun son métier et les vaches seront bien gardées ».

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2012

20:57 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : idée, sexe, sujet, masque |  Imprimer

03/02/2012

L’imparfait est Roi!

 

Idée de texte du site Écrire 2012 : Thème :La baguette magique

 

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Un monde de bulles

 

 Il y a des matins, devant la glace, on ne se reconnaît pas. C'est un autre visage qui vous dit bonjour. Je tire la langue, examine mes yeux, tire sur mes jouent creuses, bref un bilan journalier proche du déficit de notre pays. En un mot (même plus) : je me sens enfariné. C'est moi, à la lumière d'une salle de bains confidente de mes défauts grandissants. Mon quotidien.

 

Mais ce matin, j'ai eu une attaque d'identité. Rien avoir avec la carte, celle inventée sous Vichy, non, je ne me reconnais pas, là, devant ce moi, ce miroir qui n'en fait qu'à sa tête, me nargue d'un faciès étrange, venu d'on sait où mais qui ressemble à une espèce d'alchimiste, de magicien. C'est une peur, un cauchemar éveillé qui n'emballe pas, si ce n'est le cœur !

La première émotion venue, je me dévisage. C'est étrange, de se mirer pour la première fois sous cet aspect, un tantinet rebutant au départ et puis on se prend découvrir le positif. Les traits ne sont pas aussi traînés sur les joues, le front paraît sage, la moustache en bouts spiralés n'est pas si déplaisante, le nez pas si grossier que cela et la bouche expressive comme un clown est presque rassurante.

 Et si j'avais des pouvoirs magiques, à exaucer mes vœux ? Amen ! Je cherche dans ma cervelle toute nouvelle, quelques données ésotériques, voire des formules à la Dac, et je ne suis pas étonné, après des minutes aussi longues que le fil à soie, de concentration, d'invoquer à haute voix des phrases qui n'ont pas de sens pour le commun des mortels mais qui à mon grand dam, ne produisent rien.  Je répète, une fois, deux, trois, … dix fois, … rien ! Je suis un tantinet déçu, voire énervé. Ce qui n'est pas dans ma nature. Est-ce bien raisonnable d'être dans cet état physique, si cela ne m'apporte rien ! M'aurait-on joué un tour de cochon ?

 J'ai une idée ! Et si j'appelais un de mes amis ? Un ami sûr, sans reproche, solide, sans faille, une nature humaine, quoi ! Je vais mis prendre pour qu'il ne me voit pas. Ce serait un comble, si en plus je devais perdre un ami, à cause de ma nouvelle apparence ! Ou carrément, qu'il fasse une crise d'hystérie. Aïe, aïe, aïe. J'y pense même pas !

 

«  - C'est toi, Polo ? (je suis derrière la porte d'entrée)

 -        bé, oui patate !

 -        Bon, je t'ouvre, et je vais direct dans la cuisine. Je ferme à clé.

 -        T'es pas bien, Isidore ?

 -        Si, si. Mais faut pas que tu me voies.

 -        Tu t'es pris un retour de flamme avec ton four à gaz ?

 -        Non, non ».

 Je ne cherche pas plus à discuter. Je trottine : direction la cuisine et … pas de clé. Je cale la porte avec une chaise … euh, pas de chaise. Vite, vite, une idée. Je déplace la lourde table de chêne. Cela fait un bruit de tous les diables. Enfin, la porte est bloquée.

 «  - Tu me fais peur, me dit Polo.

 -        t'inquiètes !

 -        Mais je suis inquiet. Tu veux que j'appelle le toubib, les pompiers ?

 -        Non, non ! Dis-moi, Polo, est-ce que tu aurais un vœu à formuler ?

 -        Un vœu ? Quel vœu ?

 -        Un truc qui te ferais plaisir et que tu ne peux pas te payer ou que tu n'auras jamais, mais dont tu rêves. 

 -        Ah ! Et bien …

 -        Alors ? C'est pour demain ?

 -        Je réfléchis !

 -        Euh … une pouliche.

 -        Une pouliche ? Comment ça une pouliche ? Une femme ?

 -        Est-ce que tu voies une de ces femelles avec une selle sur l'échine, ignare. Je veux une jument pour la faire courir et gagner du blé !

J'avais zappé que le Polo, c'est un turfiste. Et pas un amateur. Une pointure mais qui ratisse son salaire en une journée !

 -        Bon, je vais voir, si je peux t'exaucer.

 -        Exaucer ?

 -        Cherche pas !

 Je me concentre. Je vois un tas de formules dans ma cervelle qui tournent comme cents manèges. Et hop, j'en chope une. J'invoque.

 « - Qu'est-ce t'as à crier comme un veau ! »

 Je n'ai pas vraiment conscience que je crie et Polo, il s'inquiète, mais aussitôt, j'entends un hurlement qui n'est pas inscrit dans le dictionnaire des onomatopées. Puis, une chose qui tombe et des hennissements !

 Je déplace d'un tour de rein la table, j'ouvre la porte et là, je vois au milieu de mon salon, une pouliche, d'une belle robe isabelle, qui n'a pas l'air d'apprécier d'être entre un canapé et un guéridon, et le Polo sur le tapis les bras en croix.

 J'ai réussi ! Je suis ému, fou de joie, étonné et une certaine peur. Un mélange qui est d'autant plus explosif que mes pieds sont devenus des … sabots !

 

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2012

21:49 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : magicien, jument, miroir, polo |  Imprimer

02/02/2012

Au plaisir, où sont les mots ?

Idée de texte du site Écrire 2012 : Thème : Le plaisir d'écrire

 

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Rien n'est moins facile que d'écrire sous la contrainte et encore plus difficile quand elle est absente. Alors, y-a-t-il plaisir à écrire ? Bé, non ! Aucun. J'écris parce que je ne sais pas écrire. Ce postulat posé, la question impertinente pointe son nez : est-il raisonnable d'écrire ? Bé, oui ! Ce paradoxe est a son firmament et l'encre sèche pour la suite à donner à cet état de fait.

 

En vérité, le plaisir d'écrire n'existe pas. Et ceux qui vous disent le contraire n'ont rien compris à l'affaire. Écrire c'est respirer. Éprouve-t-on plaisir à respirer ? Non. Sauf effectivement si vous avez la figure sur la traversin après vous êtes débattu avec un cauchemar. Ou que votre cœur se soit mis à faire des siennes et que vous retrouver la vie, grâce à l'intervention d'urgentistes après avoir dit bonjour à la mort, histoire de savoir commet elle va. Là, vous éprouvez un plaisir incommensurable à respirer. Mais écrire? Chaque mot est une transpiration, chaque phrase se tord pour trouver la bonne posture, chaque ponctuation cherche sa place sans billet réservé, et chaque paragraphe est une vertèbre qu'il ne faut pas abîmée. Et combien de mes textes on la scoliose ? Pratiquement tous ! L'écriture n'est pas un plaisir, non ! Et je ne vous parle pas de l'inspiration. Fadaise de trublions de l'écriture qui s'accrochent à un mirage au fond de leur cervelle.

 

Alors, pourquoi écrire ? C'est un besoin irrépressible. Ce n'est pas une drogue, c'est une damnation ! Même si les mots ne sont pas dans l'odre, il fuat sotrir la chsoe puor la liebrer. Construire des phrases, même si cela n'est pas cohérent. Et inversement. Qui peut échapper à une telle damnation ? L'exorcisme est une solution. Mais à qui s'adresser ? Le curé du coin n'est pas indiqué, trop vinaigré des Saintes Écritures et la désenvoûteuse trop sulfureuse. Bref, je vis avec, à défaut de faire mieux et j'éponge mon mal sur des lignes, qui n'attendent que leur bon plaisir, car comme nous dit Alfred : «  Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse! »!

 

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2012

21:52 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : écrire, plaisir, affaire, écriture |  Imprimer