06/02/2012

Vous avez dit … thriller ?

Idée de texte du site Écrire2012 Catégorie : jeux de mots.

Dessin de Martin Miguel Angel.jpg

Dessin de MARTIN Miguel Angel

Prologue

Le cameraman a tête de gangster incise un sandwich en guise de breakfast, à défaut du hamburger habituel, et mastique sur un air de samba que diffuse son Black-Berry.

Il attend assis dans un rocking-chair, cloué au sol, la reprise des événements.

 

Chapitre I

La veille, il avait traîné dans un club mi-littéraire, mi-music-hall. Entre show-business et smoking, il avait filmé le speaker star play-boy (qui a, soit dit en passant, un pacemaker) qui lambadait aux bras d'une strip-teaseuse (accessoirement cover-girl, et dealer de hamster) en body transparent. Au contact de ce corps de mâle, ses tétons saillaient et son envie d'être culbutée lui tillait le clitoris au frottement de la jambe du danseur possédé par les courbes de sa partenaire. Ce reportage n'allait pas être diffusé sur une chaîne grand public. Il était mandaté par le club lui-même qui collectionnait ainsi les célébrités sur pellicule. Quelques paparazzi étaient présents mais sous conditions.

Chapitre II

Le speaker star a une double vie de trafiquant de bonsaï et la strip-teaseuse de hamster. Un job qui ne permet pas de rouler en jaguar mais d'acheter un side-car et d'utiliser le tramway en période de pointe.

Chapitre III

Cette double vie n'allait pas de soi pour un certain squatter qui avait payé cash, en billets roulés sous l'offset, le caméraman pour filmer les ébats des infidèles sous les toits de la ville, à défaut d'un standing plus hot. On comprend l'homme trompé, aux yeux de cocker, qui voulait prendre sa cover-girl de femme, en flagrant délit. Celle-ci l'ayant pompé comme un derrick, il se retrouvait comme un cake transformé en pudding. Pas de racket possible avec le play-boy aussi insensible qu'un tweed en hiver. Donc, il fallait utiliser un chantage plus subtil.

Chapitre IV

Entre temps, le caméraman snobant le scoop et le hold-up, préférait zoomer en solo dans les bas-fonds (ne pas confondre avec water-closet) du ghetto ronflant de gangsters à tête d'iguane pour se faire de l'oseille sans déclaration d'impôts. Le squatter et lui avait de connaissance scanné leur ambition respective sans passer par le curriculum vitae. Le deal conclu entre une partie de bowling et schnaps, le caméraman n'avait plus qu'à s'exécuter.

Chapitre V

Il se planque dans un réduit à balai qui sent le camping-car renfermé et le forsythia. Il a par précaution emporté une golden pour se rafraichir le gosier et les poumons, au cas ou. Sa vue sur la chambrette est celle du lit, pas plus, pas moins.

Chapitre VI

Après trois heures d'attente, les infidèles se présentent enfin et ne tardent pas à gondoler sur le lit au design le plus romantico-hard qui soit. Premier round, c'est le style cow-boy sur sa monture. On ne peut pas dire que le play-boy soit un sprinter mais un marathonien. Ce qui laisse plaisir à considérer que certaines femmes on de la chance. Le deuxième round, l'emploi de gadgets à de quoi troubler le transit intestinal et laisse songeur le preneur d'images.

Chapitre VII

Après un intermède bien venu, troisième round : un rodéo prend place.

« - Culbute mon gars, je filme. »

Mais l'imprévu, qui n'est pas gentleman, à toujours une longueur d'avance. Deux coups de feux, genre gangster, et les corps s'immobilisent comme deux jeep en collision. Il n'a rien vu venir. Son attention sur les amants, l'objectif en érection, il n'avait pas prévu ce coup tordu.

Le caméraman signe avec la stupeur son heure de grande angoisse et les clowneries amoureuses lui rabaisse son pipe-line. L'envie d'uriner est intenable. Il se retient comme un barrage après des pluies diluviennes, il sent qu'il va céder d'ici peu.

Chapitre VIII

La pièce est de ce silence que la mort apprécie. Il quitte son repère. Tient sa vessie en respect. L'escalier craque. Il est à deux doigts d'en faire autant, mais pas de break possible. Caméra à la main, il filme comme par automatisme ou comme s'il a un pressentiment que quelque chose allée le balafrer. Une ombre le surprend. La lame mortelle l'atteint à l'abdomen. Il s'écroule, glisse comme un sac de farine. Le sang et l'urine se mélange. Une odeur étrange et pénétrante se ventile sur le palier sombre. Un courant d'air discret et quelques pas se font entendre. Le silence revient à sa place. La caméra a disparu et le mystère demeure.

Epilogue

Black-out !


© Max-Louis MARCETTEAU 2012

23:21 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : smoking, sexe, ambition, peur |  Imprimer

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