17/01/2012

Sourire de la fortune !

 

Idée de texte du site Écrire 2012

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Aujourd'hui, je suis comme une baguette qui vient de sortir du four. Je suis craquante à souhait et tendre comme le jambon. Il manquerait de peu que je devienne sandwich. La moutarde risquerait de me monter au nez. Et, ce n'est pas le jour.

Aujourd'hui, j'ai des envies. Oui ! Des énormes, monstrueuses, gigantesques, astronomiques envies. Ce n'est pas tous les jours, je l'avoue. Mais faut-il attendre le plaisir de l'autre pour assouvir ses envies hors normes ? Non ! C'est évident. Surtout que l'autre, c'est l'homme de ma vie. Un galérien. Pas un chômeur, non. Il travaille. Ce n'est pas Byzance, c'est un journalier dans les fermes. Si, si ça existe toujours. On se pratique peu. Et quand l'on se voit, lui, il a les yeux troubles. La petite prune du père Latache, ça vous fait chavirer un bateau de croisière sur la côte. Lui, s'est un rescapé et moi, je suis sa chaloupe. Et je prends l'eau au niveau de la flottaison. C'est dire que je ne peux rien attendre de mon homme, même si je l'aime. Une femme, c'est comme ça et pas autrement et pas la peine de faire de la psychanalyse de bar pour vous faire un article sur la Psyché de la femme.

Aujourd'hui, je suis seule. Et ça tombe bien. Je vais pouvoir en profiter un max. Vous vous posez la question sur ces envies sans noms. Et bien rassurez-vous, je ne veux pas me goldiner un mec sur le balcon du dernier étage de mon immeuble actuellement à louer, porte ouverte et fenêtres teintées de rose. Et pas non plus me shoppingnier toute la grande rue de magasins où chaque empreinte de mes chausses plates vaut dix mille euros (et pas du mètre carré). Et pas plus que je ne vais prendre mes rêves pour des réalités. Car un rêve reste un rêve, et s'il doit s'accomplir il n'a pas lieu de rester planter sur sa terre nourricière et vous voilà perdue, à vous raccrocher à un autre rêve, et de rêve en rêve, cela devient un cauchemar.

Aujourd'hui, je vais craquer. Et dans le bon sens du terme. Et pourquoi ? Je vous le demande. Et bien, je vous explique. J'ai reçu hier, une lettre. Rien de bien méchant une lettre, en général. C'est une enveloppe ordinaire avec à l'intérieur un papier. Sur cette enveloppe, il était inscrit : destinataire inconnu, et des raturages à n'y rien comprendre. Une femme s'est curieuse par nature et je n'ai pas eu la présence d'esprit (une femme a-t-elle un esprit - voir les blondes) d'aller me rendre au premier bureau de poste venu. D'ailleurs, un bureau de poste ici, c'est trente bornes. Et je n'ai pas de voiture et mes guiboles ne sont pas Ben Johnson. J'ai ouvert la lettre. Je l'ai déchirée à vrai dire. «  - C'est pas bien, ça ! » me dit une petite voix à l'intérieur de mes quelque neurones de brune. Mais je résiste à cette enquiquineuse qui commence à me harceler dans ma tête. A l'intérieur, un papier plié en quatre. Ce n'est pas un papier traditionnel, genre blanc, quatre-vingt grammes. Non. C'est un papier épais, jaunâtre, pas bien propre. Et comme de pas coutume, moi qui suis désordre, je m'étais assise à la table de la cuisine comme à une table d'autopsie. Je ne voulais pas en perdre une miette. Une miette de quoi ? Je ne savais pas encore. Mais, il y a un sixième sens chez nous les femmes que les hommes ne pourront jamais comprendre. Je déplie. Je prends mon temps. Je n'ai rien à faire de ma journée qu'à m'occuper de ma basse cour, de mon potager et de moi-même. J'aime m'occuper de moi-même. Ce n'est pas parce que on loge en pleine nature (je fais du naturisme à mes heures, pour les coquins qui lisent ses lignes) qu'on doit se laisser aller et ne pas prendre soin de soi. Donc, je déplie, lentement. Pli par pli. Et là, je découvre des dizaines et dizaines de scintillements. Je n'en crois pas mes yeux. Je n'en crois pas ma chance. Car, si je ne sais pas vraiment ce que c'est, j'ai comme un boum au coeur, la sensation d'avoir tirer le gros lot. Des diamants.

Aujourd'hui, j'ai des envies. Oui ! Des énormes, monstrueuses, gigantesques, astronomiques envies. Aujourd'hui, je vais craquer.

 © Max-Louis MARCETTEAU 2012

21:49 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : diamant, femme, lot, envies |  Imprimer

16/01/2012

A la lettre qu’on écrira jamais

Idée de texte du site Écrire 2012

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Images Jean-Baptiste Maradeix




Chère Lettre,

Au-delà de la vie qui nous prend à bras le corps, les mots ne sont que les tapissiers de nos existences éphémères et futiles, mais je ne doute pas de leurs portées, soit en sûre. Je ne voudrais pas que tu prennes au pied de la lettre ces premiers mots. Je te sais susceptible et te recommande avant la lettre, de garder les virgules de tes expressions et le point à la ligne (et pas le point barre sur le flan (terme typographique) de ce courrier, dans l’enveloppe de service, un tantinet timbrée mais charmante.

A demeure, sur une île déserte (ou presque, nous sommes actuellement sept milliards d’handicapés à quelques membres et organes - explosés ou dépouillés- près), j’avais cette envie de t’écrire, histoire de faire un break (si ce n’est une pause) de la parole, qui à défaut de plaire à celui qui l’écoute, s’écouter soi-même devient monotone, voire pénible, j’envisageais de t’écrire. L’épistolaire est passé de mode et la mode est comme la sardine à l’huile, il suffit de changer de boite (pas de sardines) pour redonner du goût à la consommer.(l’huile étant un ingrédient qui ne change rien à l’affaire, faire-valoir de la sardine comme le pain sans la mie, quoi que le pain polka …), ce qui sous entend que le tapuscrit à pris la relève.

Ton caractère non imprimé, de prime à bord, me laisse présager que tu aimes les tartines de mots sucrés salés et les bafouilles lycéennes ne sont pas ta tasse de thé. Quoique ! Je ne voudrais pas que tu restes sur ta faim (et non une fin de non-recevoir) pour accoupler mes pensées sur tes lignes, histoire d'en sortir quelque chose de cohérent à défaut d'être insipide.

Si je tiens à t'écrire c'est pour te rendre hommage, mais les mots vont me manquer si ce n'est pour écrire des fadaises du genre : si on te froisses, tu ne seras pas défigurée, peut-être décoiffée; si on te violes c'est du regard, si on te mets en morceau ce n'est pas un crime, … Il est plus facile pour moi d'écrire : tu plies, mais ne romps pas . L'encre est ton amant. Tu deviens âme sous son joug. Tu portes le ciel bleu ou la tempête, pour faire court. Ta vie n'a de créance qu'au bon vouloir de celui ou celle (ne soyons pas misogyne, tu es féminine par essence) qui sait te lire … entre les lignes.

Même si tu dois faire la morte (à ne pas confondre avec l’expression : rester lettre morte), je reste ton impertinente plume, dévouée et sincère.

© Max-Louis MARCETTEAU 2012

20:32 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lettre, mots, âme, lignes |  Imprimer

13/01/2012

Vous avez dit maçon ?

Idée de texte du site Écrire2012 :


 

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Images Jean-Baptiste Maradeix

«  - Tu travailles encore ?

- Je travaille toujours !

- Et tu maçonnes ainsi ta vie ?

- Le travail est mon mortier.

- Et la truelle, ton guide ?

- Mon pinceau !

- Tu es un drôle de parpaing.

- Je suis fait de la pierre dont on construit les églises.

- T'aurais pas reçu un coup de maillet sur l'occiput étant jeune ?

- Maçon de père en fils, je suis le fil à plomb de mes ancêtres.

- En attendant, tu espères finir mon mur ?

- Je ne construis pas la Muraille de Chine, donc ça devrait le faire.

- En tout cas, tu y passes du temps.

- Qu'est-ce le temps ? Une idée, une perspective, un concept, une référence, une onde, …

- Oui, oui, n'empêche que tu loges chez moi et que cela devient pénible.

- J'aime le travail bien fait, régulier, à l'équerre. Je ne fais pas dans l'ésotérique.

- Alors tu peux m'expliquer ces curieux dessins, là, au bord gauche, en bas du mur ?

- Ce sont des symboles.

 - Des symboles ?

 - Oui.

- Ta signature ?

- Si l'on veut.

- Sont pas un peu de travers ?

- T'as pas le compas dans l'œil !

- Va falloir que tu retires ça !

- Alors, je rends mon tablier !

- Ne soit pas si tatillon. Bon, on se remet à niveau ? Un p'tit coup pinard ?

- Non, je regrette, je ne suis pas de cette obédience ! »

 

 

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2012

 

 


22:26 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : maçon, pierre, compas, idée |  Imprimer

12/01/2012

Qu'est-ce ?

Idée de texte du site Écrire2012 : « Que s'est-il passé ce jour-là ? »

 

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Image de Jean-Baptiste Maradeix

 

 

Je ne sais pas ! J'ai loupé quelque chose ? Une distraction, une erreur, un quiproquo, un égarement, … que sais-je ? Peut-on me soupçonner d'avoir été dans le questionnement, ce jour-là ? Il est possible, mais rien n'est moins sûr, quoi que ? Si c'est la cas, on peut revenir sur les brides de ces questionnements.

 

A quoi servent les questions ? D'aucuns disent : au mieux, à y répondre. Et au pire, à passer le temps ? Le questionnement un passe temps comme un autre ? Il faut poser la bonne question, certains diront « - Il n'y pas de mauvaises questions ».

 

La question est-elle une torture inhérente à l'être humain ? La question est-elle source d'immobilisme ? Et celui-ci est-il synonyme de mort ? Mais la mort, qu'est-ce ? A part « un manque de savoir vivre » ? Une part d'un cycle ? Une fin, un début ?

 

Notre monde ne s'est-il pas construit sur des questions ? A tout moment ? Par exemple, ces diplômes obtenus ou ratés ne sont-ils pas le fait de questions ? A tout instant, des milliards de questions sont posées dans ce monde et ne pourrait-on pas dire que la question est un mal endémique ? Y-a-t-il un vaccin pour guérir de la question ? Est-il pensable que l'univers lui-même se pose des questions sur sa propre structure, sa propre évidence de vie dans le sens large du terme ?

 

Qu'adviendrait-il si la question disparaissait ? Mais la question a-t-elle vraiment existée ? Peut-on mourir pour une question ? Ou meurt bien pour une idée, mais celle-ci ne surgit-t-elle pas d'une question ?

 

Ne dit-on pas : « - Fais cela sans poser de question » ? Sommes-nous pas dans le nœud du questionnement ? Entre la question qui dérange, où pourrait l'être et la question pertinente, cocasse, insidieuse nous amène à la question du silence ? Le point d'interrogation qui flotte sur une assemblée ou un interlocuteur ou même devant sa propre glace, n'est-elle pas une question à part entière, plus démoniaque ?

 

Qu'est-ce qu'une question sans réponse ? Une énigme ? Elle même un mystère ? Sera-elle rangée dans un placard de notre mémoire ? Ressurgira-t-elle à l'identique quelque temps plus tard ? La question évolue-t-elle ?

 

Et la réponse n'est-elle pas une marionnette ? Et une réponse est-elle vérité ? « Ceci est n'est pas une pipe ». Et si la vérité de l'instant ne l'est plus l'instant d'après, à quoi peut-elle servir ? Et si la question était un faire-valoir de la réponse dans son monde, pour créer un effet d'optique déformant à l'accepter comme juste ? A l'inverse, et si la question n'avait que pour but de générer un apprentissage ? De résoudre des difficultés ?

 

Question ouverte, fermée ? Qu'importe, la question est une hydre et la réponse du même tonneau. L'assertion est osée, voire audacieuse, mais toute question/réponse ne l'est-elle pas ?


© Max-Louis MARCETTEAU 2012

16:54 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : question, monde, humain, interrogation |  Imprimer