16/01/2012

A la lettre qu’on écrira jamais

Idée de texte du site Écrire 2012

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Images Jean-Baptiste Maradeix




Chère Lettre,

Au-delà de la vie qui nous prend à bras le corps, les mots ne sont que les tapissiers de nos existences éphémères et futiles, mais je ne doute pas de leurs portées, soit en sûre. Je ne voudrais pas que tu prennes au pied de la lettre ces premiers mots. Je te sais susceptible et te recommande avant la lettre, de garder les virgules de tes expressions et le point à la ligne (et pas le point barre sur le flan (terme typographique) de ce courrier, dans l’enveloppe de service, un tantinet timbrée mais charmante.

A demeure, sur une île déserte (ou presque, nous sommes actuellement sept milliards d’handicapés à quelques membres et organes - explosés ou dépouillés- près), j’avais cette envie de t’écrire, histoire de faire un break (si ce n’est une pause) de la parole, qui à défaut de plaire à celui qui l’écoute, s’écouter soi-même devient monotone, voire pénible, j’envisageais de t’écrire. L’épistolaire est passé de mode et la mode est comme la sardine à l’huile, il suffit de changer de boite (pas de sardines) pour redonner du goût à la consommer.(l’huile étant un ingrédient qui ne change rien à l’affaire, faire-valoir de la sardine comme le pain sans la mie, quoi que le pain polka …), ce qui sous entend que le tapuscrit à pris la relève.

Ton caractère non imprimé, de prime à bord, me laisse présager que tu aimes les tartines de mots sucrés salés et les bafouilles lycéennes ne sont pas ta tasse de thé. Quoique ! Je ne voudrais pas que tu restes sur ta faim (et non une fin de non-recevoir) pour accoupler mes pensées sur tes lignes, histoire d'en sortir quelque chose de cohérent à défaut d'être insipide.

Si je tiens à t'écrire c'est pour te rendre hommage, mais les mots vont me manquer si ce n'est pour écrire des fadaises du genre : si on te froisses, tu ne seras pas défigurée, peut-être décoiffée; si on te violes c'est du regard, si on te mets en morceau ce n'est pas un crime, … Il est plus facile pour moi d'écrire : tu plies, mais ne romps pas . L'encre est ton amant. Tu deviens âme sous son joug. Tu portes le ciel bleu ou la tempête, pour faire court. Ta vie n'a de créance qu'au bon vouloir de celui ou celle (ne soyons pas misogyne, tu es féminine par essence) qui sait te lire … entre les lignes.

Même si tu dois faire la morte (à ne pas confondre avec l’expression : rester lettre morte), je reste ton impertinente plume, dévouée et sincère.

© Max-Louis MARCETTEAU 2012

20:32 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lettre, mots, âme, lignes |  Imprimer

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