30/10/2011

Interconnexions …

duo_chaises.JPG

Photo MARCETTEAU Fabrice


« - Dormir.

- Dormir ?

- Rêver de toi.

 - De moi ?

- Oui.

- Suis-je à ce point transparente ?

 - Je te voudrai autrement.

 - Autrement ... différente ?

 - Singulière.

- Une femme n'est-elle pas par essence singulière ?

 - Elle est femme. La singularité n'est pas une appartenance à un genre, mais à l'individu.

 - Ma vie n'est pas ma vie. Vie d'une autre moi-même en permanence ou presque. Je traverse des parcelles de réalité au gré des rencontres et puis à ces instants éphémères, je me retranche dans ce corps inconnu qui est mien, en apparence. Je me vide, puis, je suis dans une bulle, rien ne me touche. Je suis spectatrice ou voyeuse selon le bon vouloir de la nuance. Je reste de marbre, si ce n'est de glace. Pas de réchauffement climatique pour moi. Je me laisse emporter par le mouvement. Passagère involontaire, je subis ce ELLE, de sa navigation à vue, de son accostage sur le premier port venu. ELLE s'enracine et puis, ELLE coupe les principaux accès. ELLE meurt et nous reprenons la mer. Insaisissable par la pensée et pourtant ferrée à la première occasion, l'on croit LA posséder, ELLE glisse comme une anguille. Perméable à tout et imperméable à ce monde du vivant, ma vie est un filigrane sur une page d'un destin qui s'efforce de me faire vivre une route qui n'est pas mienne.

 - Demain est un autre jour. Dans mon coin, j'ouvre les portes d'hier pour creuser les autres vies écrites sur du papier dont les ans ne prennent pas une ride. J'accuse SES années de m'avoir inhibé, ignoré, voire méprisé ! Dans ma coquille, je nacre des rancunes, mais qui suis-je pour porter atteinte à IL ? Alors, JE rêve, et IL passe ses heures entre le néant et le vide que certains ont essayé de combler. Peines perdues : IL formate à la première occasion venue. Je ne retiens rien. Mes cellules souvenirs sont vierges. J'apprends inlassablement à être. Celui qui viens d'ailleurs pour aller ici. Mais ailleurs et ici pour moi sont identiques. Tout passage à l'acte est un rêve. Je plonge dans le virtuel à chaque mouvement. Aucune blessure, aucun mot ne retiennent ce corps, cette âme, qui traversent les années comme une particule quantique. Échec à toute communication durable, seul l'instantané compte. Mémoire vive, toute procédure de marquage est sans effet. Je suis comme le sable, je prends la forme de l'instant et modifie mon apparence à l'empreinte suivante. Construction impossible.

 - Je végète comme un oignon en terre depuis trop longtemps et rien ne viendra me sortir de cette argile, mon tombeau. Demain ne sera pas pour moi. Souris-moi Mon Amour, je me suis trompée de route.

 - . . .

- Tu dors ? »

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2011

22:06 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chaises, rêve, mémoire, blessure |  Imprimer

24/10/2011

Agression.

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Je ne vais pas par quatre chemins, c'est celui-là même où j'ai été agressé. Ce premier chemin, là, à votre gauche. Oui, agressé. D'ailleurs, je me demande comment, je peux l'écrire.

 

Ce chemin alternatif à la route principale de mon village que je voulais éviter, pour me raccourcir et surtout ne pas écoper des quolibets sur ma poupée gonflable. Je revenais de la ville voisine en autostop et la conductrice, blonde blé, pas pimbêche, ne regrettait pas le transport de ma modeste personne déposée au carrefour des Sept Nains.

 

Donc, par ce bel été, la chaleur avait élu domicile. Elle ne lésinait pas à la dépense. Pas d'économie d'énergie pour elle. Dire qu'elle avait le feu aux fesses, y avait pas loin.

 

Je transpirais comme un baudet à la montée du premier col de l'Everest. Moitié nu, (à part mes chausses, ma chemise blanche et un short taillé à la serpe : je précise pour stopper toute imagination érotico-à-la-noix), je prenais ombrage des feuillus filandreux de la lisière du chemin pour éviter le rayonnage d'un soleil en pleine forme.

 

J'étais, au bas mot, à quatre cent quatre-vingt-huit mètre de ma porte d'entrée. Ma roucoulade avec la blonde blé, m'avait bien fait perdre quelques milles de calories et je sentais comme un coup de pompe et rêvais d'un jus de fruit dans la glace pilée (ne pas confondre avec épiler).

 

A mi-chemin de mon habitat humanoïde, j'ai ressenti comme un froissement d'ailes dans le feuillage, léger, puis franchement fort. Je n'étais pas d'humeur à avoir peur. Mon adrénaline était en léthargie. Aucune planification d'autodéfense. Bref, chemin faisant, j'étais à dix mille lieues avec mon jus de fruit qui s'était transformé en douche.

 

J'ai eu juste le temps de tourner la tête, qu'une espèce de volatile s'est projetée sur mon épaule dans un cri à rayer les carreaux de la Mère Denis et par la même occasion à mortifier son linge.

 

Une dinde furibarde ! Et oui. Elle était précoce de vélocité, prêt pour décoller de Kourou. Elle ne devait pas aimer sa société de mâles. Madame avait eu le béguin pour ma pomme et m'avait mis le grappin de dessus.

 

C'est vrai que je ne vous raconte pas tout. Depuis un certain temps, déjà, ce gallinacé prenait plaisir à becqueter ma porte. A coup de balai, je l'a renvoyais. Mais le genre féminin a de la suite dans les idées. Depuis cette ultime rencontre, je l'ai placé … au chaud, dans une … cocotte-minute.

 

 

 

© Max-Louis MARCETTEAU2011

 

 

23:51 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : blé, agression, short, nu |  Imprimer

23/10/2011

Deux soldats de plomb

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Porte du château de Sablé (Sarthe)

 

Deux soldats de plomb dans un bac à sable, seuls :

 

« ...

- Autre part ? Sur un autre champ de bataille ?

- Peut-être, mais je ne veux pas y perdre la tête, ma pauvre tête de plomb, si ce n'est y perdre la raison.

 - Tu as toujours été d'une raison à désarmer tous les aliénés de la terre. A cela, accouplé à un état de chiffe molle, tu es redoutable.

- Oui. Et pourtant, je voudrais cicatriser de mes doutes. Balancer mes tabous au bout d'une corde comme une grappe de raisin, les presser de mes pieds nus. Et de ce jus acariâtre, l'inoculer à chacun de mes neurones. Mais je reste bras et jambes ballants sur cette balançoire de vie fantomatique.

- Ce soir, tu nous fais Waterloo, ou tu as du plomb dans l'aile ?

- Non. Je voudrais lâcher mon imperméable caractère et tisser des relations solides avec autrui.

- Tu dois souffrir.

- Oui et non. C'est assez étrange comme sensation. L'impression d'être tondu comme un mouton par mère tondeuse qui chatouille ma peau et celle d'une chute de soixante mètres me recevant dans un bac d'eau glacé.

- Nous sommes tous des moutons, soutenus par des chiens de gardes qui mordent nos moindres écarts.

- Peureux, poltron. Regarde nous. Contemplons nos histoires. La raison des lois n'est plus populaire. Rien de bien valorisant pour la démocratie. Nous reprendrons peut être du service.

- Tu as du vécu. Plusieurs fois fondus et remoulés. Maintenant on peut dire que tu as une vie plombée.

- Très drôle ! J'aimerai voyager.

- Dis-moi, tu n'as pas l'impression que nous sommes en train de nous enfoncer ?

- Oui. Ce sable devient mouvant. Notre sort est scellé.

- Tu disais : voyager. N'est-ce pas l'occasion ? Nous allons aussi nous transformer, qui sait ?

- En plombier ?

- Hilarant. Et pourquoi pas en château de plomb ? Tu penses que l'on peut voyager dans ce tombeau de sable?

- Certains ne croient-ils pas à un paradis, à un enfer, ... »

 

© Max-Louis MARCETTEAU2011

23:17 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : château, sable, plomb, soldat |  Imprimer

22/10/2011

Rencontre improbable.

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Oeuvre de Amaury Dubois

 


 

L'autre jour, j'ai rencontré quelqu'un hors du commun. Il était en voiture. Apparemment, il ne prenait jamais quelque transport pour le vulgaire, ce qui lui semblait … commun. Il était arrêté à un stop.

 

Correct dans son maintient, discret comme un caméléon, (à ne confondre avec Léon le Camé de la porte d'Issy), aux premiers abords. Je dénotais avec ma mine défaite, quand je me suis arrêté au milieu du passage piéton.

 

Nous nous regardâmes un moment. Nous étions-nous déjà rencontrés ? Il brisa notre silence respectif assez incongrument :

 

«  - Vous allez demeurer longtemps à cet endroit ?

- Non, non. Mais vous ressemblez à un de mes rares amis qui était mercenaire. » répondis-je au hasard.

 

Sentait-il un piège ? Il haussa les épaules, et s'apprêtait à redémarrer.

 

« - Attendez ! Lui dis-je, un peu rudement.

- Vous m'importunez et je ne ressemble qu'à moi même et seul le miroir peut se targuer du reflet de mon honnête personne.

- Je n'en disconviens pas. Cet ami est mort.

- Condoléances.

- A s'allonger pour oui ou un non dans n'importe quel endroit, une voiture lui est passée dessus, un matin, de ce début de printemps, aux premiers rayons de soleil, jaune pâle après une jaunisse.

-Et ?

- Après plusieurs années à guerroyer à la solde de pays respectables, en apparence, il était revenu depuis quelques mois. Il avait changé. Personne n'était venu prendre de ses nouvelles, l'aider à se préparer à revenir parmi une certaine civilisation.

- Et vous, vous étiez où ?

- J'avais eu le malheur de tomber de ma chaise à bascule et m'étais fracturer quelques os avec un traumatisme crânien. Ma convalescence durait et il devait passer me voir. Et puis triste nouvelle, apprise par le journal, de son décès.

 

 

Ce quelqu'un n'était pas comme les autres. Non. Il était conscient de mon trouble par cette disparition qui m'affectait. Il me sourit. Me proposa de le rejoindre dans sa voiture. Il me prit par empathie.

 

J'ai retrouvé un ami. C'est beau la vie, n'est-ce pas ?

 

© Max-Louis MARCETTEAU2011

00:01 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ami, civilisatio, voiture, journal |  Imprimer

19/10/2011

L'amour ne baisse jamais les bras

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L'amour ne baisse jamais les bras, parfois la culotte mais pour la bonne cause. Je reconnais que si je ne recherche pas l'amour, j'entends, vois et ressens quelques femelles, égarées, me tendre des pièges. Ne pas faiblir ! L'amour à plus d'un tour dans son sac pour qu'on y plonge la tête la première et sans expérience, mourir étouffé.

 

Pour éviter les traquenards de la gent féminine, j'ai un appareil, fabrication maison qui me permets de les éviter. De mon expérience, modeste il va sans dire de l'opposé de mon sexe, j'ai constitué des paramètres qui ce sont affinés aux fils des décennies.

 

Je ne peux arborer ma découverte au grand jour. Je ne suis pas philanthrope, ni mercantile. Un tantinet sociopathe. Nul n'est parfait. Par ailleurs, un brevet, un certificat, ne servirait à rien. Et puis, à part moi, à qui cela peut bien servir ?

 

J'entends glapir les misogynes et autres mâles de tout poil que mon invention serait utile. Messieurs, il y a des découvertes qui finissent dans la tombe. Seule la leçon de vie permets de se créer une carapaces, un tissu de satin, selon la situation. A chacun son empathie ou antipathie.

 

Aimer ou ne pas aimer ? Être aimer ou pas ? Telle est la question, pour écorcher et paraphraser William. « J'aime mon chien » avais-je dis, sincère, jeune bambin. La claque maternelle a fait effet. Les femmes sont-elles possessives à en oublier l'essentiel ? L'Amour maternel qui accepte tout, même l'inacceptable, n'est pas toujours de mise. Il y a des limites. J'en étais pour mes frais. Les femmes, dans ma vie d'homme, se sont brûlées les ailes et moi avec, parfois.

 

Je n'ai pas le logo Peace and Love tatoué sur mon cœur. Je suis de brute de décoffrage. Ça passe ou sa casse. Rien pour réfréner mon caractère qui peut être une vaguelette sur une plage de sable chaud ou une déferlante qui engloutie tout sur son passage.

 

Né sous le signe du volcan, ascendant âne, je vais rejoindre ma poupée gonflable qui m'attends sagement en quête d'un câlin avant un sommeil réparateur. Au moins, elle, elle n'a aucune visée, aucun calcul. Je me glisse lentement dans les draps. Voilà qu'elle gémit, déjà.

 

 

© Max-Louis MARCETTEAU2011

21:22 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ailes, love, draps, poupée |  Imprimer

18/10/2011

Verre d'eau, un lendemain de cuite

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Avez-vous vu un verre d'eau un lendemain de cuite ? Non. Moi, si ! En vérité, je l'ai goûté, son eau : âpre à souhait, avec un arrière goût à vous relever les papilles jusqu'au palais et la luette qui sonne midi.

 

Je suis allé chiner dans le frigo du sucre en poudre pour remonter le pH de l'eau. Petite info sur le sujet : son cousin sucre de canne en morceaux lui avait cassé quelques infamies sur le dos et ne souhaitait pas d'un tel individu mollasson à ses côtés. Il y avait comme un froid entre-eux. A l'intérieur d'un placard ça fait désordre. La protestation devenait endémique. Entre les petits pois, toujours aussi arrogants et le thon à l'huile qui en jetait, j'avais décidé de flanquer le sucre en poudre au cachot. Vous l'avez compris : le frigo. Il est de mauvaise humeur le bougre (le sucre en poudre). Je l'ai secoué pour obtenir une ration convenable pour mon verre d'eau. Chose faite, je ne lui ai pas dis merci.

 

Un verre d'eau, c'est personnel. Je dis même : exclusif. Comme la brosse à dents, d'ailleurs, même si elle est d'ici (et pas d'Issy).Il y a une relation particulière, intime. Vos lèvres ne sont pas pour tous, même si le monde est orgiaque, garder un quant-à-soi est de bon aloi. Un gain non négligeable de sureté. Ce monde qui épie l'autre moitié, souvent sans qu'on s'en aperçoive. C'est pour cela que je mets sous clé, tous les soirs, mon verre d'eau. Et aujourd'hui comme les autres jours et ce, jusqu'à ce qu'il casse. Car je sais que sa disparition est inéluctable. Et j'avoue que je conserve précieusement dans une vitrine, sur des morceaux de coton, un fragment de mes verres d'eau trépassées.

 

Verre d'eau est devenue une solution sucrée. A la première gorgée, j'ai vrillé ma main gauche vers l'intérieur. Signe que je suis satisfait, en général. Cependant, je nuance mon expertise. Il y a un je-sais-quoi qui me fait frétiller … la paupière droite. Et ça, c'est pas bon signe. Un mauvais présage : une fracture sucrée. C'est rare. C'est un sucré rebelle au H²O lors de circonstances pour l'instant non élucidées.

 

Je régurgite tel le cracheur de feu vers la première plante venue. Mon instinct de primate sent venir à lui, par lianes interposées, l'ordurier qui sommeil. Mais mon formatage éducationnel vibre fortement d'une alerte rouge. J'éructe, alors : un zut, soprano.

 

De suite, je cherche un papier, blanc, quatre-vingt-huit grammes, le pose sur une table inox en forme de croix que je dispose dans la cuisine prêt du four traditionnel (j'aime bien le traditionnel). Je verse quelques gouttes de ce liquide rébarbatif à l'ingestion du primate phalloïde que je suis. Et miracle, et celui-là, pas spéculatif, pas papal, pas thaumaturgique. Non, j'ai devant moi la preuve, le vice de forme, que sucre en poudre, avait eu un parent betterave ! Mais je n'arrive pas à décrypter le reste de la formule écrite sous mes yeux !

 

Je suis allergique à la betterave. Je suis colère. J'en réfère à sucre en poudre. Il ne me répond pas. Je suis décontenancé, il y a de quoi. Je le prends d'une main et lui tapote, de l'autre, l'arrière-train. Il vient de succomber, gelé.

 

En grande pompe (à ne pas confondre avec un clown unijambiste), je le déshabille de son emballage et le place délicatement dans une casserole, sous un feu ardent. Voilà, devant son Paradis, devenu : caramel !

 

Et puis, de ce fait peu coutumier, j'en exécute un autre. Je brise mon verre d'eau sur le mur de ma cave, et laisse les débris, ainsi, à la moisissure du temps, sans plus d'état d'âme.

 

© Max-Louis MARCETTEAU2011

 

 

 

 

22:00 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : eau, ph, verre, cuite |  Imprimer

17/10/2011

Peau d'automne

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Oeuvre intitulée : Paysage  de Georges Rouault


 

Je ressens l'automne sur ma peau. Ma respiration commence à sentir le moisi. Bientôt, le premier ver va ouvrir le ban.

 

Pas de panique. Une douche au gel senteur abricot, shampoing pour cheveux délicats et maniaques, dentifrice menthe à l'eau. Non. Rien à faire. C'est étrange, maintenant je sens la terre humide, pire, l'humus.

 

J'ouvre ma porte-fenêtre. Me flanquer une bise d'un soleil plein sud, me dépolluera. Le balcon agencé entre potager et salon de thé a une vue sur le Parc à dextre, Cimetière à senestre. Je me suis levé avec un torticolis, mon premier regard se porte à dextre. Un signe ? L'aiguille du frisson me parcours de bas en haut. Non, pas d'érection.

 

Au Cimetière rien de nouveau. Les morts sont toujours morts parmi les vivants eux-mêmes à tout moment prédisposés au linceul de service. Une bière ! Amen ! Le Parc change de maquillage. Plein fard sur des couleurs pétantes. Joli automne, tu macabres ton oraison en bonnes compagnies d'insectes. Nos morts ne seront pas mieux honorés, d'ici peu, normal, ils nourrissent les vivants de souvenirs à des degrés différents, parfois jusqu'à la brûlure. Chaud devant, la déprime.

 

Arbre et stèle : les deux pointes vers le ciel. Si l'un ne l'atteint jamais (et pourtant tous en porte un, de nom latin), l'autre espère retenir l'attention, à défaut d'un dieu, un généalogiste en herbe, si ce n'est un égaré des allées qui la culbutera par manque d'attention ...

 

Je referme ma porte-fenêtre. Un petit vent glacial me titille le bas du cou. Un ectoplasme ?

 

Je vais prendre un bain. Cette odeur est insupportable. Ma nudité me dérange moins sous la douche que dans une baignoire. Entre verticalité et horizontalité : deux mondes. Demandez à un aviateur si vous n'avez pas une femme à portée de main.

 

Je vais me sécher à l'ultra-violet. Et si j'avais un cancer du cerveau ?

 

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2011

22:38 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : automne, peau, cimetière, arbre |  Imprimer

16/10/2011

J'attends

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Oeuvre de Stello Bonhomme

 

Je passe mon temps à attendre. L’attente immobile, l’attente qui n’est pas mon oncle diront certains. L'attente qui n'est pas du camping est un sarcophage. Et ce dernier ne fait pas parti de la famille des macrophages. Non. Ni d'un pseudo président qui se transformerait aux jours de pleine Lune en un loup garou pour termites égarées, ni chômeurs, d'ailleurs. Quoi que ...

 

Ce n’est rien d’attendre. Ce qui est difficile c’est d’être opérationnel au moment où l'action pointera le bout de son nez. Et pas frileux, ce nez. En plein dans le pif, l'action en question. Et là, il faudra assurer. Et pas question d'être le dernier des derniers pour faire bonne figure. Pas de pifomètre. Non. De la tenue, de l'audace sans piment. Du tact, de la diplomatie, et le cœur avec soupape de sécurité s'il vous plait. C'est pas le moment de taper un infarctus entre deux mots échappés d'une voix d'outre-tombe.

 

En vérité, et je reviens sur ce que je viens d'énoncer, attendre est un calvaire. Un seul ? Non. Une succession de calvaire. Une plaie, pour chaque jour. Et pas d'urgentiste pour colmater ce sang d'espoir hémorragique qui n'a pas de plaquettes pour réparer. Le miracle est que l'espoir est toujours vivant. Les années passent et je suis devenu un écorché vif. En coupe, en travers, de face, de dos, bref la total. Pas beau à voir. L'humain est solide tout de même. Il supporte l'insupportable. Cet instinct de survie, une extraordinaire invention du vivant. Mais que souffrances.

 

J'attends. Comme si j'étais seul à attendre. Et elle, elle attend ? Pas sûre. Sans attente pas de manque. Pas de manque pas d'angoisse. Pas d'angoisse, pas de médicament. Pas de médicament, pas de problème. Pas de problème, pas de vie ?

 

Je suis mort ?

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2011

21:59 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : attente, calvaire, miracle, vivant |  Imprimer

15/10/2011

Une drôle de vie sans toi

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DANI Photographe

 

Une drôle de vie sans toi. Entre un café : deux bières. Une drôle de guerre entre moi et moi. Pas beau à voir. Une peinture à la Van Gogh avec un mélange Matisse.

 

Hier, j’ai cassé le miroir du couloir, juste avant de sortir. Celui de la salle de bains, pour demain. Chaque chose en son temps et le temps est depuis trop longtemps maussade, et ne fait qu’une victime : moi. Et à par moi ? Toi.

 

Toi, tu es ailleurs. Dans un univers parallèle. Le cinquante huitième, exactement. Précision de navigateur. Internet fait des miracles. Bernadette en son temps n’a pas fait mieux pour attirer des pèlerins. Nous sommes tous des ouailles. Faut-il trouver le leader qui nous tiendra les neurones sur le haut du pavé. En dessous, pour la plupart, les égouts sont leur quotidien. De la croyance religieuse, l’informatique à pris le pas. D'ailleurs, la Toile nous a tissé patiemment un tapis rouge. Du grand Art. Nous avons manqué la dernière la marche. L'un n'a pas su ou tenu l'autre et inversement. A deux, les torts sont partagés.

 

Cet Amour a été effervescent et pourtant insoluble avec le temps. Paradoxe. Je ne t'ai pas gommé. Toi, non plus, d'ailleurs. Je suis devenu pour toi un souvenir comme un cadre posé sur un mur de corridor de ta mémoire, ici peu fréquenté. Quand sais-je en vérité ? Rien. Spéculation à deux sous. Manque d'information sur le sujet.

 

J'aurai dû me tatouer ton prénom sur mon ombilic, enfin ce qu'il en reste. Au fait comment t'appelles-tu ? J'ai épousé une ombre ou un kaléidoscope ? En vérité qu'importe. Je t'Aime.

 

Ce « je t'Aime » a-t-il deux visages ?

 

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2011

22:33 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : toi, moi, mémoire |  Imprimer

14/10/2011

Je deuille mon tissu de vie

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Oeuvre de Jean Jacques André

 

 


 

Aujourd’hui est comme les autres jours avec ta voix en moins, ton souvenir en plus. Ah, les souvenirs. Ils deviennent des parchemins. Un courant d’air et que deviendraient-il ? Poussière ? Il y a des poussières qui valent de l’or. Et dès lors, je deviendrais riche. Mais la richesse n’est-elle pas l’Amour ?

 

Le cœur entre la Mer de la Tranquillité et de celle des Crises, je prends le temps de me plonger dans leurs méandres. Quoi qu’il advienne, je reste ce pingouin sur un fragment de banquise qui attend sa femelle. Je dérive. Tranquillement. Les saisons passent est aucune nourriture de toi. Je deviens un corps gelé. Par quel bout faudra-t-il me réchauffer pour me remettre à vivre ?

 

Un feuillage d’octobre pour seule vue. C’est bien triste. La tristesse, elle, se réjouie. Encore une victime à son actif. Elle nage en plein bonheur. C’est beau à voir. C’est même étrange de voir une tristesse guillerette, attentive à ses martyrs, plaisante même avec certains, apportant réconfort à d’autres : « Il y a plus malheureux que vous ». C’est touchant. Une tristesse épanouie et ce début de saison, elle mûrie à vue d’œil. Sa bonne humeur de tristesse me donne des larmes. Devrais-je épouser la tristesse pour rallumer ma joie de vivre ?

 

 

Et ce clair de Lune qui m’obsède. Qu’ai-je à voir ? Ce n’est pas clair. Au loin, un signe de la main de la vie. Intéressant. Mais quand l’esprit est ailleurs, qu’a-t-elle cette chair, belle comme un été, à me vouloir pour amant, si ce n’est pour être un nouveau membre de son intimité ? Un « je t’aime mon amour » sonnerait faux. Et puis, à quoi bon, le dire une deuxième fois ? A quelle femme à part toi, je pourrai le souffler au creux de l’oreille ? Aucune.

 

Le vent apporte des nouvelles sur cette dune où je suis planté comme une stèle. Un orage va frapper à ma porte. Je ressens les vagues me parcourir les entrailles. Une onde qui monte en moi. Des spasmes me secouent. Ma vie n’a aucune importance. Me tenir à quoi ? A toi ?

 

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2011

 

 

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12/10/2011

Le vol des oiseaux

 

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Petit Trianon : Versailles

 

 

Le vol des oiseaux est le même. Non, il est différent. Le partage n’est plus. Il est aux abonnés absents. J’essors mes souvenirs dans le seau de mes draps. La taie d’oreiller dessinée de coquelicots me tient de confident. Mes paroles de nuits s’impriment et disparaissent aux premières lueurs du jour. J’agonise comme une plante en manque d’eau, en manque de ton Amour, celui qui révèle que l’on est vivant. Mon film de vie est un noir et blanc raturé par les heures de ce manque qui creuse la tombe par les larmes devenues acides avec le temps.

 

Le soleil se lève. Et le monde vient de changer, si ce n’est le regard qu’on lui porte à présent. La douche du matin ne tranquillise pas la douleur de mes yeux. Même la peau a modifié sa texture, se rétrécie à un éventuel contact. Qui oserait venir me câliner, d’ailleurs ?

 

 

Tenir ta main. Caresser ce sein et l’autre pour ne pas faire de jaloux. Poser ma tête sur ton ventre. Ici, l’ordre importe peu. Ce sont ces moments qui se goûtent. Oui, c’est divin. Ce présent écrit est du passé noyé dans d’autres images de toi.

 

Ce Toi, un toit pour moi. Ce Moi, ce toit pour toi. Le toit de l’autre pour soi et à soi l’un l’autre, nous ne faisions qu’un. Un lit, une pensée, une action, … une vision ? Tout me rappelle à toi, ces temps ci. Étrange.

 

A jouer avec le feu, le feu a gagné. Chacun a le cœur brûlé au troisième degré. Mais n’est-ce pas le cœur de notre amour qui est brûlé ? J’ai ce charbon de cœur pour me réchauffer et j’ai froid.

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2011

18:04 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer

09/10/2011

Aujourd'hui, je meuble.

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Oeuvre de NOEL Alexis (19ème siècle)

 

 

Les meubles sont des cercueils. Debout contre le mur, condamnés a être exécutés après jugement sans appel : démodé.

 

A double tour, portes et tiroirs, fermés, clés jetées dans le caniveau de l'indifférence, ils tiennent la position. Le bois de merisier résistera jusqu'au bout. Celui d'acajou aussi. Seuls les pins et sapins seront les premiers à tomber. Les mites en armées, par orifice, s'engouffrent à l'intérieur, à ronger les membres, puis le corps, un rayon de lumière et tas de cendre froide. La cendre, ce sang qui ne tache pas. Pas de sépulture, de prière, de fleuve pour se réincarner, de Paradis, pour les meubles. Une deuxième mort pour l'arbre. Difficile à vivre.

 

Les rescapés ne sont pas sans frissons : grincement, bruissement, crissement, gémissement, un orchestre, le ré-majeur est en option, la baguette timide donne le ton, la blanche note pleure et la noire se dièse en contre-point fleuri. Le chat sauvage propriétaire de ce territoire n'ose s'aventurer dans ce lieu étrange et la chouette de service hulule, unique choriste, fait des cauchemars diurne.

 

Parfois, le meuble est accompagné.

 

Mourir d'inanition la vaisselle emmurée ne crie plus sa faim, se nourrit de souvenirs et cauchemarde qu'elle est Limoges et se réveille, oh pâle, à la sueur d'une poussière épaisse, gluante, son sarcophage. Elle embrasse, parfois, le sol brutalement, les couverts comme assaillants, quand meuble perd de sa consistance.

 

Rien ne crâne, ici. C'est un hospice.

 

 

©Max-Louis MARCETTEAU 2011

23:08 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : meuble, portes, bois, acajou |  Imprimer