14/10/2011

Je deuille mon tissu de vie

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Oeuvre de Jean Jacques André

 

 


 

Aujourd’hui est comme les autres jours avec ta voix en moins, ton souvenir en plus. Ah, les souvenirs. Ils deviennent des parchemins. Un courant d’air et que deviendraient-il ? Poussière ? Il y a des poussières qui valent de l’or. Et dès lors, je deviendrais riche. Mais la richesse n’est-elle pas l’Amour ?

 

Le cœur entre la Mer de la Tranquillité et de celle des Crises, je prends le temps de me plonger dans leurs méandres. Quoi qu’il advienne, je reste ce pingouin sur un fragment de banquise qui attend sa femelle. Je dérive. Tranquillement. Les saisons passent est aucune nourriture de toi. Je deviens un corps gelé. Par quel bout faudra-t-il me réchauffer pour me remettre à vivre ?

 

Un feuillage d’octobre pour seule vue. C’est bien triste. La tristesse, elle, se réjouie. Encore une victime à son actif. Elle nage en plein bonheur. C’est beau à voir. C’est même étrange de voir une tristesse guillerette, attentive à ses martyrs, plaisante même avec certains, apportant réconfort à d’autres : « Il y a plus malheureux que vous ». C’est touchant. Une tristesse épanouie et ce début de saison, elle mûrie à vue d’œil. Sa bonne humeur de tristesse me donne des larmes. Devrais-je épouser la tristesse pour rallumer ma joie de vivre ?

 

 

Et ce clair de Lune qui m’obsède. Qu’ai-je à voir ? Ce n’est pas clair. Au loin, un signe de la main de la vie. Intéressant. Mais quand l’esprit est ailleurs, qu’a-t-elle cette chair, belle comme un été, à me vouloir pour amant, si ce n’est pour être un nouveau membre de son intimité ? Un « je t’aime mon amour » sonnerait faux. Et puis, à quoi bon, le dire une deuxième fois ? A quelle femme à part toi, je pourrai le souffler au creux de l’oreille ? Aucune.

 

Le vent apporte des nouvelles sur cette dune où je suis planté comme une stèle. Un orage va frapper à ma porte. Je ressens les vagues me parcourir les entrailles. Une onde qui monte en moi. Des spasmes me secouent. Ma vie n’a aucune importance. Me tenir à quoi ? A toi ?

 

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2011

 

 

22:21 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer

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