18/01/2010

Déviation

 

toile_ de_vivi_navarro

toile_ de_vivi_navarro

pas de bougies à l'oraison. Les mains jointes, le crucifix en bandoulière, les moines se recueillent, tête baissée, esprit en lévitation. Le quantique écrit sur la parois intestinal de l'outrecuidante ligne de flottaison de la nef brisée des saints déphasés, déverse sa lumière sur leurs yeux révulsés qui cherchent les signent sémaphores le long de la voie ferrée du Saint Sépulcre ...

«  - Tu es qui, toi, pour me parler ainsi ?

- Le bris de fer qui vient de te trancher l'aorte.

- Aorte ? Qu'est-ce ?

- Une autoroute de sang.

 - Sang ? Je suis de sang ? 

- Tu étais. Ton sang a giclé de ton enveloppe. Tu es cadavre. Chair sans retenue étalée sur la voie. 

- Voie ? Qu'est-ce ?

- Voie vers un au-delà, parfois.

- Au-delà de quoi ?

- Toi seul en détient son espace.

- Espace ? N'est-ce pas un nom de voiture ?

- Tu en étais le conducteur. Ton inconscience à un dépassement ta fait perdre la vie. 

- La vie ? Qu'est-ce ? 

- Un sablier que tu portais en toi pour accomplir ta destinée.

- Destinée ? J'en ai jamais eu. J'étais sur le fil entre le rien et néant. Posé comme appât pour assouvir l'indifférence.

- L'indifférence est ton ressenti. Tu étais aimé et tu regardais la fosse de ton égoïsme. Ton ombilic était le centre du monde.

- Le monde ? Ah ! Le monde. Un vase boueux de vies qui s'étripent …

- Tu étais de ceux-là.

- Non ! J'étais … j'étais … je me souviens plus …

- Ne cherche pas tes larmes. Tu étais de cette vie qui n'a pas entendu l'Appel. Tu as soufflé beaucoup de bougies bien avant l'heure. Car la Mort nous tient dans ses mains et se sert de nous pour son ouvrage.

- Aurais-je pu penser un seul instant …

- Trop tard.

 - J'aurais pu échappé à mon sort ?

- Peut-être, si tu avais su reconnaître le Signe de l'Appel. In nomine Patris et fillii et Spiritus Sancti. »

les visages imprimés des heures de prières débitées au glaive de contrition, les rides ventrues signent la mise en croix devant un Paradis qui s'essouffle à compter ses âmes égarées dans les messes basses, à un rappel au ban de l'écho devenu sourd ...

© Max-Louis MARCETTEAU 2010

 

 

21:37 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tete, espace, moines, nerf |  Imprimer

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