03/01/2010

Quoi que

Dessin_de_Zori_La_dernière_tentation

Dessin_de_Zori_La_dernière_tentation


 

A trop penser on risque l'immobilisme ( à ne pas confondre avec l'agent immobilier et hypothalamus de l'automobiliste - d'ailleurs à ce sujet, le sujet lui-même, ils ne sont qu'une seule et unique personne. A cet effet je ne voudrais pas égarer le sujet par la pensée, à la lecture, pensez-vous. Quoi que ...)

Quoi que, penser à panser le pansement de la main gauche de l'automobiliste, posant cette chère main bandée sur ce phallus de levier de vitesse, numéroté comme un clavier, d'ascenseur, descendre un à un les engrenages cirés d'une graisse hypothalamus, avance la pensée de la route qui se croise les gambettes, enfilées entre trottoirs pensionnés par les impôts et les fossés cousus entre une terre pensionnaire de propriétaires publics et privés, délavés à l'agent chlorhydrique de l'urbanisme, aussi pervers que honnête, le pied d'embrayage s'ouvre sur le pied soulier immobilisé par la grandeur de l'action de cette pesanteur pensée, la réalité immuable selon les temps et les univers aussi déviants les uns que les autres, immoraux car immortels, les dents des roues creusent les parois bitumiques d'une autre pensée, esclaves de la ligne blanche comme le linceul d'une none décédée à la prière vierge d'orgasme, si ce n'est d'érotisme à la vue d'un Chrit si peu vêtu qu'il en paraît nu, clouté par esprit, et non par pensée, de bondage, au grand jour dévoilé sans pudeur, l'immobilisme surgit tel un diable de sa boîte, la soutane de l'automobilisme brûle de désir à ses pensées aussi éphémères que la vague d'un cervelet déformé par l'âme décapée par l'éther qui débande tout pansement à l'oeil, sauf au beurre noir, cuisiné selon le poing du passager de l'automobiliste, lui-même pansé comme un boxeur avant d'enfiler ses gants de dérouilleur de première, le soleil immonde lumière aveugle le pare-brise et intimide les essuie-glaces au service et en garde-à-vous, par respect et tradition, à la venue de la goutte d'eau qui ne déborde du vase qu'à la demande, le volant de direction n'a pas plus de nord que de sud, que de points A à B rejoindre, si ce n'est le carrefour qui peut lui poser problème, à défaut d'avoir à supporter des feux qui changent de pensée comme de couleurs au rythme d'un métronome qui n'a pas dévisser d'un piano depuis la première guerre en silex, l'automobilisme souffre de la goutte à ce moment précis une crise se déclare et se boit une gorgée d'éther à soulever toutes les papilles d'une morgue en peine de vivre par ce froid immobile comme la calotte glacière d'Europe, le passager pense une seconde, un genre de court-circuit qui vous met dans le coma, le motard en culotte courte, casque pansé d'autocollants de taureaux dégoulinant de sang, siffle l'arrêt de ce sanguinaire chauffard à la voix rieuse comme une mouette égarée et soulée de vent de mer, genre de breuvage qui vous coule un bâtiment en un tour d'ouragan, la voie de la pensée écarte les gambettes de la route sur l'immonde bitume céphalique dévorant toutes les blanches lignes, déroutant les radars, milices cyclopes habillés comme des papillons en amende, les abris bus tremblent en verre brisée, et les feuilles des platanes de sang se verse en rasade un cocktail d'automnes dont les rumeurs de l'hiver sont les zestes alcoolisés, le motard perd connaissance à la pensée de prendre acte de la folie meurtrière d'un automobiliste inoculé de la rage de la vitesse, prise en flagrant délit de rire entre la roue arrière et la roue avant droite à percuter le saillant d'un trottoir trop jeune pour connaître le linceul et la prière d'un prêtre à tête de calice, à l'haleine d'hostie, à la prière d'un vin de messe trempé dans la sueur de religieuses nues sous le soleil d'éther, court-circuité par la croix et le diable sécateur, guillotine à main qui a tranché autant de mamelons en grappe que de vigne seigneuriale, l'essence même de la pensée écœure, l'acte de décès et le procès verbal, union sacrée qui se jette dans le caniveau d'un autre trottoir, ancien esclave des marcheurs, démarcheurs et autres vagabonds d'une humanité pansée de toute part, la prison à vie accueille en ses barreaux, la folie.

 

 

Max-Louis MARCETTEAU

 

23:02 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : croix, diable, vigne, folie |  Imprimer

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