02/01/2010

Écriture imbuvable

Sculpture_papier_Jen_Stark_Primary_Blue

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A l'écriture imbuvable, l'encre pleure son sang sur les lignes déformées de l'absurde. La chair putride des mots se répand sur la route hérissée des ratures. Les mots sont des sexes par laquelle naissent des définitions qui se proclament princesses de sang noir. Elles ouvrent les portes des alchimistes en herbe, à la tisane assassine, à l'onguent urticant, aux voix qui s'égorgent dans un râle que ne saurait recoudre un légiste après une autopsie.

Aux traits de lumière, frisent les mots. Les yeux se pendent aux lampadaires de l'angoisse. La première page prend la peur comme compagne, se froisse devant la rebelle impudeur, se couvre de honte aux fautes, frappe la fin du début, au point maton, les virgules accrochent les iris, transpercent le blanc et coule l'humeur de la mort en linceul.

Le lecteur vient de perdre la vue.

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2010

 

12:14 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peur, feuille, rebelle, blanche |  Imprimer

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