29/12/2009

Profondeur insoutenable.

Peinture_abstraite_Shougaichishizai _blessure.

Peinture abstraite de Sand : blessure mortelle.

 

 

Ventre déplié, tendu, ombilic gouffre insondable, l'œil se rince de ce mystère.

Arraches mes mots de tes entrailles. Revient sur ce bord de mer, où le sang du mot amour s'est imprégné de notre rupture. Ouvres les yeux vers cette Lune de cendre, vidée de la vie pour avoir donné son cœur à un vagabond stellaire. Vomis toutes mes lignes tissées sur les pages blanches de l'espoir. Dégorges le verbe Aimer dans le premier vide ordure qui se présente. Eventres mes mots, chairs putréfiés, ils sont mes vers parasites qui rongent ce semblant de cerveau qui n'arrive pas à se décider entre corde et révolver.

Et, je cherche la balle, celle qui m'attend, là ou ailleurs, pour me réduire la cervelle en une bouillie que seul un zombie serait capable d'avaler après mille ans de jeun et, je cherche cette corde, serpent de jungle.

La fenêtre, jalouse, se veut attrayante, aguichante, avec ses rideaux en bas résille, elle me promet une autre vie de l'autre côté, dehors, sur le trottoir, les pas saccadent la raison d'exister à la rue, où les fantômes des vies perdues, se tranchent les secondes vies, à la sauce piquante. Racle le fond de ton ventre, rien ne doit subsister, même l'odeur n'a pas lieu de tenir. Ravise ton sourire à me provoquer. Râpe le verre pilé de mes mots, pleure ce diamant devenu un galet qui ricoche sur une eau.

Au besoin de vivre, la mort s'attache à mes pas, trace son dessein à toutes les occasions : elle m'ouvre son cercueil. Edentée.

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2009

 

 

 

23:09 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : fantomes, chair, rupture, ventre |  Imprimer

28/12/2009

Un crayon attendu

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Il était une fois un crayon qui ne savait pas écrire tout seul. Il cheminait ( et pas cheminée) dans les méandres des fournitures de bureau sur une page aussi belle qu'alléchante ( et pas léchée par le premier venu) quand un regard brillant de désir de le consommer sur l'heure l'inscrit sur un bon de commande déjà chargé comme une mule de Bethléem ( rien à voir avec la naissance de Rachel). Le grand Sachewb en était l'auteur, l'initiateur, l'instigateur, le provocateur. Il faut lui reconnaître une vertu, celle de donner ... dans le luxe. Car ce crayon était de sang royal. Vous avez deviné ? Il était bleu ! Et notre grand Sachewb ne le savait pas. D'ailleurs, qui soupçonnait une telle imposture ? Qui de nous est d'écriture royale (à par la Reine de Rien la Ségolène Show) ? Mais, le maître en matière es commandes, diplômé du Taille Crayon et de la Feuille A4,321, ne l'entendait pas de cette oreille. Fallait-il céder au grand Sachewb ? Non, messieurs.

Cependant maître es commandes, n'avait pas un coeur de pierre. Il proposa une alternative en phase avec le désir chaud et bien trempé du grand Sachewb. Il proposa un beau crayon, d'une allure féline, à la carrosserie ferme et argentée, de bonne tenue en lignes courbes et droites, de quoi satisfaire tous les reliefs, si ce n'était la position de la levrette ( et oui, il n'était pas tous terrains, ce crayon, tout de même). Le grand Sachewb avait hâte de le prendre en main comme une paire de hanches prêtent à se laisser crayonner transversalement pour la bonne cause.

Le temps passa, telle une éponge absorbant les jours comme une pluie d'automne. Le grand Sachewb, avait cette impatience légitime et son entrain journalier avait dessiné quelque tristesse. Maitre es commandes le rassurait qu'un jour prochain mais non défini, son crayon allait arriver.

Et ce jour, béni de tous le crayons du monde et de Navarre, arriva. Le grand Sachewb fut prévenu sur l'heure. Il était heureux, le bougre, de tenir enfin dans ses petites mains la réalité de ses rêves. Pourtant, il semblait tristounet, là, dans le coin de l'œil gauche. Ce crayon tant attendu, n'avait pas toutes les propriétés que ses désirs avaient formulés. Maître es commandes, branla du chef (et non le chef) et considéra par un essai sur une feuille … vierge, le peu de qualité promise par la pub castratrice, du résultat moyen de ce crayon tant attendu et d'espoir mis en échafaudage.

Toutefois, le grand Sachewb promis de l'utiliser dans le pire des cas, pour tenir l'encre en action et dans le meilleur cas, pour signer une décharge. Et de fait, il le plaça dans sa poche de veste droite, histoire de dire qu'il le tenait prêt de lui, mais pas prêt de son cœur.

 

©Max-Louis MARCETTEAU 2009

21:33 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : main, crayon, royal, luxe |  Imprimer

27/12/2009

Paradoxe de la page blanche

echangeurs

 

Une direction.

Plusieurs routes possibles.

Panneaux indicateurs absents.

Immobilisme.

Tentation d’avancer.

Tentation de décider.

Première racines du doute.

Hasard planqué entre deux pavés de neurones.

Dès, en attente de jouer leur cirque.

Émanation d’un rêve.

Nuages sans ciel.

Vie plantée.

Audace nourrit au plomb, devient naine.

Platitude, habitude, solitude : pleine magnitude.

Aptitude à l'inaptitude.

Heures défilées.

Heurts des rêves sur des réalités.

Crayon déminé du destin, aucun éclat à attendre.

Page blanche.


© Max-Louis MARCETTEAU 2009

17:01 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : destin, audace, page, echangeur |  Imprimer