30/07/2007

Elle et Lui (2)

Sculpture de Camille CLAUDEL - sakountala

Elle : « Il n’est trop tard qu’au dernier râle qui vient refermer la blessure de la vie.

Lui : « Ta vie est une blessure, la mienne est un volcan où jaillit une lave de diamants.

Elle : « Ton seul diamant, c’est moi. Je griffe tes jours. Tu jouis de moi, innocent amant.

Lui : « Amant à l’innocence de croire en ton amour, toile d’araignée, je suis ton fil.

Elle : « Fertilise ton ridicule de tes mots horizontaux, je suis ta cravache qui t’éduque.

Lui : « Ma bouche difforme empale tes coups, et je vomis ton outrecuidance.

Elle : « Ma bouche obsède tes jours, mon sexe tes nuits, tu danses sur ta décadence.

Lui : « Décadence, cette évidence se lit aux plis retroussés de ton entrecuisse.

Elle : « Tu verticalises tes mots, ton langage s’émèche en des lances enflammées, tu es suffocant.

Lui : « Mon langage est un sabre, et telle une hydre, tu te démultiplies.

Elle : « Une femme à des qualités que toi l’homme accouplé à tes mots de cul-de-basse-fosse, n’atteindra jamais.

Lui : « Jamais se mutile à ta rencontre, il devient toujours ou pire, éternité par inadvertance de langage.

Elle : « Inadvertance du destin, mots croisés, telle est notre première rencontre, sans définition.

Lui : « Te définir est une audace, que plus d’un a cassé sa plume, déchirée son âme, éboulée sa vie.

Elle : « Un compliment ? Tu miaules à merveille pour une caresse. Tu es audacieux pour un condamné.

Lui : « Je distille ma condamnation, peur de mourir trop tôt ou trop vite sur tes draps, des linceuls très à propos.

Elle : « Tu brames, à présent. Je suis ta seule femelle. Ne gâche pas mon plaisir. Je m’offre ta candeur.

Lui : « Ton plaisir est un liquide diaphane que libère tes ardeurs, écœurent des draps et que jouit ma langue.

Elle : « En mon calice, tu sais t’abreuver. Tu sais aspirer mes profondeurs, à les imposer aux jours.

Lui : « Au jour à naître, corps repus, le soleil attend que l’on s’endorment pour paraître.

Elle : « Embrasse-moi.

Lui : « À la verticale de tes lèvres, j’exauce ton vœu.

 

©Max-Louis MARCETTEAU 2007

 

(Sculpture de Camille CLAUDEL « Sakountala »

22:31 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : langage, corps |  Imprimer

Commentaires

... C'est fort, c'est percutant, flamboyant, c'est brûlant de vie et d'envie
comme un fer qui rougit, en un mot, c'est du Max-Louis.

Écrit par : Edouard | 31/07/2007

La joie Vous devez aimer la jouissance et la joie ?
Très joli blog !
Angélique

Écrit par : Angélique | 31/07/2007

Waowwwwwwwwwwwwwwww C'est superbe, vraiment j'en reste sans voix!

Écrit par : ANGELA | 08/08/2007

Toujours aussi plaisant à lire ! Une volupté singulière rythmée par la musicalité des mots. Un grand bravo !

Écrit par : dolores | 14/08/2007

Suite du dialogue, Très beau, du grand Max-Louis...

Cordialement
Marie

Écrit par : Marie Lanson | 29/08/2007

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Écrit par : aidesupport | 06/09/2007

Alors Max-Louis, panne sèche ou trêve de rêveries?

Écrit par : Edouard | 19/09/2007

J'ai l'impression que l'on sent encore que quelque chose le retient, qu'il se méfie encore, mais on sent aussi que peu à peu il baisse sa garde.

Écrit par : KATHERINE | 20/02/2013

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