01/07/2007

Où sont nos maisons closes

Photo d'Olivier intitulée Perdu de Zyeuter com

Où sont nos maisons closes tenues par des mères maquerelles autoritaires et protectrices ? Où est la prostituée du village, celle qui voyait passer sur sa couche le bon bourgeois au journalier ? Où est passée cette mémoire du secret d’alcôve qui encaissait la bonne ou mauvaise fortune de son client ? Tout cela est devenu un marché commercial planétaire dont le respect de l’individu est mis au rancart ! La prostituée est de plus en plus jeune, consommée comme une boisson pétillante, trop souvent contaminée par un sida dévastateur ou d’une drogue qui l’a met au pilori, sa raison de vivre n’est plus qu’un lambeau de chair qui désire s’échapper du carcan proxénète qui trop bien souvent est sa tombe. La prostituée apporte au corps frustré de sexualité primaire ou inavouée, toute l'attention éphémère de ce manque de corps à corps indispensable à l'homme. Entre l’habitué et l’occasionnel, le pervers et l’égaré, elle s’adapte, reçoit en son réceptacle le jet hormonal en suppression, paiement en liquide dont elle retira son obole, si son souteneur ne la frappe pas, d’un refus. Elle perpétue ainsi cette misère sexuelle qui est avant tout une pauvreté économique. Elle fait partie d’un triptyque, d’un mariage à trois : prostituée, proxénète, client. Ce triangle infernal, tient tête à la morale bien pensante depuis des millénaires : Moïse qui refusa que les filles d’Israël se prostituent mais toléra la prostitution des étrangères, en passant par l’Antiquité où la femme du logis était offerte à l’hôte de passage, sans oublier la grande Rome où il suffisait de demander une licence pour devenir proxénète sous le couvert d’un état qui prenait sa part ; à un Saint-Louis qui autorisa la réouverture des maisons de débauche, suite à l’échec d’enfermer dans le couvent des Filles-Dieu, toutes les prostituées ; à un Henri II qui fermait les bordels, pris en étau entre la religion et une syphilis galopante, suite à un excès de zèle de ces «  coureuses » ou « pierreuses » et d’une tolérance perverse de l’état ; à un Louis XIV sévère, qui dirigea les prostituées vers les hôpitaux, les colonies, les couvents et autres maisons de redressement, a fini par constituer, à son corps défendant, à la fin de son règne, un parc assez impressionnant de vingt-cinq mille prostituées dans Paris, ce qui l’acheva moralement  Et plus proche de nous, ne pas taire qu’un Sarkozy qui déboule (en 2003) avec un texte pour sanctionner les racolages, une partie de la prostitution se terre dans les banlieues, bref la chasse à la prostituée est toujours d’actualité.

 

©Max-Louis MARCETTEAU 2007

Photo d'Olivier intitulée Perdue de http://www.zyeuter.com

23:11 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : prostitution, sida, misere |  Imprimer

Commentaires

Bonsoir Max-Louis C'est tout simplement de l'ipocrisie !

Amicalement

Michel

Écrit par : Michel | 02/07/2007

Hello Dans les lupanars d'antan, la prostituée était protégée par la maquerelle, et jouissait d'un certaine considération. Maintenant, elles se démènent dans un milieu sordide, cocktail de drogues, d'alcool, de foutre et de poudre aux yeux...L'époque de Madame Claude est bien révolue.

Écrit par : Edouard | 02/07/2007

... Un avis de femme peut-être ? :)

Je ne sais pas si les lupanars d'antan étaient exempts de maladie et d'alcool et/ou de drogue? Je crois simplement que les murs cachaient la même misère qu'aujourd'hui et que les tentures pourpres se refermaient souvent sur les mêmes larmes...

Cordialement
Marie

Écrit par : Maire Lanson | 04/07/2007

Il n'y ne faut pas ni diaboliser ni idéaliser.
Je crois qu'il y a autant de détresse chez les prostituées que chez leur clients. Et c'est la chasse aux proxénètes qui devrait être implacable !

Écrit par : Nadette | 07/07/2007

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