25/06/2007

Les 7 vérités

Suite à un appel bien sympathique à participer au jeu des 7 vérités (merci Nadette http://pochettesurprise.skynetblogs.be), j'accomplis, non sans douleur, une entorse à ce blog exclusivement fait de textes.

 

1 – Il paraît que la vie a un sens. Je ne montre aucune disposition à le trouver et j’ai le sentiment de tourner en rond.

 

2 – Je pratique le nudisme devant ma glace tous les matins, excepté le jour du Seigneur.

 

3 – Je vis avec une poupée gonflable faite sur mesure, garantie à vie par un grand constructeur automobile.

 

4 – Cinq jours par semaine, je me rends au travail (à l’ANPE, je suis chômeur) en vélo à selle de bois d’ébène, tout cela pour me rappeler qu’il est difficile de se faire une assise solide dans notre société.

 

5 – Comme le cochon, tout est bon en moi et je déteste les aliments acides en particulier le citron vert.

 

6 – Je pratique l’insociabilité, normal, mon signe zodiacal est le cochon, ascendant l’âne.

 

7 – Je mets en fonction ma télévision de une heure à six heures du matin pour prouver à mes voisins que je suis toujours vivant et je dors avec des boules Quiès.

 

Voilà,

 

Hélas, je suis incapable de passer la suite à 7 autres blogeurs (ses) n’ayant pas le sens très communicatif avec mes semblables :) 

 

 

Max-Louis

21:40 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : verites, cochon, velo |  Imprimer

21/06/2007

Particule qui s'agite

170618main_image_feature_770_ys_4

Particule qui s’agite : homme au bout de sa route. Ses yeux ruminent son dernier soleil, une illusion. Ses pas traversent une lande d’ossements brossée aux Lunes grises successives. Un dernier râle, ses yeux se givrent. L’homme gît sur des pavés peints de son sang à la bruine matinale, des larmes comme des pinceaux, dessinent des hydres. Je suis à genoux, mais trop tard. Je suis plié par le chagrin, et la colère monte en moi. Ton visage n’est plus ton visage ! Ose me secourir, cadavre ! Ouvre ta porte ! Cri avec les mains, les yeux, pantin devenu, je te prends dans mes bras. Dis-moi, pourquoi tu n’as pas osé m’appeler ? Pourquoi, ta vie a défiguré la flamme ton destin ? Dis-moi pourquoi, pourquoi ! Parle-moi ! Dis-moi pourquoi tu pleurais au goulot d’une bouteille ? Ta mort est ma crucifixion. Dis-moi qui t’as frappé, le lâche ! Je veux entendre ta voix rocailleuse me prononcer le nom de cette infâme. Ma joue se colle sur ton visage monstrueux. Dis-moi la vérité sur ta mort. Parle-moi ! Si l’âme existe, que la tienne se manifeste. Qu’elle délivre son message avant que le tourment d’une éternité indécente lui pèse. Ne me laisse pas seul, sans réponse ! Tu dis ? L’infâme n’est pas celui qui t’a assassiné pour une querelle de dette de dix euros ? Je hurle de joie, de peur, aux oreilles des sourds de cette ruelle fatiguée des heures noctambules, aux pochards en bataillon, toujours prêts à se dépouiller, à se trancher la gorge, au délire meurtrier inconscient ! Tu dis ? Mes paroles ont été des offenses ? Tu divagues mon pauvre. Je t’étouffe ? Tu es bel et bien mort, je te dis ! Tu me hais ? Et moi, je t’aime ! Je t’aime, tu comprends ? J’ai été ta prison ? Ta liberté était la mienne, j’étais heureux par toi ! Tu étais malheureux ? Impossible ! J’étais garde ton garde-chiourme ? Comment oses-tu . . . me poignarder . . . ainsi ? Dis-moi, . . . je suis . . . l’infâme qui t’as assassiné ? Le silence affronte de face une réponse voilée qui ne veut pas se découvrir. Parle moi ! Parle moi. Un soleil pâle se dégage des nuages. Un attroupement malsain nous entoure. Un homme, un livre vient de mourir aux pages déchirées, aux mots déformés, à l’encre rouge écumeuse d’une histoire qui se colle à moi. Notre histoire, mon frère.

 

©Max-Louis MARCETTEAU 2007

22:42 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : frere |  Imprimer

13/06/2007

Deux chaises

Deux chaises au château de Brécourt

Deux chaises vides dans un parc :

 . . .  »

« Bientôt, l’habituée de dix-sept heures trente » 

« Bientôt, je planterai mes pieds à un autre endroit »

« Qui t’y amènera ? »

« Un inconnu, un habitué »

« Le temps achève notre patience à atteindre nos rêves »

« Le rêve est amer quand il ne se réalise pas »

« Nous créons un vide sans écho »

« Qui racontera notre histoire ? »

« L’oiseau mort qui léguera ses plumes à la main inconnue »

« La main qui aura tenue la folie sans trahir sa raison »

« Est-elle née ? »

« Elle est née, mais ne sait pas encore qu’elle racontera notre histoire »

« Toute histoire est éphémère »

« Notre histoire est une ride sur le front d’une vague »

« Il restera une écume qui se perdra dans l’océan des autres histoires »

« Qui lira notre histoire ? »

« Les autres histoires, au clair de Lune »

« Qui les écoutera ? »

« Les étoiles les plus jeunes, pour s’endormir »

« J’aimerai dormir dans une maison et y mourir »

« L’on naît à deux, l’on meurt seule »

« Une maison est un enfer, les mêmes personnages, aux mêmes histoires »

« Je serai enfin libre »

« La liberté ne se tient que par son propre mot »

« Le mot dessine l’histoire »

« Je résiste à l’approche d’une nouvelle réalité »

« La peur se coince parfois les doigts à la porte de l’inconnue »

« Ma peur raisonne avec le cœur »

« Ce parc est notre histoire »

« Nous sommes l’un des habits de ce parc»

« Pourquoi partir, si ce n’est mourir ailleurs sans histoire ? »

« Voilà ton habituée de dix-sept heures trente »

« . . .

 

©Max-Louis MARCETTEAU 2007

22:05 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : chaises |  Imprimer

06/06/2007

Je ne compte plus

Sculpture de Jaume Plensa 1955

Je ne compte plus les bougies qui s’éteignent à mon regard le jour de mon anniversaire. Ma vieillisse est une perte de temps pour la vie où est-ce ma vie qui me tient la chandelle par défi ? Mystère.  J’entends le verbe mourir au présent dans ma tête, qui se cogne sur l’arbre tronc planté dans mon jardin d’hiver, telle une stèle qui n’attend que le moment de naître pour exister, de paraître. Je coupe les souvenirs aux ciseaux de mes regrets, et ses larmes sont des confettis qui me collent à la peau. J’attends d’ouvrir mon artère d’impatience d’en finir, d’où sortira un sang d’encre prêt à écrire mon Livre et qui frappera à la porte de la mort qui rougira au contact, sourira comme un vampire abreuvé, m’emportera vers une éternité donc le seul mot renferme tous les siècles d’espoir des âmes qui ont voulu y croire. Je pose mes vêtements sur la terre que j’ai piétiné sans la remercier. Je suis nu et je suis vide. Je suis plein d’espoir et je verse mes larmes dans le verre de l’indifférence de la mort. Le ciel se couvre comme gêné de ma nudité de vieillard. Je lève les bras vers le zénith alors que m’attend le nadir. Je ris. Ivresse de ma déchéance, je me saoule d’un vent frais qui hérisse ma chair qui n’a senti de douceur que des tissus et qui redoute la chaleur de la terre, synonyme de décomposition. Je froisse mon regard sur mon arbre à la peau ridée et ferme mes yeux pour y voir la lumière qui prend son élan et chasser les ombres qui veulent m’habiller avant ce grand départ. Je sers mes poings et je cris, un cri de vieillard dans la nuit qui suinte les étoiles comme une peau trouée par les balles d’un ennemi inconnu. Je prie la terre de me recevoir dans son humble demeure et j’ai peur que mon corps lui déplaise. Mon âme se retire, tel le fil d’un chat d’aiguille. Je ne tisserais plus les heures glorieuses de ma vie, seul une tapisserie découpée se collera sur quelques âmes encore vivantes, conduira ma survivance parmi les humains trop nombreux et trop seuls. Je plie les genoux, renverse la tête en arrière, les bras ballants, un éclair fulgurant me traverse le poitrail. Je suis vitrifié sur place, statufié par effet. Mon corps se casse, tel un verre jeter violemment sur un carrelage de cuisine. Je me réveille sur le sol glacé de ma salle de bains. Un pompier me sourit. Il vient de me sauver !

 

©Max-Louis MARCETTEAU 2007

 

Sculpture de Jaume Plensa 1955

21:36 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : vieillisse, pompier |  Imprimer

01/06/2007

Une horloge

horloges007

Une horloge tombe à l’eau. Elle bulle des « au secours ». Sur la berge un pêcheur qui ne voit que son flotteur traînant son ennui par le jeu du clapotis d’une pluie éphémère, indifférent à cette noyade, baisse son chapeau jusqu’à son nez. Les secondes de l’horloge égouttent les flaques de l’agonie en des ondes qui se cassent sur le fond de la rivière caillouteuse, aux délits cachés en son sein. Les poissons font les gros yeux sur ses aiguilles qui cadencent au tic-tac affolés comme si elle courait un sprint pour sauver ses minutes qui se comptent les unes les autres avant de passer de vie à trépas en soixante secondes et que le passé archive sur le rayon des suicides. L’horloge rage. Pourquoi les cambrioleurs l’avaient bâillonné ? Elle n’était pas une alarme, tout juste un carillonnement pour dénoncer les heures ? Pourquoi l’avaient-ils recouvert d’un tissu rouge lors de son enlèvement ? Elle n’avait pas l’intention de trahir ses ravisseurs. Pourquoi se retrouvait-elle en compagnie d’autres horloges dans un hangar aux lucarnes agressives ? Elle avait toujours vécu seule et ses congénères bruyantes dérangeaient son comptage journalier, elle ne savait plus, si elle était en retard ou en avance. Quelle angoisse ! Pourquoi, personne ne resserrait pas son ressort ? Elle avait envie de vivre encore ses secondes en éternité, ses minutes en espoirs, ses heures en cadeaux, ses jours en jouissances, ses semaines en bonheur, ses mois en étoiles, ses années en Noëls, bref de vivre un siècle bien remplit. Mais comment sortir de cet asile d’horloges en délire, chacune son tic, avec pour certaines une tendance à se prendre pour des baromètres, et tenir plus longtemps sans compromettre irréversiblement sa raison ? Elle désirait retrouver une main attentive, prête chaque fin de semaine à remonter son mécanisme d’orfèvrerie imaginé par un maître horloger de la Vallée des Siffleurs. Et ses engrenages qui peinaient, et . . . pourquoi n’avait-elle pas pensée plutôt à invoquer la déesse des Horloges : TikTak ?  Elle rassemblait son énergie à invoquer la formule mathématique qu’aucuns scientifiques n’auraient pu déchiffrer. Tout le monde était mis à l’épreuve : cliquet, rochet, spirals, pignons, ancre, fourchette, roue d’échappement, roue motrice, poids, lames de suspension. Ses aiguilles dansaient un quadrille à une vitesse que la lumière en aurait pu perdre la vue. La déesse se présentait en montre gousset, brillante. « - Tu n’as qu’un seul vœu, ma belle, tu as une couronne de temps pour le prononcer » L’horloge émue par ce phénoménal événement, balbutiait son vœu : « Au bord d’une rivière, une jolie maison, annoncer mes heures à des gentils habitants, . . . ». Quand, elle se retrouvait au bord d’une rivière, son cadran se mirait les chiffres ! Le temps d’une couronne n’avait pas pris la totalité de sa déclaration ! Malheur ! Cet équilibre précaire lui valait la noyade. Elle rage ! Tant et si bien que le dieu des horloges : Tactique, s’agace ! Il prend la mesure de ce tragique destin et lui glisse entre ses rouages délicats une incantation chiffrée qu’elle traduit par : « L’horloge seconde sans heurt la vie des humains, tu seras l’horloge des poissons aux heures sans faim »

Morale : soyez clair et concis dans vos choix.

 

©Max-Louis MARCETTEAU 2007

00:24 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : horloge, temps, eau |  Imprimer