27/05/2007

Souviens-toi

les-amants-malle 1958

Souviens-toi, quand pour la première fois j’ai apposé ces mots au creux de ton oreille : « - Tu es ma Reine, je suis ton Roi ». Qui de nous savait à ce moment là que tu allais devenir cet As pic et moi cet As de carreau ? Nous étions de cœur dans un champ de trèfles, loin d’un jeu des sept familles que nous avions mis dans un album photos souvenirs. Notre rencontre était improbable et pourtant souhaitée, là au fond de notre âme, en filigrane. Nous étions impérissables, inséparables, insouciants comme des adolescents, conscient de nos différences, le monde s’était toi et moi. Un cordon ombilical s’était formé (césure d’autant plus douloureuse lors de la séparation). Nous étions ivres sans perdre conscience. La marge de la vie nous accueillait comme elle accueille tous les amants, impartiale. Tout amour est unique et pourtant les ingrédients, la formule, sont identiques, seuls les protagonistes et la mise en place de la Rencontre, diffèrent. Qu’importe l’âge, la couleur, l’obédience, la beauté, le seul trésor est un NOUS que rien ne vient, de l’extérieur, bousculer, détruire. Nous avions construit cette bulle selon les normes en vigueur, naturellement. Cependant avec le temps, nous avions créé notre propre anéantissement. Paradoxe et pourtant inévitable réalité de l’amour fusionnel qui pose la question : sommes nous prêts à nous aimer sans concession ? Nous étions devenus des joueurs d’échecs. Nous étions prêts à tout et prêts à rien ! Un genre de néant nous a happé. Une agonie s’est ensuivie comme un malade qui de sa souffrance veut en finir et s’accroche, pourtant, à sa vie tel un alpiniste qui a décroché, suspendu dans le vide et que rien ne peut arrêter son éminente chute si ce n’est un secours improbable. Inévitablement notre propre perte s’est accomplie : nous avons chuté. Fractures multiples, traumatismes divers, ont ne pourra jamais payer la facture de notre séparation. Nous sommes devenus des SDF à la recherche d’un nouveau toit. Nous l’avons trouvé, mais à quoi ressemble-t-il ? A un refuge !

 

©Max-Louis MARCETTEAU 2007

 

Les Amants de Louis Malle (1958)
Avec Jeanne Moreau et Jean-Marc Bory
Collection Cahiers du cinéma

00:02 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : amants, jeu, amour |  Imprimer

Commentaires

Hello Hélas Max-Louis, si Champollion n'est rien à côté de moi (j'apprécie quand même votre ironie), je ne suis pas l'Abbé Pierre des couples, et je ne puis vous donner de conseils fructueux,car je ne cesse de pleurer des paradis perdus ces derniers temps,et je n'aime jamais tant une femme que quand elle me quitte en raison de mon libertinage. Complexe cet Edouard, non?

Écrit par : Edouard | 27/05/2007

Merci d'avoir laissé votre point de vue sur l'apparance....
J'aime votre texte :je rencontre souvent dans mon travail, des femmes qui n'arrivent " pas à payer la facture d'une séparation". Ne serait-il pas temps de donner à la partie sentimentale de notre vie, une place un peu moins centrale?

Écrit par : Nadette | 27/05/2007

Edouard Non, point complexe mais un homme qui joue à un jeu, ce qui donne toute la valeur à votre vie :)

Écrit par : Max-Louis | 27/05/2007

Nadette La balle est dans votre camp, mesdames :) A vous de prendre les devants pour que cette "part centrale" ne devienne qu'une part négligeable :)

Écrit par : Max-Louis | 27/05/2007

Bonsoir Edouard Chacun pour soi, chacun son toit, toi toi mon toi.

Amicalement

Michel

Écrit par : Michel | 28/05/2007

Bonsoir Max-Louis Excuse moi pour la boulette Max-Louis, Edouard c'est pas toi c'est l'autre.

Michel

Écrit par : Michel | 28/05/2007

bonjour!! Autopsie, bilan d'un amour et sa fin. Un texte superbe comme tu sais si bien nous en donner.
Bisous et bonne semaine!

Écrit par : mimi | 30/05/2007

Michel Pas de problème :)

Écrit par : Max-Louis | 01/06/2007

Mimi Je vais rougir sur le soleil de tes compliments. Merci à toi :)

Écrit par : Max-Louis | 01/06/2007

Ce texte est... ... tout simplement magnifique. Je ne serai décrire ce qu'il a fait en moi, mais il est magnifique, je ne vois pas d'autres mots pour le définir.

Écrit par : aRT2MIS | 05/06/2007

Artemis Que dire sur ton compliemet qu'il est un cadeau.

Écrit par : Max-Louis | 06/06/2007

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