18/05/2007

Se décroître

Huile sur toile de Nicolas Rolland du site

Se décroître dans la nuit ! S’étaler sur l’onde d’un fleuve dépérissant ! S’extasier, l’œil glacé, sur le dessin flétri d’une eau devenue trouble aux expériences pourrissantes des humains coiffés du pouvoir de séduire à tout prix. Ne pas reconnaître le Temps de vie. S’enraciner dans l’erreur. Reconnaître sa faute et périr à l’intérieur d’elle comme un ver empoisonné dans son fruit qu’il avait crû bon, savoureux. Déraciner ses mots, les jeter sur les lignes brisées, tranchées par la hache de l’incompréhension. Déboutonner sa vie ! L’éventrer sur le parvis d’une existence qui s’éteint et crie sa rage de ne plus respirer sa vérité. Décapiter sa réalité, s’enfoncer dans un rêve qui côtoie le C maître de l’avant-poste de la Mort, qui s’octroie des entrées fuguasses dans l’esprit toujours vaillant d’être plus fort. S’étrangler à la vue de son être, pêché à l’instant  et qui ne comprend pas que sa fin est à cet instant, entrailles éjectées à l’air libre du poison de l’oxygène des humains carnivores de toutes les espèces terrestres, sub-terrestres et  extraterrestres. S’effilocher les doigts sur la longueur d’un corps, froid de passion, s’engourdir à  la caresse qui prend feu et calcine la seule preuve d’Amour qui pouvait exister à ce tactile, aujourd’hui souffreteux ! Déverrouiller son âme à la passion de mourir une seule et unique fois dans les bras de son existence imparfaite qui se croit imputrescible à l’éternité riante du trop d’importance qu’on lui octroie comme si elle était cette impératrice, cette dictatrice de l’immortalité humaine. S’enquiller dans le sable, ne plus bouger ! S’emmurer dans ce château sableux vitrifié au regard morbide d’une mer criante de noire, hurlant les beaux-forts même par un beau soleil. S’enlacer dans l’infernale poudrière des mots qui s’explosent aux creux des lettres, la tempête s’éclate dans l’esprit dérouté un matin de printemps au bord d’une plage, vide et immense. Chevaucher sa peur, la cabrer sur le lit d’une eau translucide, épousant sa valeur d’être supérieure à toutes les pensées négatives, la brûler dans le puits des déchets récalcitrants de sa vie, la guillotiner le ventre tendu de douleur et avancer sur ses lambeaux en criant sa victoire.

 

©Max-Louis MARCETTEAU 2007

 

( Huile sur toile de Nicolas ROLLAND du site http://www.galerie-de-peinture.fr )

00:06 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer

Commentaires

Quelle écriture alerte et riche! Certaines phrases me semblent un peu trop prolixes, (c'est un effet recherché je pense) mais sinon, je n'ai rien à redire..bravo l'artiste, continue dans cette veine, et tu trouveras l'or que tu mérites.

Écrit par : Edouard | 18/05/2007

. . . Mon or est celui des lecteurs (rices) sur ce modeste blog et ceux qui commentent mes écrits, parfois en dehors du champ de la raison :)Je suis à la recherche du Graal de l'écriture, Edouard, et la route pour l'atteindre n'est pas aisée.Un but assez fou, cependant la motivation est intacte:)

Écrit par : Max-Louis | 18/05/2007

Des discours trop prolixes???... ...non je ne pense pas, l'écriture est faite pour la lire et ce jusqu'à...
Trés belles phrases en tous cas pour moi, beaux écrits que je découvre à l'instant...
Continue d'exprimer les pensées, les désirs que tu as..."ton fruit que tu crois bon, est savoureux", je t'ai cité hihi...
Je viendrais te relire avec délectation...Bonne continuation...
Bon week-end.

Écrit par : Ethae | 19/05/2007

Ethae : Merci de tes mots, de ton passage attentif à mes écrits :)
Note : Le lien de ton blog ne fonctionne pas :(

Écrit par : Max-Louis | 20/05/2007

Les commentaires sont fermés.