04/05/2007

Le jour se lève

Playboy collection DALI

Le jour se lève. Il prend son temps comme le Temps prend le sien pour passer d’une seconde à une autre. Il n’attend rien de précis aujourd’hui, même si l’apparition d’une étincelle de joie, à la chevelure flamboyante, lui donnerait du boum au coeur. Il n’y a rien d’autre sous le feu, si ce n’est que bientôt le soleil viendra frapper à sa porte pour son maquillage journalier. Le jour se lève, quelque part sur la planète méthylène sur un territoire aride. Un homme prend le temps de se lever ; Il sort d’un rêve, mordu par un paresseux à sa douzième année. Il n’attend rien de précis aujourd’hui, même si l’apparition d’une plantureuse plante lui donnerait l’espoir de créer son oasis, trancherait sa solitude par l’ombilic, pour mieux la voire se courber, s’étendre à ses pieds, et l’enterrer dans une terre qui n’est pas la sienne. Il ouvre l’unique porte de son unique meuble. Il prend son élixir de patience. Verse une rasade dans un verre de Damas. Se gargarise deux fois selon sa coutume et avale. Il s’approche de la fenêtre : deux yeux qui ont perdu leur paupière un jour de cauchemar réel. Deux yeux ouverts, morts. Il passe sa main sur une vitre, mille fois caressée. L’horizon ne dévoile rien de nouveau : terre, sable, cailloux se mêlent, stériles. Immensité d’un sol maître des lieux, indomptable. Immensité de l’homme, égaré. Aujourd’hui comme les autres jours, il s’installe à sa table de travail, étau de son exil. Un silence se tient à ses côtés, prêt à intervenir à la première amplitude sauvage, inconsciente ou perverse, il se nomme : indifférence. L’homme se prend à rêvasser sur un mot. Il le plonge dans sa marmite neuronale. Il le dilue, le transforme, devient anagramme. Il dépose les premières lettres sur une énième feuille de brouillon. Essai. Rature. Développe un autre mot. S’impose le même procédé. Essai. Rature. Leitmotiv que rien n’arrête si ce n’est l’apparition d’une sonate numéro quatorze, sauvée in extrémiste d’un souffle de folie mortelle, universelle à l’échelle de l’homme, jouée par l’entremise d’un appareil au nom indéfini qui s’enclenche, imprévisible comme une crise d’épilepsie. Et puis, le mot se présente. L’homme allaite de nouveau le court de son histoire, et celle de l’humanité. Il trace sa mémoire sur des cahiers d’écoliers, empilés aux pieds de son lit, depuis que le monde a implosé, le laissant seul survivant, enfermé entre la démence et la raison.

 

 

©Max-Louis MARCETTEAU 2007

 

( Tableau de Dali )

23:29 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (6) |  Imprimer

Commentaires

Hello l'esthète en ébullition Entre démence et raison, entre lactance et poison, entre clémence et passion, en partance ou bien ronron, goûtons les transes de la création..

Écrit par : Edouard | 05/05/2007

Faut pas être en train de broyer du noir si on lit ce texte... :-)

Écrit par : Brigitte | 05/05/2007

ote-moi d'un doute! ce n'est pas ton quotidien que tu nous livres là n'est ce pas?
Je vais remonter un peu car j'ai raté quelques posts.
Bon we, pas trop noir j'espère!

Écrit par : mimi | 05/05/2007

. . . mimi : je livre rarement mon quotidien mais il y a de moi :)

Écrit par : Max-Louis | 05/05/2007

Brigitte : Il est vrai que le broyage de noir n'est pas recommandé, donc allumons les lumières :)

Écrit par : Max-Louis | 05/05/2007

Edouard : La création un sujet sans limite, enfin un espace qui nous convient, n'est-ce pas :)

Écrit par : Max-Louis | 05/05/2007

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