13/09/2015

Changement

Bon jour à tous,

Après plusieurs années sur ce blog, je déménage vers celui-ci : LIEN

Je tiens à vous remercier de vos visites et commentaires.

 

Max-Louis MARCETTEAU

21:34 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : déménagement, autre blog |  Imprimer

07/12/2014

Oui, je crois que je vais partir ...

 

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Oui, je crois que je vais partir plus tôt ! Oui, je crois que je vais partir plus tôt ! Oui, je crois que je vais partir plus tôt ! Oui, je crois que je vais partir plus tôt ! Oui, je crois que je vais partir plus tôt ! Partir ! Oui ! Plus tôt !

 Oui, je crois que je vais partir plus tôt ! Partir ! Plus tôt !

Oui, je vais partir plutôt avant qu'il ne soit trop tard. Avant que ma bonne étoile ne soit fauchée et que le temps ne tienne plus en place et que moi, je reste, sur le bord d'une plage au regard écumeux, sablée au soleil d'été, salée de souvenirs imparfaits d'un passé composé de décomposés renouvelés.

Oui, au partir plus tôt que pas du tout. Un partir et se lever tard plus tôt, sans qu'il soit trop tard. Je ne rêve pas de partir. Je suis déjà parti sans partir. D'un pas à un autre, la racine du partir s'arrache comme une dent rétive à l'instant de la première lettre, l'action s'est réalisée.

Oui, je crois quand même que je vais partir plus tôt. Partir du départ de la fin déjà engagé dans la mémoire qui défile sur l'ondulation d'un quai du rêve, case de tous les possibles et des impossibles. Ou plutôt, resté ici. Ici ou ailleurs ? Ailleurs c'est aussi une autre construction d'un ici, nouveau. Alors, ailleurs ou ici, pareil au même.

Oui, plutôt partir que mourir rouillé aux bras croisés de l'indifférence, à l'injustice pignon sur rue, à la flamme du mensonge qui lèche toutes les devantures des visages, aux desseins d'une fin commune, au sexe épilé de la pensée unique, aux odeurs synthétiques de l'information et de l'alimentaire, à la plastique fumante de notre indécent déficit public, au paradoxe du vivre mieux à coûts exorbitants et ne plus avoir un rond en début de mois, à l'élite diplômé incompétente dont la morale est semblable au sixième continent, …

Oui, partir tôt après s'être douché à grande eau le cerveau et la peau des impuretés de ce monde, ange et démon, la valise vide et l'ondulation d'un ventre sur une autre dune, les bras en fleuve, les mains berges, l'eau du désir en ébullition, et reconquérir un nouvel Amour de la Vie du Partage comme deux nombrils qui s'embrassent, aux lèvres qui sculptent le premier baiser pour un nouvel envol.

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2014

19:51 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : partir, lever, ailleurs |  Imprimer

18/03/2013

La créature

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Maillol : ile de france

 La créature urbaine aux mensurations d'une sculpture à la Maillol genre « ile de france » exposée au musée d' Orsay (mais ici pour pas un rond), se dore, sur le dos, au soleil, sur un lit de feuillage bien épais aux coloris extravagants des automnes successifs, dans le parc Paul-Émile Victor.

 A défaut d'avoir la nudité de circonstance pour le plaisir de savourer une chaleur toute écologique, son maillot de bain deux pièces rose bonbon, rétréci par moult lavage ressemble à un bikini, dévoile une anatomie qui ne laisse pas indifférent les mâles environnants de passage, qui, des yeux la caresse à tous les endroits, et même celui-là.

Un vieux gardien d'immeuble comme de coutume fait sa petite promenade quotidienne dans ce parc chaussé d'espadrille couleur citronnée. Son pas de sénateur chemine toujours sur le même parcours et ce jour là, la créature est sur son tracé. Il s'arrête. Observe cette chair étendue. Puis, au bout d'un certain temps que le neutrinos de service ne saurait pas définir, interroge la créature :

- Le Soleil doit-être en ce moment ravit de vous servir.

 La créature soulève d'une main tranquille son chapeau de paille qui lui couvre le visage et lui répond :

- Le Soleil est l'un de mes admirateurs.

- Je crois qu'il n'est pas le seul.

 Le vieil homme tourne la tête de droite et de gauche pour confirmer son propos.

 - Sûrement, dit la créature, mais vous êtes le seul qui ose me tendre les premiers mots.

- J'aurai aimé vous tendre autre chose, mais la décence, ici présentement me l'interdit, dit-il, le sourire en équation.

 La créature prends la position d'assise en tailleur, rajuste son chapeau sur sa tête.

- Les interdits, dit-elle, de notre pauvre société nous mettent bien mal et nous frustrent de bien des choses. Comment vous nommez-vous ?

- Hubert.

- Prenez place en face de moi, Hubert.

- Mes articulations, de la rotule à la première vertèbre, ne me permettent plus de prendre la même configuration que votre assise et si vous permettez, je poserai mon séant à même le sol. Mais en soi, ne faut-il pas des interdits pour les défier ?

- Ce défi n'est pas sans risque et faites que vous ne restiez pas bloqué, j'aurai grande peine à vous remettre sur vos deux jambes, dit elle d'un léger sourire en coin.

 Hubert n'est pas homme de bois et son âge avancé ne l'empêche nullement d'apprécier les formes de son interlocutrice, qui semblent se tendre vers lui mais dont un magnétisme étrange le repousse tout en même temps. Et s'en perdre le fil de la conversation :

 - Le risque vient de l'article 222-32 du code pénal prévoit un an de prison et quinze mille euros d'amende.

- J'entends que vous êtes bien renseigné, dit la créature, toute souriante.

- Comme il est écrit quelque part : «  Nul n'est censé ignoré la loi ».

- Votre audace m'inspire confiance et j'aimerai que ces premiers mots soient la résultante d'une affinité plus intime, dit-elle malicieuse.

 Hubert est homme à ne pas cacher ses faiblesse :

 - Hélas, je ne sais que tendre vers le ciel ma lunette, dit-il en prenant un discours imagé.

- C'est à dire ?

- J'aime contempler l'Univers, sa fonction et son étroite relation entre nous. Les hommes qui nous croyons au-dessus du Grand Tout et qui ne sommes Rien, osent s'arroger en rois du Monde et en Maîtres de l'Univers. Vaste farce.

- Mais nous ne sommes pas rien. Pour ma part, je me sens vivante et mon corps est palpable à tous les endroits, dit-elle en riant comme une jeune pousse de blé balancé par un vent tiède et entreprenant.

 Hubert laisse un micro temps se suspendre entre un sourire malicieux et quelques images polissonnes :

 - J'en conviens.

- Vous en convenez ? Dit la créature entre roucoulement et léger haussement de sourcil gauche.

- Oui, il n'est pas transparent et sa réalité ne fait aucun doute. Mais de réalité, la chair n'est qu'apparence, faite de particules élémentaires, elle est contenant. Et même si celui-ci est agréable sur toutes ses courbes comme le vôtre, son contenu fait toute la différence, parfois.

- Mon contenu est un croisement entre Mme Emma Bovary et Marylin Moonro.

- Une comète et une étoile.

- Emma une comète ?

- Oui, elle vagabonde entres des mondes cheveux au vent comme une adolescente, ne se pose nulle part, court vers des soleils qui lui brûlent le cœur.

- C'est beau, s'en est presque Icarien.

- N'est-ce pas ? La poésie devrait s'installer sur tous les bancs, se laisser aimer et lire en tout lieu.

A ce moment là, un chêne centenaire non loin de nos deux protagonistes émet des mots de son feuillage :

«  - La poésie doit être faite par tous. Non par un. » (lautréamont)

Hubert tourne la tête un peu brusquement, tend le cou, lève les yeux, en direction de cette voix grave.

 - Qu'est-ce que s'est ? Voilà bien un étrange phénomène.

 - C'est mon arbre à citation. Il est aussi mon ange gardien.

- Il ne se déplace pas j'espère ?

- Pas comme on l'entend, non, mais il me suit d'arbre en arbre quand je me déplace. Et parfois, son support sont des feuilles comme ce feuillage où je suis assise actuellement.

- Je me demande si je suis pas en train de rêver.

- Non, vous êtes bien éveillé, Hubert. Mais la réalité n'est pas toujours celle que l'on croit voir, entendre, ou ressentir.

 Et l'arbre de clamer :

 « La réalité implacable me conduirait au suicide si le rêve ne me permettait d'attendre. » (Maupassant)

 Hubert regarde dans les yeux la créature. Elle sourit à la vie, tranquillement comme une âme dont le bonheur à fait son foyer.

 - J'ai encore beaucoup à apprendre, dit Hubert dont le visage se confond avec une rivière asséchée.

- Nous tous, nous sommes des ignorants. Cela n'empêche pas de savourer le peu de savoir que l'on a pour nous servir de guide.

- Et si ce guide était notre mauvais génie ?

- Qu'importe. L'essentiel n'est pas le bon ou mauvais chemin, seule la source qui nous abreuve intérieurement doit nous guider.

 Hubert, reste songeur. Fixe ses chaussures à lacets. Puis, ses yeux scrutent ceux de la créature.

 - Vous me regardez différemment, Hubert. Est-ce que j'ai changé ?

- Non, vous êtes toujours identique. C'est mon regard qui a changé. Et j'y vois deux océans d'un gris bleu et une écume au bord des pupilles.

 La créature s'étend de tout son long, les bras en croix, les jambes écartées.

 - Vous me voyez comment, maintenant, Hubert ?

- Comme une étoile de mer, échouée sur une plage.

 - Vous êtes un romantique, Hubert. J'aimerai regarder les étoiles avec vous.

 Et l'arbre de clamer :

 « Déjà la nuit en son parc amassait

Un grand troupeau d'étoiles vagabondes,

 Et pour entrer aux cavernes profondes,

 Fuyant le jour, ses noirs chevaux chassait ... » (Du Bellay)

- Vous savez Hubert, mon arbre vous a adopté. Ce qui est rare. C'est même la première fois qu'il déclame des vers.

- Effectivement, il est extrêmement rare d'être adopté par un arbre.

- Ne soyez pas ironique, Hubert. Allongez-vous près de moi.

- Ne dois-je pas craindre le courroux de votre arbre ?

- Soyez sans crainte. Allez, ne faites pas le timide, d'ailleurs elle n'est qu'un paravent. Vous êtes un homme d'action, Hubert. Et j'aime.

 Hubert, se relève comme un vieux cerf et fait une chorégraphie d'une personne usée par l’indécence des ans, et dépose sa carcasse tout en longueur, à une distance d'un bras, en alignement de la créature.

 - Prenez ma main, Hubert.

- Ça va faire jaser !

- Ne soyez pas puritain.

- Je crains que nous choquions les mœurs environnantes.

- Regardez le ciel, Hubert. N'est-il pas d'un beau bleu ?

- Magnifique.

- Et là ? Voyez-vous les étoiles ?

- Elles brillent de mille feux en plein jour !

- Jour, nuit, quelle importance. Elle vous observent, Hubert.

- Non ?

- Si, si. Et l'une d'elle va vous prendre comme compagnon.

 Hubert relève son buste, baisse la tête.

- Ce soir j'arrête de fumer de l'herbe, dit-il d'un petit rire de marcassin.

- Hubert, ne soyez pas vulgaire. Rallongez-vous.

- Non mais voyez-vous comment vous m'embobiner avec des histoires d'étoiles.

- Je dis simplement que l'une d'elle va vous choisir parce que …

 La créature disparaît comme par magie, pas celles des hommes, non mais celle qui n'a pas de nom.

 Hubert se sent tout bête, assis à même le sol, des yeux inconnus le dévisageant comme un extraterrestre. Hubert a la larme à l’œil ! Est-ce les rayons du soleil ou ce bonheur qui l'étreint par la voix de la créature qui est à présent en lui ?

- Venez à moi, Hubert. Je suis la haut, tout la haut. Je suis cette étoile. Vous savez Hubert, la beauté de la chair n'est rien sans celle de l'âme. Mais l'âme n'a que faire de la chair. Celle-ci nous sert qu'à nous séduire, à l'occasion et puis à nous reproduire comme tout ce qui est création, divine ou pas. Comme l'homme reproduit des voitures, il se reproduit lui-même pour sa seule éternité comme les étoiles le font pour survivre dans cet Univers qui lui-même se reproduit. Nous ne sommes un rien de chair, Hubert. Mon âme est en vous. Je suis votre étoile qui vous attend.

Hubert se rallonge. Ce sera la dernière fois.

 @ Max-Louis MARCETTEAU 2013

 

00:12 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : maillol, hubert, créature, vie |  Imprimer

25/12/2012

Prise au corps

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Il y a des matins, devant la glace, on ne se reconnaît pas. C'est un autre visage qui vous dit bonjour. On étire la langue, on examine ses yeux, on tire sur ses joues bref un bilan journalier proche du déficit de notre pays. En un mot (même plus) : on se sent enfariné. C'est nous, à la lumière d'une salle de bains confidente de nos défauts grandissants avec le temps. Notre quotidien.

Mais ce matin, j'ai eu une attaque d'identité. Rien avoir avec la carte, celle inventée sous Vichy, non, je ne me reconnais pas. Ça commencé au réveil et je n'ai pas percuté. Pas d'érection, pourquoi pas ? Fatigue, stress, tabac, sexe, alcool, la panoplie du parfait : j'en-ai-rien-à-foutre-de-vos-conseils-de-bien-vivre. Je suis passé aux toilettes, je n'ai pas trouvé l'essentiel qui fait mon anatomie et je me suis pissé dessus comme pas possible. Et là, j'ai crié. Non, j'ai gueulé ! J'ai cru qu'on m'avait émasculé dans la nuit. C'est une sensation atroce de se retrouver sans son « popol » habituel. C'est même traumatisant. Je suis allé direct voir si le lit n'était pas recouvert de sang. Rien. A part l'habituel sueur de mes cauchemars nocturnes.

Qu'est-ce qui m'arrive ? Je me tâte. J'en crois pas mes mains. J'ai des … seins … des seins. Je dors en tee-shirt, et je vois à quelques centimètres de mes yeux pleins phares, une poitrine prête à bondir hors du tissu. Je déchire, au col, le vêtement. C'est pas une poitrine, ce sont deux obus avec le bout des seins tout rose. Ni une ni deux, salle de bains. Etat d'urgence, état des lieux.

Là, devant ce moi, ce miroir, qui n'en fait qu'à sa tête, me nargue d'un faciès étrange, venu d'on sait où mais qui ressemble à une espèce féminine avec un neurone. C'est une peur, un cauchemar éveillé qui n'emballe pas, si ce n'est le cœur !

Je me dévisage. C'est étrange, de se mirer pour la première fois sous cet aspect, un tantinet rebutant au départ et puis on se prend à découvrir le positif. Les traits ne sont pas aussi traînés sur les joues, le front paraît sage, le nez pas si grossier que cela et la bouche expressive comme une pompe à vélo est presque rassurante. Les cheveux blonds, mi-courts, la coupe au bol me fait penser à Jeanne la Pucelle. Je me retourne d'un côté, puis de l'autre. Les mensurations sont avantageuses et le fessier à faire chavirer dix escouades de sous-mariniers. Moins de peur que de mal, je peux dire, mais côté sexe, c'est la douche froide. Il est où mon pilon, ma baguette magique, ma lance de guerrier ? J'ai a présent un chaudron magique. J'ose à peine le toucher. C'est intime ce genre de chose. Et comment ça marche ? Hein ? Je me demande. J'ai une envie de faire pipi. C'est pas vrai. Direction les toilettes. L'émotion sans doute. Soulagement, ça passe tout seul. Bon, avant je décalottais, une petite secousse et hop. Mais là ? J'essuie, ok. D'avant en arrière ou inversement ? Je ne sais pas, moi. J'ai des larmes. Me voilà dans un drôle d'état. Je me tamponne les paupières avec du papier deuxième choix. Horreur. C'est tout noir ! Pas possible ! Retour à la salle de bains. C'est du mascara ! C'est pas croyable. J'ai été maquillé dans la nuit ou quoi ?

Je me passe un gant de toilette. C'est pire. Quelle tête. Je ne peux pas me pointer au boulot comme ça. Nom de Dieu, j'y pensais pas ! C'est affreux, je vais perdre mon boulot. Mon permis de conduire, mon appart, et puis tout le reste. Et mes proches, mes parents surtout ! C'est une catastrophe. Si je tiens le cochon qui m'a transformé en donzelle, ça va tourner au massacre à la tronçonneuse version 3D sans effets spéciaux !

Je suis anéanti. Je vais m'asseoir sur le … bidet. Et dire que je suis célibataire. Enfin heureusement, sinon, j'aurai viré de l'appart en moins de temps qu'il n'en faut à une mouche pour faire cent mètres. Quelle dégaine. Je palpe ce nouveau corps et je me trouve indécent. Indécente ? Si je commence à avoir des questions de personnalité, je ne suis pas sorti de l'auberge. Qu'est-ce qui fait que j'en suis rendu là ? Je cherche dans ma mémoire. Bon, c'est vrai, parfois je déconne sur le sujet des femmes. Mais je les aime, trop sans doute. J'aimerais bien être une blonde, un mètre soixante-quinze, quatre-vingt-quinze C. Mais bon, je dis ça, je dis rien. C'est un fantasme, rien de plus.

Je vais prendre une bonne douche. Ça va me faire le plus grand bien. Je retire le restant de mon tee-shirt et direction poubelle. Me voilà nu … ou nue ? Bon, allez hop, pleine eau sur ce nouveau moi. Du gèle douche sur ma fleur de douche et je passe par … mes seins. Délicatement. Ça tient tout seul. Je me demande comment. Ça l'air bien accroché en tout cas. Le ventre, les fesses et … ah, pas trop là, un peu le bas du dos, je remonte aux épaules, les bras, je redescends, les jambes. C'est gênant ces seins. Les cuisses. Je frotte avec plus d'assurance et je décalotte … ah, non pas là. Comment ça se lave ce machin, truc chose de vulve ? Hein ? J'écarte les jambes. Je ne vois rien. Je lâche ma fleur de douche. Je me penche en avant. Ah, je vois mieux, mais bon. Je prends quoi pour laver l'intérieur ? D'ailleurs ça lave cette impasse ? Je ne suis pas équipé, là. J'essaye de distendre ce qui est légèrement ressorti et un bon jet. C'est chaud. Je ne vais quand même pas me brûler ! Bon, je n'insiste pas. Lavage de tête est plus facile. Je ferme les robinets et séchage.

Me voilà propre. Ça fait du bien. Je me regarde dans la glace de la chambre. Pas mal du tout. C'est pas parfait, mais bon. Avant de m'habiller, je téléphone au boulot. Portable en main, numéro, et appel.

- ImageEnUn, bonjour.

- C'est Jean-Marc …

- Jean-Marc ? C'est une blague. Vous avez une voix de femme.

- Euh … je suis son amie.

- Jean-Marc a une amie ? Vous plaisantez. Il n'a jamais eu que des nymphomanes.

- Mademoiselle, je ne vous permets pas !

- Excusez-moi.

- Jean-Marc ne viendra pas travailler aujourd'hui. Il est souffrant.

- Je note. Il sera là demain ? Ce n'est pas trop grave ?

- Non, non. Mais il est possible qu'il prenne une semaine d'arrêt de travail !

- Il faut que je prévienne monsieur Henry.

- C'est ça, faites au mieux. Au revoir mademoiselle.

- Au revoir madame.

Incroyable. Ma voix s'est transformée d'un coup. J'ai une voix de femme. Et l'autre, de quoi elle se mêle ? Je te jure. Bon, je vais m'habiller. Souci, je n'ai pas de fringues de filles. Qu'importe. Le slip, trop large. Mince. Pas de slip. Pantalon, je mets une ceinture est le tour est joué. Soutien-gorge, n'en parlons pas. Chemise, un peu large, mais avec les seins ça se tient. Un pull ? Non, fait un peu chaud. Chaussettes. Chaussures, alors là ça se corse. Trop large. Ah, j'ai des tongues. Pas le pied. Je reste pieds nus en attendant.

La glace et moi, nous nous regardons avec attention et curiosité. Je ne suis pas mal du tout, en homme. En vêtements de femme, je devrais être une vraie bombe sexuelle. Mais bon, restons les pieds sur terre. Il faut que je puisse parler à quelqu'un. C'est une véritable malédiction qui vient de me tomber dessus, ce n'est pas possible autrement. On ne change pas de sexe comme ça du jour au lendemain. J'allume une clope. Première bouffée, écoeurant et je tousse comme un tuberculeux. Je sens que je vais faire un malaise. Elle infecte cette cigarette. Un comble. Je me sers un vers d'eau. Ce n'est pas dans mes habitudes.

J'ai une idée ! Et si j'appelais un de mes potes ? Non, un ami, sûr, sans reproche, solide, sans faille, une nature humaine, quoi ! Camille est infirmier de nuit. Il va peut-être m'aider. Je vais lui envoyer un SMS, c'est plus prudent. J'espère qu'il n'est pas trop tôt, dix heures dix. Bon, je vais bien voir, s'il me répond. Je tourne en rond comme un lion en cage. Je vais voir de temps en temps si j'ai changé d'apparence ou pas. Pas à dire j'ai quand même du mal à mis faire à ce physique. Pas de réponse de Camille.

Les heures tournent et ce midi je suis incapable de prendre quoi que soit, à part de l'eau. Mes pensées tournent à mille à l'heure. Et si je me mettais du verni à ongle ? Bon, j'arrête de dire des âneries. La sonnerie de la porte d'entrée de l'appart retentit. J'ai une volée de coups au coeur. Je laisse tomber une chaise. Je regarde à l'oeilleton de la porte. C'est Camille ! J'en suis presque heureuse … heureux. J'ouvre et je vois le Camille un peu interloqué.

- Il n'est pas là Jean-Marc ? Dit-il

- Viens, je vais t'expliquer.

Je le tire par une manche pour qu'il rentre.

- Je ne veux pas déranger. Il m'a envoyé un message et dès que je l'ai lu, j'ai rappliqué.

Je le dirige dans le salon et le fais asseoir sur le canapé. Je vais chercher deux verres, une bouteille de whisky et une d'eau, on ne sait jamais. Je sers. Je suis dans un état presque second. Il me regarde comme une femelle. C'est atroce. Je m'assoie prêt de lui. Et je ne sais pas ce qui me prend, je lui saisie les mains. Il ne résiste pas particulièrement. Il me sourit. Ce sourire qui vous déshabille et ses yeux lubriques qui vous dévorent. C'est indécent.

- Tu veux qu'on passe un moment ensemble, bébé ? Me dit-il entreprenant.

J'en reviens pas. Je suis dans un monde et lui dans un autre.

- Je suis Jean-Marc. Dis-je, la voix presque éteinte.

- Tu es quoi, bébé ?

- Ne m'appelle pas bébé ! Je suis Jean-Marc.

J'essaye de rehausser ma voix pour qu'il me comprenne.

- Tu es qui ?

- Jean-Marc. Tu comprends ? Je suis Jean-Marc.

Et j'insiste sur mon prénom.

- Non ?

- Et si.

 - Ça marche !!!

- Qu'est-ce qui marche ?

J'ai les yeux qui s'écarquillent comme des fenêtres. Je ne comprends rien à ce qu'il me dit.

- C'est géant !

Il est tout enjoué à dire ça. Il se lève d'un coup. Fait le tour de la table basse. Me dévisage avec insistance. Il semble étonné et satisfait.

- Tu te rends compte. Ça marche !!! C'est fou. Me dit-il, épaté.

- Qu'est-ce qui marche. Expliques-toi !

Je suis inquiète … inquiet au possible. J'ai les mains moites.

- Je vais t'expliquer, Jean-Marc. Ça fait bien deux ans que tu tapes ma femme ...

Je me lève d'un bond, prêt à lui sauter dessus. Je comprends que trop bien à présent. Je ne vois pas la main qui vient frapper durement mon visage et je m'écroule sur le canapé, en larmes.

- Je me suis demandé comment j'allais pouvoir assouvir ma vengeance. Je voulais quelque chose de vraiment inhabituel sans passer par le crime. Et puis, un jour de vacances, avec Sabine, j'ai donné quelques pièces à un vagabond qui mendiait à l'entrée d'un village. Le lendemain, je suis repassé par ce village qui tenait boulangerie et bistrot. Le vagabond était là, avec sa chopine. J'ai pris un verre et puis nous avons discuté, de la vie, du monde. De verres en bouteille, je lui ai expliqué que je voulais me venger de l'outrage que je subissais deux fois par semaine d'être trompé par ma femme avec mon meilleur ami. Il m'a assuré que l'on pouvait faire quelque chose. Et j'ai bien rit quand il m'a dit de quoi il retournait. Lui, il ne riait pas. Il m'a demandé de lui fournir des choses qui t'appartenaient. Au retour de vacances, je me suis mis en quête. Tu es désordre Jean-Marc et il a été facile de me procurer les choses demandées sans que tu t'en aperçoives. J'ai fait un paquet et j'ai envoyé le tout à une boîte postale. Je ne savais pas quand le résultat allait se présenter. Aujourd'hui tu es ce résultat : cette transformation d'un homme en femme.

J'écoute à moitié paralysée. Je le vois gesticuler, prendre des airs de vainqueurs.

- Mais rassures-toi, Jean-Marc, l'effet ne dure que le temps d'une pleine Lune. Cette pleine Lune ! En attendant, je vais profiter de toi. Tu veux bien ?

Je ne veux pas. Il est hors de question qu'il profite de ce corps même si ce n'est pas le mien d'une certaine façon. Il s'est approché de moi, je me suis redressée, il m'a frappé à plusieurs reprises, sur la tête, les épaules, les cuisses. Je me débats, les coups redoublent. Je suis impuissante. Je cris. Mais qui peux m'entendre dans cet immeuble où la plupart des gens sont absents ? Et même, qui serait venu pour s'enquérir de ces cris de femmes ?

Il m'étale sur le ventre dans le canapé. Force sur les pans de mon pantalon qui se déchire. Insiste et me voilà moitié nue, impudique et honteuse. Je passe la suite, terrible, bestiale entre intromissions et coups, je suis … violée. Non, pire, je suis déshumanisée.

Il quitte l'appartement sans vraiment que je m'en aperçoive. Il fait nuit. J'allume toutes les pièces. Je me traîne. J'ai mal partout. Je vais à la cuisine. Je bois un grand verre d'eau. Je cherche de quoi écrire. Je m'assoie comme je peux et j'écris tout ce que vous venez de lire.

Maintenant, je vais ouvrir la fenêtre. Six étages, je ne devrais pas me rater.

 

©Max-Louis MARCETTEAU 2012

12:42 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : changement, sexe, personnalité, vie |  Imprimer

20/05/2012

Le fruit du bonheur

 

Idée de texte du site Écrire 2012 : Catégorie : dialogue

 

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Paul

 Je viens de créer la pêche du bonheur !

 

Émile 

 Et ça se vend bien ?

 

Paul

 Comme des petits pains.

 

Émile

Vendre du bonheur comme des vacances !

 

 Paul

 C'est différent. C'est un autre domaine.

 

Émile

Tu n'aurais pas reçu un marron sur le citron ?

 

Paul

 Ça baigne ! J'apporte à autrui tout le bonheur qu'il mérite.

 

Émile

 Tout le monde ne mérite pas le bonheur. C'est une utopie.

 

Paul

 Combien de fois l'humain à dépasser les limites ? Elles sont innombrables. C'est cela l'utopie.

 

Émile

Et ... comment se procurer cette pêche du bonheur ?

 

Paul

Je propose le fruit dans un verre d'eau de pluie versé par un nuage du sud ensoleillé pendant une semaine.

 

Émile

Je crois que là, tu as besoin d'un bon verre d'eau du robinet. Ça javellise, aussi, l'esprit.

 

Paul

Donne-moi la définition du bonheur ?

 

Émile

Je vais te dire ma définition à moi, ce qui sera plus simple : le bonheur, c'est de discuter avec toi.

 

Paul

Je ne m'y attendais pas ! C'est beau et je t'en remercie. Mais, cette définition est personnelle et chacun devrait en avoir une comme toi. Ce n'est pas le cas. Donc, créer du bonheur, s'est goûter un moment, qui apaise, rend heureux et cela, à tout instant que l'on peut choisir. C'est ça, la vraie découverte. Et cette pêche est seulement le détonateur.

 

Émile

 Franchement, j'y crois pas. Parce que la vraie découverte aurai été de proposer de se mettre en situation de bonheur et non d'apporter un fruit trempé dans je ne sais quel nuage.

 

Paul

Ce fruit représente la parole, ce nuage la parabole. Ils en sont les symboles.

 

Émile

"Prenez, ceci est mon corps. Prenez, buvez, ceci est mon sang. » Nous sommes en pleine liturgie.

 

Paul

 Je leur offre la messe.

 

Émile

Tu es un saint. Mais, attention, tu finiras martyr.

 

Paul

Qu'importe le coût, le bonheur pour tous grâce à moi est exaucé.

 

Émile

 Et bien, je te laisse. Je vais continuer mon chemin de croix.

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2012

 

16:26 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bonheur, fruit, vie, pêche |  Imprimer

13/04/2012

Je vote POUTOU !

 

Une fois n'est pas coutume, je déroge à une certaine conformité de ce blog par ce texte :

 

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Je vote Poutou ! Parce que j'ai découvert un homme à la valeur d'un langage qui

m'a séduit. D'une nature sincère sans le maquillage des attitudes contrôlées

comme un automate.

 

Je vote Poutou ! Parce qu'il représente le peuple en marche et même s'il n'a pas

rendez-vous avec celui-ci, il prend ses clous (outils pour les ignares), et va

affronter le capitalisme aux multi-visages tuméfiés par les profits que le Progrès a

engrossé. Il est David contre Goliath.

 

Je vote Poutou ! Parce que c'est un candidat, non pas en décalage comme l'écrit

une certaine presse, mais bien un candidat qui nous fait découvrir un autre avenir

possible.

 

Je vote Poutou ! Parce qu'il n'a pas la langue de bois. Qu'il pense tout haut ce que

beaucoup d'entre nous pensent tout bas. Qu'il est pour la démocratie et le

collectivisme.

 

Je vote Poutou ! Parce que qu'il ne se prend pas au sérieux et qu'il donne à sa

fonction de candidat, le vrai, le naturel de ce que je veux entendre et voir.

 

Je vote Poutou ! Parce que je sais reconnaître une clé à pipe de treize, un

tournevis Pozidriv, un palmer, un arbre ou un alésage, un cône Morse,

un vérin double effet, etc …

 

Je vote Poutou ! Parce qu'il défend la valeur travail !

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2012

 

15:22 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : npa, poutou, avenir, travail |  Imprimer

12/04/2012

Elle et Lui ... suite.

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Elle « - Qu'est-ce que tu cherches ?

Lui - Je te cherche, dans les fonds marins, parmi les dauphins !

Elle - Cherche-t-on l'eau dans le désert ?

Lui - Je cherche le miracle, ton oasis.

Elle - Ne cherche pas ce que tu as portée de main : je suis en toi, je suis ton eau.

Lui - TU es devenue salée.

Elle - Ton âme est salée, ne confonds pas.

Lui - Éclaire-moi au lieu de me laisser tourner en rond !

Elle - Ton obscurité n'a que faire de ma lumière !

Lui - Nos vies est le manège du grand Huit . Vies de croisés et notre croisade c'est NOUS. Notre Graal : la Lumière de notre Amour.

Elle - Tu entends ces violons de Vivaldi ?

Lui  - J'écoute les battements de ton cœur.

Elle - J'ai besoin de toi.

Lui - Il n'y a ici que toi et moi. Ne partons plus sur d'autres champs, celui des coquelicots est  le nôtre.

Elle - Un jour viendra ...

Lui - Embrasse-moi

Elle - Devrais-je embrasser une ombre ? »

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2012

00:01 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : elle, lui, coeur, nous |  Imprimer

20/02/2012

Qu'est-ce qui ne tourne pas rond ?

 

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Paul : Pourquoi la Terre tourne ?

Polo : Elle tourne ?

Paul : Pourquoi ne tournerais-t-elle pas ?

Polo : Pourquoi veux-tu qu'elle tourne ?

Paul : Par principe que tout objet cosmique tourne, non ?

Polo : Pour toi le pourquoi, pour moi pas de questionnement, c'est une perte de temps, je te taquine car je sais bien qu'elle tourne, et cela me suffit, n'est-ce pas ?

Paul : Je comprends que le pourquoi ne se pose pas si d'évidence tu t'es forgé une réponse ?

Polo : Ce n'est pas une réponse, c'est un fait et cela t'étonnes ?

Paul : Et s'il elle ne tournait pas, si c'était un simple disque lancé sur une trajectoire infinie ?

Polo : Et alors ?

Paul : Cela pourrait changer ta certitude, non ?

Polo : Je n'y vois aucun intérêt, que celui du tien, si je m'abuse ?

Paul : Pourquoi voudrais-je te faire changer d'avis ?

Polo : Pour le plaisir de me voir rallié à ta cause ?

Paul : Ma cause, non, mais celle du plus grand nombre, cela te déplairait ?

Polo : A l'évidence, je ne suis pas le plus grand nombre, tu dois bien l'admettre ?

Paul : Je n'admets pas que tu soies isolé, c'est clair ?

Polo : Cela te chagrine ?

Paul : Cela me dérange que tu puisses penser autrement. Tu sais que tu m'agaces ?

Polo : Je sais que je suis moi, et le plus grand nombre n'a pas toujours raison,

tu en conviens ?

Paul : Non, j'en conviens pas. Si le plus grand nombre a tort alors celui-ci est un âne ?

Polo : Ce n'est pas impossible, il faudrait creuser la question. Qu'est-ce t'en penses ?

Paul : Tu veux me faire tourner bourrique ?

Polo : Qui sait ?

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2012

21:19 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : terre, rond, question, raison |  Imprimer

06/02/2012

Vous avez dit … thriller ?

Idée de texte du site Écrire2012 Catégorie : jeux de mots.

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Dessin de MARTIN Miguel Angel

Prologue

Le cameraman a tête de gangster incise un sandwich en guise de breakfast, à défaut du hamburger habituel, et mastique sur un air de samba que diffuse son Black-Berry.

Il attend assis dans un rocking-chair, cloué au sol, la reprise des événements.

 

Chapitre I

La veille, il avait traîné dans un club mi-littéraire, mi-music-hall. Entre show-business et smoking, il avait filmé le speaker star play-boy (qui a, soit dit en passant, un pacemaker) qui lambadait aux bras d'une strip-teaseuse (accessoirement cover-girl, et dealer de hamster) en body transparent. Au contact de ce corps de mâle, ses tétons saillaient et son envie d'être culbutée lui tillait le clitoris au frottement de la jambe du danseur possédé par les courbes de sa partenaire. Ce reportage n'allait pas être diffusé sur une chaîne grand public. Il était mandaté par le club lui-même qui collectionnait ainsi les célébrités sur pellicule. Quelques paparazzi étaient présents mais sous conditions.

Chapitre II

Le speaker star a une double vie de trafiquant de bonsaï et la strip-teaseuse de hamster. Un job qui ne permet pas de rouler en jaguar mais d'acheter un side-car et d'utiliser le tramway en période de pointe.

Chapitre III

Cette double vie n'allait pas de soi pour un certain squatter qui avait payé cash, en billets roulés sous l'offset, le caméraman pour filmer les ébats des infidèles sous les toits de la ville, à défaut d'un standing plus hot. On comprend l'homme trompé, aux yeux de cocker, qui voulait prendre sa cover-girl de femme, en flagrant délit. Celle-ci l'ayant pompé comme un derrick, il se retrouvait comme un cake transformé en pudding. Pas de racket possible avec le play-boy aussi insensible qu'un tweed en hiver. Donc, il fallait utiliser un chantage plus subtil.

Chapitre IV

Entre temps, le caméraman snobant le scoop et le hold-up, préférait zoomer en solo dans les bas-fonds (ne pas confondre avec water-closet) du ghetto ronflant de gangsters à tête d'iguane pour se faire de l'oseille sans déclaration d'impôts. Le squatter et lui avait de connaissance scanné leur ambition respective sans passer par le curriculum vitae. Le deal conclu entre une partie de bowling et schnaps, le caméraman n'avait plus qu'à s'exécuter.

Chapitre V

Il se planque dans un réduit à balai qui sent le camping-car renfermé et le forsythia. Il a par précaution emporté une golden pour se rafraichir le gosier et les poumons, au cas ou. Sa vue sur la chambrette est celle du lit, pas plus, pas moins.

Chapitre VI

Après trois heures d'attente, les infidèles se présentent enfin et ne tardent pas à gondoler sur le lit au design le plus romantico-hard qui soit. Premier round, c'est le style cow-boy sur sa monture. On ne peut pas dire que le play-boy soit un sprinter mais un marathonien. Ce qui laisse plaisir à considérer que certaines femmes on de la chance. Le deuxième round, l'emploi de gadgets à de quoi troubler le transit intestinal et laisse songeur le preneur d'images.

Chapitre VII

Après un intermède bien venu, troisième round : un rodéo prend place.

« - Culbute mon gars, je filme. »

Mais l'imprévu, qui n'est pas gentleman, à toujours une longueur d'avance. Deux coups de feux, genre gangster, et les corps s'immobilisent comme deux jeep en collision. Il n'a rien vu venir. Son attention sur les amants, l'objectif en érection, il n'avait pas prévu ce coup tordu.

Le caméraman signe avec la stupeur son heure de grande angoisse et les clowneries amoureuses lui rabaisse son pipe-line. L'envie d'uriner est intenable. Il se retient comme un barrage après des pluies diluviennes, il sent qu'il va céder d'ici peu.

Chapitre VIII

La pièce est de ce silence que la mort apprécie. Il quitte son repère. Tient sa vessie en respect. L'escalier craque. Il est à deux doigts d'en faire autant, mais pas de break possible. Caméra à la main, il filme comme par automatisme ou comme s'il a un pressentiment que quelque chose allée le balafrer. Une ombre le surprend. La lame mortelle l'atteint à l'abdomen. Il s'écroule, glisse comme un sac de farine. Le sang et l'urine se mélange. Une odeur étrange et pénétrante se ventile sur le palier sombre. Un courant d'air discret et quelques pas se font entendre. Le silence revient à sa place. La caméra a disparu et le mystère demeure.

Epilogue

Black-out !


© Max-Louis MARCETTEAU 2012

23:21 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : smoking, sexe, ambition, peur |  Imprimer

05/02/2012

A la recherche d'une idée.

 

Idée de texte du site Écrire2012 Catégorie : dialogues.

 

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Jean-Pierre Claris de Florian 1755-1794

 

 « - Je cherche une idée.

- Une idée comment ?

- N’importe !

- Il n’y a pas de hasard d’idées. Il y a l’Idée.

- La perle rare ne m'intéresse pas ; une idée toute simple, me suffit. La première venue fera l'affaire !

- Une idée est comme un feu follet. L'éphémère se laisse-t-il attraper par le premier venu ?

- Suis-je le premier venu ? Adam, oui, pas moi.

- Nous sommes tous des Adam... et des Ève.

- Ève ? Le miroir de Adam !

- Un hermaphrodite ?

- Possible qu'au départ, Adam était équipé des deux sexes et pour se séparer de son envahissante féminité à préférer s'en séparer !

- Original comme idée.

- Tu appelles cela une idée, moi une hypothèse.

- En vérité un postulat.

- Pourquoi devrais-je m'engager sur ce sujet ? Je formule un aspect jamais discuté et qui ne m'intéresse pas. Même si j'ajoute que Adam est un concept sans passer par la science qui à trop chercher le pourquoi, du comment, finira par ce pendre à sa première équation d'origine.

- Mais la recherche de son origine est le but premier de tout être, de la connaître.

- Cela lui fait une belle jambe, à l'humain, de savoir son origine.

- Connaître pour se rassurer. Et cette vérité sur Adam, lui permet d'avoir des fondations pour se construire.

- Il n'y a pas de vérité. La vérité est à celui qui est capable de l'imposer au plus grand nombre.

- La vérité est-elle une vilaine ?

- Non, elle est le faire valoir du pouvoir.

- Et le mensonge ?

- Une ironie de langage qui porte ses fruits au moins offrant.

- Donc où est la mesure du juste ?

- Il n'y en a pas. C'est comme avoué qu'une ligne droite est droite. Cela n'a pas de sens. Elle est courbe et constituée de points … circulaires.

- Il y a des points … carrés ?

- Raymond est un exemple !

- Facile et donc, la courbe est juste ?

- La courbe est vernaculaire. Elle est multiple et insaisissable. Elle n'a pas à être juste. Elle est courbe.

- Donc, toute vérité et mensonge sont des masques. Ce qui est, n'a pas besoin de se justifier ?

- Exact !

- Intéressant ! Mais nous nous égarons et discutons à bâtons rompus sur des sujets dont nous n'avons aucune connaissance, à la vérité.

- Oui, et cela me donne une idée par les mots d'un certain Florian :« Chacun son métier et les vaches seront bien gardées ».

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2012

20:57 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : idée, sexe, sujet, masque |  Imprimer

03/02/2012

L’imparfait est Roi!

 

Idée de texte du site Écrire 2012 : Thème :La baguette magique

 

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Un monde de bulles

 

 Il y a des matins, devant la glace, on ne se reconnaît pas. C'est un autre visage qui vous dit bonjour. Je tire la langue, examine mes yeux, tire sur mes jouent creuses, bref un bilan journalier proche du déficit de notre pays. En un mot (même plus) : je me sens enfariné. C'est moi, à la lumière d'une salle de bains confidente de mes défauts grandissants. Mon quotidien.

 

Mais ce matin, j'ai eu une attaque d'identité. Rien avoir avec la carte, celle inventée sous Vichy, non, je ne me reconnais pas, là, devant ce moi, ce miroir qui n'en fait qu'à sa tête, me nargue d'un faciès étrange, venu d'on sait où mais qui ressemble à une espèce d'alchimiste, de magicien. C'est une peur, un cauchemar éveillé qui n'emballe pas, si ce n'est le cœur !

La première émotion venue, je me dévisage. C'est étrange, de se mirer pour la première fois sous cet aspect, un tantinet rebutant au départ et puis on se prend découvrir le positif. Les traits ne sont pas aussi traînés sur les joues, le front paraît sage, la moustache en bouts spiralés n'est pas si déplaisante, le nez pas si grossier que cela et la bouche expressive comme un clown est presque rassurante.

 Et si j'avais des pouvoirs magiques, à exaucer mes vœux ? Amen ! Je cherche dans ma cervelle toute nouvelle, quelques données ésotériques, voire des formules à la Dac, et je ne suis pas étonné, après des minutes aussi longues que le fil à soie, de concentration, d'invoquer à haute voix des phrases qui n'ont pas de sens pour le commun des mortels mais qui à mon grand dam, ne produisent rien.  Je répète, une fois, deux, trois, … dix fois, … rien ! Je suis un tantinet déçu, voire énervé. Ce qui n'est pas dans ma nature. Est-ce bien raisonnable d'être dans cet état physique, si cela ne m'apporte rien ! M'aurait-on joué un tour de cochon ?

 J'ai une idée ! Et si j'appelais un de mes amis ? Un ami sûr, sans reproche, solide, sans faille, une nature humaine, quoi ! Je vais mis prendre pour qu'il ne me voit pas. Ce serait un comble, si en plus je devais perdre un ami, à cause de ma nouvelle apparence ! Ou carrément, qu'il fasse une crise d'hystérie. Aïe, aïe, aïe. J'y pense même pas !

 

«  - C'est toi, Polo ? (je suis derrière la porte d'entrée)

 -        bé, oui patate !

 -        Bon, je t'ouvre, et je vais direct dans la cuisine. Je ferme à clé.

 -        T'es pas bien, Isidore ?

 -        Si, si. Mais faut pas que tu me voies.

 -        Tu t'es pris un retour de flamme avec ton four à gaz ?

 -        Non, non ».

 Je ne cherche pas plus à discuter. Je trottine : direction la cuisine et … pas de clé. Je cale la porte avec une chaise … euh, pas de chaise. Vite, vite, une idée. Je déplace la lourde table de chêne. Cela fait un bruit de tous les diables. Enfin, la porte est bloquée.

 «  - Tu me fais peur, me dit Polo.

 -        t'inquiètes !

 -        Mais je suis inquiet. Tu veux que j'appelle le toubib, les pompiers ?

 -        Non, non ! Dis-moi, Polo, est-ce que tu aurais un vœu à formuler ?

 -        Un vœu ? Quel vœu ?

 -        Un truc qui te ferais plaisir et que tu ne peux pas te payer ou que tu n'auras jamais, mais dont tu rêves. 

 -        Ah ! Et bien …

 -        Alors ? C'est pour demain ?

 -        Je réfléchis !

 -        Euh … une pouliche.

 -        Une pouliche ? Comment ça une pouliche ? Une femme ?

 -        Est-ce que tu voies une de ces femelles avec une selle sur l'échine, ignare. Je veux une jument pour la faire courir et gagner du blé !

J'avais zappé que le Polo, c'est un turfiste. Et pas un amateur. Une pointure mais qui ratisse son salaire en une journée !

 -        Bon, je vais voir, si je peux t'exaucer.

 -        Exaucer ?

 -        Cherche pas !

 Je me concentre. Je vois un tas de formules dans ma cervelle qui tournent comme cents manèges. Et hop, j'en chope une. J'invoque.

 « - Qu'est-ce t'as à crier comme un veau ! »

 Je n'ai pas vraiment conscience que je crie et Polo, il s'inquiète, mais aussitôt, j'entends un hurlement qui n'est pas inscrit dans le dictionnaire des onomatopées. Puis, une chose qui tombe et des hennissements !

 Je déplace d'un tour de rein la table, j'ouvre la porte et là, je vois au milieu de mon salon, une pouliche, d'une belle robe isabelle, qui n'a pas l'air d'apprécier d'être entre un canapé et un guéridon, et le Polo sur le tapis les bras en croix.

 J'ai réussi ! Je suis ému, fou de joie, étonné et une certaine peur. Un mélange qui est d'autant plus explosif que mes pieds sont devenus des … sabots !

 

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2012

21:49 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : magicien, jument, miroir, polo |  Imprimer

02/02/2012

Au plaisir, où sont les mots ?

Idée de texte du site Écrire 2012 : Thème : Le plaisir d'écrire

 

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Rien n'est moins facile que d'écrire sous la contrainte et encore plus difficile quand elle est absente. Alors, y-a-t-il plaisir à écrire ? Bé, non ! Aucun. J'écris parce que je ne sais pas écrire. Ce postulat posé, la question impertinente pointe son nez : est-il raisonnable d'écrire ? Bé, oui ! Ce paradoxe est a son firmament et l'encre sèche pour la suite à donner à cet état de fait.

 

En vérité, le plaisir d'écrire n'existe pas. Et ceux qui vous disent le contraire n'ont rien compris à l'affaire. Écrire c'est respirer. Éprouve-t-on plaisir à respirer ? Non. Sauf effectivement si vous avez la figure sur la traversin après vous êtes débattu avec un cauchemar. Ou que votre cœur se soit mis à faire des siennes et que vous retrouver la vie, grâce à l'intervention d'urgentistes après avoir dit bonjour à la mort, histoire de savoir commet elle va. Là, vous éprouvez un plaisir incommensurable à respirer. Mais écrire? Chaque mot est une transpiration, chaque phrase se tord pour trouver la bonne posture, chaque ponctuation cherche sa place sans billet réservé, et chaque paragraphe est une vertèbre qu'il ne faut pas abîmée. Et combien de mes textes on la scoliose ? Pratiquement tous ! L'écriture n'est pas un plaisir, non ! Et je ne vous parle pas de l'inspiration. Fadaise de trublions de l'écriture qui s'accrochent à un mirage au fond de leur cervelle.

 

Alors, pourquoi écrire ? C'est un besoin irrépressible. Ce n'est pas une drogue, c'est une damnation ! Même si les mots ne sont pas dans l'odre, il fuat sotrir la chsoe puor la liebrer. Construire des phrases, même si cela n'est pas cohérent. Et inversement. Qui peut échapper à une telle damnation ? L'exorcisme est une solution. Mais à qui s'adresser ? Le curé du coin n'est pas indiqué, trop vinaigré des Saintes Écritures et la désenvoûteuse trop sulfureuse. Bref, je vis avec, à défaut de faire mieux et j'éponge mon mal sur des lignes, qui n'attendent que leur bon plaisir, car comme nous dit Alfred : «  Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse! »!

 

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2012

21:52 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : écrire, plaisir, affaire, écriture |  Imprimer

17/01/2012

Sourire de la fortune !

 

Idée de texte du site Écrire 2012

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Aujourd'hui, je suis comme une baguette qui vient de sortir du four. Je suis craquante à souhait et tendre comme le jambon. Il manquerait de peu que je devienne sandwich. La moutarde risquerait de me monter au nez. Et, ce n'est pas le jour.

Aujourd'hui, j'ai des envies. Oui ! Des énormes, monstrueuses, gigantesques, astronomiques envies. Ce n'est pas tous les jours, je l'avoue. Mais faut-il attendre le plaisir de l'autre pour assouvir ses envies hors normes ? Non ! C'est évident. Surtout que l'autre, c'est l'homme de ma vie. Un galérien. Pas un chômeur, non. Il travaille. Ce n'est pas Byzance, c'est un journalier dans les fermes. Si, si ça existe toujours. On se pratique peu. Et quand l'on se voit, lui, il a les yeux troubles. La petite prune du père Latache, ça vous fait chavirer un bateau de croisière sur la côte. Lui, s'est un rescapé et moi, je suis sa chaloupe. Et je prends l'eau au niveau de la flottaison. C'est dire que je ne peux rien attendre de mon homme, même si je l'aime. Une femme, c'est comme ça et pas autrement et pas la peine de faire de la psychanalyse de bar pour vous faire un article sur la Psyché de la femme.

Aujourd'hui, je suis seule. Et ça tombe bien. Je vais pouvoir en profiter un max. Vous vous posez la question sur ces envies sans noms. Et bien rassurez-vous, je ne veux pas me goldiner un mec sur le balcon du dernier étage de mon immeuble actuellement à louer, porte ouverte et fenêtres teintées de rose. Et pas non plus me shoppingnier toute la grande rue de magasins où chaque empreinte de mes chausses plates vaut dix mille euros (et pas du mètre carré). Et pas plus que je ne vais prendre mes rêves pour des réalités. Car un rêve reste un rêve, et s'il doit s'accomplir il n'a pas lieu de rester planter sur sa terre nourricière et vous voilà perdue, à vous raccrocher à un autre rêve, et de rêve en rêve, cela devient un cauchemar.

Aujourd'hui, je vais craquer. Et dans le bon sens du terme. Et pourquoi ? Je vous le demande. Et bien, je vous explique. J'ai reçu hier, une lettre. Rien de bien méchant une lettre, en général. C'est une enveloppe ordinaire avec à l'intérieur un papier. Sur cette enveloppe, il était inscrit : destinataire inconnu, et des raturages à n'y rien comprendre. Une femme s'est curieuse par nature et je n'ai pas eu la présence d'esprit (une femme a-t-elle un esprit - voir les blondes) d'aller me rendre au premier bureau de poste venu. D'ailleurs, un bureau de poste ici, c'est trente bornes. Et je n'ai pas de voiture et mes guiboles ne sont pas Ben Johnson. J'ai ouvert la lettre. Je l'ai déchirée à vrai dire. «  - C'est pas bien, ça ! » me dit une petite voix à l'intérieur de mes quelque neurones de brune. Mais je résiste à cette enquiquineuse qui commence à me harceler dans ma tête. A l'intérieur, un papier plié en quatre. Ce n'est pas un papier traditionnel, genre blanc, quatre-vingt grammes. Non. C'est un papier épais, jaunâtre, pas bien propre. Et comme de pas coutume, moi qui suis désordre, je m'étais assise à la table de la cuisine comme à une table d'autopsie. Je ne voulais pas en perdre une miette. Une miette de quoi ? Je ne savais pas encore. Mais, il y a un sixième sens chez nous les femmes que les hommes ne pourront jamais comprendre. Je déplie. Je prends mon temps. Je n'ai rien à faire de ma journée qu'à m'occuper de ma basse cour, de mon potager et de moi-même. J'aime m'occuper de moi-même. Ce n'est pas parce que on loge en pleine nature (je fais du naturisme à mes heures, pour les coquins qui lisent ses lignes) qu'on doit se laisser aller et ne pas prendre soin de soi. Donc, je déplie, lentement. Pli par pli. Et là, je découvre des dizaines et dizaines de scintillements. Je n'en crois pas mes yeux. Je n'en crois pas ma chance. Car, si je ne sais pas vraiment ce que c'est, j'ai comme un boum au coeur, la sensation d'avoir tirer le gros lot. Des diamants.

Aujourd'hui, j'ai des envies. Oui ! Des énormes, monstrueuses, gigantesques, astronomiques envies. Aujourd'hui, je vais craquer.

 © Max-Louis MARCETTEAU 2012

21:49 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : diamant, femme, lot, envies |  Imprimer

16/01/2012

A la lettre qu’on écrira jamais

Idée de texte du site Écrire 2012

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Images Jean-Baptiste Maradeix




Chère Lettre,

Au-delà de la vie qui nous prend à bras le corps, les mots ne sont que les tapissiers de nos existences éphémères et futiles, mais je ne doute pas de leurs portées, soit en sûre. Je ne voudrais pas que tu prennes au pied de la lettre ces premiers mots. Je te sais susceptible et te recommande avant la lettre, de garder les virgules de tes expressions et le point à la ligne (et pas le point barre sur le flan (terme typographique) de ce courrier, dans l’enveloppe de service, un tantinet timbrée mais charmante.

A demeure, sur une île déserte (ou presque, nous sommes actuellement sept milliards d’handicapés à quelques membres et organes - explosés ou dépouillés- près), j’avais cette envie de t’écrire, histoire de faire un break (si ce n’est une pause) de la parole, qui à défaut de plaire à celui qui l’écoute, s’écouter soi-même devient monotone, voire pénible, j’envisageais de t’écrire. L’épistolaire est passé de mode et la mode est comme la sardine à l’huile, il suffit de changer de boite (pas de sardines) pour redonner du goût à la consommer.(l’huile étant un ingrédient qui ne change rien à l’affaire, faire-valoir de la sardine comme le pain sans la mie, quoi que le pain polka …), ce qui sous entend que le tapuscrit à pris la relève.

Ton caractère non imprimé, de prime à bord, me laisse présager que tu aimes les tartines de mots sucrés salés et les bafouilles lycéennes ne sont pas ta tasse de thé. Quoique ! Je ne voudrais pas que tu restes sur ta faim (et non une fin de non-recevoir) pour accoupler mes pensées sur tes lignes, histoire d'en sortir quelque chose de cohérent à défaut d'être insipide.

Si je tiens à t'écrire c'est pour te rendre hommage, mais les mots vont me manquer si ce n'est pour écrire des fadaises du genre : si on te froisses, tu ne seras pas défigurée, peut-être décoiffée; si on te violes c'est du regard, si on te mets en morceau ce n'est pas un crime, … Il est plus facile pour moi d'écrire : tu plies, mais ne romps pas . L'encre est ton amant. Tu deviens âme sous son joug. Tu portes le ciel bleu ou la tempête, pour faire court. Ta vie n'a de créance qu'au bon vouloir de celui ou celle (ne soyons pas misogyne, tu es féminine par essence) qui sait te lire … entre les lignes.

Même si tu dois faire la morte (à ne pas confondre avec l’expression : rester lettre morte), je reste ton impertinente plume, dévouée et sincère.

© Max-Louis MARCETTEAU 2012

20:32 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lettre, mots, âme, lignes |  Imprimer

13/01/2012

Vous avez dit maçon ?

Idée de texte du site Écrire2012 :


 

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Images Jean-Baptiste Maradeix

«  - Tu travailles encore ?

- Je travaille toujours !

- Et tu maçonnes ainsi ta vie ?

- Le travail est mon mortier.

- Et la truelle, ton guide ?

- Mon pinceau !

- Tu es un drôle de parpaing.

- Je suis fait de la pierre dont on construit les églises.

- T'aurais pas reçu un coup de maillet sur l'occiput étant jeune ?

- Maçon de père en fils, je suis le fil à plomb de mes ancêtres.

- En attendant, tu espères finir mon mur ?

- Je ne construis pas la Muraille de Chine, donc ça devrait le faire.

- En tout cas, tu y passes du temps.

- Qu'est-ce le temps ? Une idée, une perspective, un concept, une référence, une onde, …

- Oui, oui, n'empêche que tu loges chez moi et que cela devient pénible.

- J'aime le travail bien fait, régulier, à l'équerre. Je ne fais pas dans l'ésotérique.

- Alors tu peux m'expliquer ces curieux dessins, là, au bord gauche, en bas du mur ?

- Ce sont des symboles.

 - Des symboles ?

 - Oui.

- Ta signature ?

- Si l'on veut.

- Sont pas un peu de travers ?

- T'as pas le compas dans l'œil !

- Va falloir que tu retires ça !

- Alors, je rends mon tablier !

- Ne soit pas si tatillon. Bon, on se remet à niveau ? Un p'tit coup pinard ?

- Non, je regrette, je ne suis pas de cette obédience ! »

 

 

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2012

 

 


22:26 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : maçon, pierre, compas, idée |  Imprimer

12/01/2012

Qu'est-ce ?

Idée de texte du site Écrire2012 : « Que s'est-il passé ce jour-là ? »

 

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Image de Jean-Baptiste Maradeix

 

 

Je ne sais pas ! J'ai loupé quelque chose ? Une distraction, une erreur, un quiproquo, un égarement, … que sais-je ? Peut-on me soupçonner d'avoir été dans le questionnement, ce jour-là ? Il est possible, mais rien n'est moins sûr, quoi que ? Si c'est la cas, on peut revenir sur les brides de ces questionnements.

 

A quoi servent les questions ? D'aucuns disent : au mieux, à y répondre. Et au pire, à passer le temps ? Le questionnement un passe temps comme un autre ? Il faut poser la bonne question, certains diront « - Il n'y pas de mauvaises questions ».

 

La question est-elle une torture inhérente à l'être humain ? La question est-elle source d'immobilisme ? Et celui-ci est-il synonyme de mort ? Mais la mort, qu'est-ce ? A part « un manque de savoir vivre » ? Une part d'un cycle ? Une fin, un début ?

 

Notre monde ne s'est-il pas construit sur des questions ? A tout moment ? Par exemple, ces diplômes obtenus ou ratés ne sont-ils pas le fait de questions ? A tout instant, des milliards de questions sont posées dans ce monde et ne pourrait-on pas dire que la question est un mal endémique ? Y-a-t-il un vaccin pour guérir de la question ? Est-il pensable que l'univers lui-même se pose des questions sur sa propre structure, sa propre évidence de vie dans le sens large du terme ?

 

Qu'adviendrait-il si la question disparaissait ? Mais la question a-t-elle vraiment existée ? Peut-on mourir pour une question ? Ou meurt bien pour une idée, mais celle-ci ne surgit-t-elle pas d'une question ?

 

Ne dit-on pas : « - Fais cela sans poser de question » ? Sommes-nous pas dans le nœud du questionnement ? Entre la question qui dérange, où pourrait l'être et la question pertinente, cocasse, insidieuse nous amène à la question du silence ? Le point d'interrogation qui flotte sur une assemblée ou un interlocuteur ou même devant sa propre glace, n'est-elle pas une question à part entière, plus démoniaque ?

 

Qu'est-ce qu'une question sans réponse ? Une énigme ? Elle même un mystère ? Sera-elle rangée dans un placard de notre mémoire ? Ressurgira-t-elle à l'identique quelque temps plus tard ? La question évolue-t-elle ?

 

Et la réponse n'est-elle pas une marionnette ? Et une réponse est-elle vérité ? « Ceci est n'est pas une pipe ». Et si la vérité de l'instant ne l'est plus l'instant d'après, à quoi peut-elle servir ? Et si la question était un faire-valoir de la réponse dans son monde, pour créer un effet d'optique déformant à l'accepter comme juste ? A l'inverse, et si la question n'avait que pour but de générer un apprentissage ? De résoudre des difficultés ?

 

Question ouverte, fermée ? Qu'importe, la question est une hydre et la réponse du même tonneau. L'assertion est osée, voire audacieuse, mais toute question/réponse ne l'est-elle pas ?


© Max-Louis MARCETTEAU 2012

16:54 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : question, monde, humain, interrogation |  Imprimer

30/10/2011

Interconnexions …

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Photo MARCETTEAU Fabrice


« - Dormir.

- Dormir ?

- Rêver de toi.

 - De moi ?

- Oui.

- Suis-je à ce point transparente ?

 - Je te voudrai autrement.

 - Autrement ... différente ?

 - Singulière.

- Une femme n'est-elle pas par essence singulière ?

 - Elle est femme. La singularité n'est pas une appartenance à un genre, mais à l'individu.

 - Ma vie n'est pas ma vie. Vie d'une autre moi-même en permanence ou presque. Je traverse des parcelles de réalité au gré des rencontres et puis à ces instants éphémères, je me retranche dans ce corps inconnu qui est mien, en apparence. Je me vide, puis, je suis dans une bulle, rien ne me touche. Je suis spectatrice ou voyeuse selon le bon vouloir de la nuance. Je reste de marbre, si ce n'est de glace. Pas de réchauffement climatique pour moi. Je me laisse emporter par le mouvement. Passagère involontaire, je subis ce ELLE, de sa navigation à vue, de son accostage sur le premier port venu. ELLE s'enracine et puis, ELLE coupe les principaux accès. ELLE meurt et nous reprenons la mer. Insaisissable par la pensée et pourtant ferrée à la première occasion, l'on croit LA posséder, ELLE glisse comme une anguille. Perméable à tout et imperméable à ce monde du vivant, ma vie est un filigrane sur une page d'un destin qui s'efforce de me faire vivre une route qui n'est pas mienne.

 - Demain est un autre jour. Dans mon coin, j'ouvre les portes d'hier pour creuser les autres vies écrites sur du papier dont les ans ne prennent pas une ride. J'accuse SES années de m'avoir inhibé, ignoré, voire méprisé ! Dans ma coquille, je nacre des rancunes, mais qui suis-je pour porter atteinte à IL ? Alors, JE rêve, et IL passe ses heures entre le néant et le vide que certains ont essayé de combler. Peines perdues : IL formate à la première occasion venue. Je ne retiens rien. Mes cellules souvenirs sont vierges. J'apprends inlassablement à être. Celui qui viens d'ailleurs pour aller ici. Mais ailleurs et ici pour moi sont identiques. Tout passage à l'acte est un rêve. Je plonge dans le virtuel à chaque mouvement. Aucune blessure, aucun mot ne retiennent ce corps, cette âme, qui traversent les années comme une particule quantique. Échec à toute communication durable, seul l'instantané compte. Mémoire vive, toute procédure de marquage est sans effet. Je suis comme le sable, je prends la forme de l'instant et modifie mon apparence à l'empreinte suivante. Construction impossible.

 - Je végète comme un oignon en terre depuis trop longtemps et rien ne viendra me sortir de cette argile, mon tombeau. Demain ne sera pas pour moi. Souris-moi Mon Amour, je me suis trompée de route.

 - . . .

- Tu dors ? »

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2011

22:06 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chaises, rêve, mémoire, blessure |  Imprimer

24/10/2011

Agression.

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Site

 

 

 

 

Je ne vais pas par quatre chemins, c'est celui-là même où j'ai été agressé. Ce premier chemin, là, à votre gauche. Oui, agressé. D'ailleurs, je me demande comment, je peux l'écrire.

 

Ce chemin alternatif à la route principale de mon village que je voulais éviter, pour me raccourcir et surtout ne pas écoper des quolibets sur ma poupée gonflable. Je revenais de la ville voisine en autostop et la conductrice, blonde blé, pas pimbêche, ne regrettait pas le transport de ma modeste personne déposée au carrefour des Sept Nains.

 

Donc, par ce bel été, la chaleur avait élu domicile. Elle ne lésinait pas à la dépense. Pas d'économie d'énergie pour elle. Dire qu'elle avait le feu aux fesses, y avait pas loin.

 

Je transpirais comme un baudet à la montée du premier col de l'Everest. Moitié nu, (à part mes chausses, ma chemise blanche et un short taillé à la serpe : je précise pour stopper toute imagination érotico-à-la-noix), je prenais ombrage des feuillus filandreux de la lisière du chemin pour éviter le rayonnage d'un soleil en pleine forme.

 

J'étais, au bas mot, à quatre cent quatre-vingt-huit mètre de ma porte d'entrée. Ma roucoulade avec la blonde blé, m'avait bien fait perdre quelques milles de calories et je sentais comme un coup de pompe et rêvais d'un jus de fruit dans la glace pilée (ne pas confondre avec épiler).

 

A mi-chemin de mon habitat humanoïde, j'ai ressenti comme un froissement d'ailes dans le feuillage, léger, puis franchement fort. Je n'étais pas d'humeur à avoir peur. Mon adrénaline était en léthargie. Aucune planification d'autodéfense. Bref, chemin faisant, j'étais à dix mille lieues avec mon jus de fruit qui s'était transformé en douche.

 

J'ai eu juste le temps de tourner la tête, qu'une espèce de volatile s'est projetée sur mon épaule dans un cri à rayer les carreaux de la Mère Denis et par la même occasion à mortifier son linge.

 

Une dinde furibarde ! Et oui. Elle était précoce de vélocité, prêt pour décoller de Kourou. Elle ne devait pas aimer sa société de mâles. Madame avait eu le béguin pour ma pomme et m'avait mis le grappin de dessus.

 

C'est vrai que je ne vous raconte pas tout. Depuis un certain temps, déjà, ce gallinacé prenait plaisir à becqueter ma porte. A coup de balai, je l'a renvoyais. Mais le genre féminin a de la suite dans les idées. Depuis cette ultime rencontre, je l'ai placé … au chaud, dans une … cocotte-minute.

 

 

 

© Max-Louis MARCETTEAU2011

 

 

23:51 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : blé, agression, short, nu |  Imprimer

23/10/2011

Deux soldats de plomb

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Porte du château de Sablé (Sarthe)

 

Deux soldats de plomb dans un bac à sable, seuls :

 

« ...

- Autre part ? Sur un autre champ de bataille ?

- Peut-être, mais je ne veux pas y perdre la tête, ma pauvre tête de plomb, si ce n'est y perdre la raison.

 - Tu as toujours été d'une raison à désarmer tous les aliénés de la terre. A cela, accouplé à un état de chiffe molle, tu es redoutable.

- Oui. Et pourtant, je voudrais cicatriser de mes doutes. Balancer mes tabous au bout d'une corde comme une grappe de raisin, les presser de mes pieds nus. Et de ce jus acariâtre, l'inoculer à chacun de mes neurones. Mais je reste bras et jambes ballants sur cette balançoire de vie fantomatique.

- Ce soir, tu nous fais Waterloo, ou tu as du plomb dans l'aile ?

- Non. Je voudrais lâcher mon imperméable caractère et tisser des relations solides avec autrui.

- Tu dois souffrir.

- Oui et non. C'est assez étrange comme sensation. L'impression d'être tondu comme un mouton par mère tondeuse qui chatouille ma peau et celle d'une chute de soixante mètres me recevant dans un bac d'eau glacé.

- Nous sommes tous des moutons, soutenus par des chiens de gardes qui mordent nos moindres écarts.

- Peureux, poltron. Regarde nous. Contemplons nos histoires. La raison des lois n'est plus populaire. Rien de bien valorisant pour la démocratie. Nous reprendrons peut être du service.

- Tu as du vécu. Plusieurs fois fondus et remoulés. Maintenant on peut dire que tu as une vie plombée.

- Très drôle ! J'aimerai voyager.

- Dis-moi, tu n'as pas l'impression que nous sommes en train de nous enfoncer ?

- Oui. Ce sable devient mouvant. Notre sort est scellé.

- Tu disais : voyager. N'est-ce pas l'occasion ? Nous allons aussi nous transformer, qui sait ?

- En plombier ?

- Hilarant. Et pourquoi pas en château de plomb ? Tu penses que l'on peut voyager dans ce tombeau de sable?

- Certains ne croient-ils pas à un paradis, à un enfer, ... »

 

© Max-Louis MARCETTEAU2011

23:17 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : château, sable, plomb, soldat |  Imprimer

22/10/2011

Rencontre improbable.

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Oeuvre de Amaury Dubois

 


 

L'autre jour, j'ai rencontré quelqu'un hors du commun. Il était en voiture. Apparemment, il ne prenait jamais quelque transport pour le vulgaire, ce qui lui semblait … commun. Il était arrêté à un stop.

 

Correct dans son maintient, discret comme un caméléon, (à ne confondre avec Léon le Camé de la porte d'Issy), aux premiers abords. Je dénotais avec ma mine défaite, quand je me suis arrêté au milieu du passage piéton.

 

Nous nous regardâmes un moment. Nous étions-nous déjà rencontrés ? Il brisa notre silence respectif assez incongrument :

 

«  - Vous allez demeurer longtemps à cet endroit ?

- Non, non. Mais vous ressemblez à un de mes rares amis qui était mercenaire. » répondis-je au hasard.

 

Sentait-il un piège ? Il haussa les épaules, et s'apprêtait à redémarrer.

 

« - Attendez ! Lui dis-je, un peu rudement.

- Vous m'importunez et je ne ressemble qu'à moi même et seul le miroir peut se targuer du reflet de mon honnête personne.

- Je n'en disconviens pas. Cet ami est mort.

- Condoléances.

- A s'allonger pour oui ou un non dans n'importe quel endroit, une voiture lui est passée dessus, un matin, de ce début de printemps, aux premiers rayons de soleil, jaune pâle après une jaunisse.

-Et ?

- Après plusieurs années à guerroyer à la solde de pays respectables, en apparence, il était revenu depuis quelques mois. Il avait changé. Personne n'était venu prendre de ses nouvelles, l'aider à se préparer à revenir parmi une certaine civilisation.

- Et vous, vous étiez où ?

- J'avais eu le malheur de tomber de ma chaise à bascule et m'étais fracturer quelques os avec un traumatisme crânien. Ma convalescence durait et il devait passer me voir. Et puis triste nouvelle, apprise par le journal, de son décès.

 

 

Ce quelqu'un n'était pas comme les autres. Non. Il était conscient de mon trouble par cette disparition qui m'affectait. Il me sourit. Me proposa de le rejoindre dans sa voiture. Il me prit par empathie.

 

J'ai retrouvé un ami. C'est beau la vie, n'est-ce pas ?

 

© Max-Louis MARCETTEAU2011

00:01 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ami, civilisatio, voiture, journal |  Imprimer

19/10/2011

L'amour ne baisse jamais les bras

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Site

 

L'amour ne baisse jamais les bras, parfois la culotte mais pour la bonne cause. Je reconnais que si je ne recherche pas l'amour, j'entends, vois et ressens quelques femelles, égarées, me tendre des pièges. Ne pas faiblir ! L'amour à plus d'un tour dans son sac pour qu'on y plonge la tête la première et sans expérience, mourir étouffé.

 

Pour éviter les traquenards de la gent féminine, j'ai un appareil, fabrication maison qui me permets de les éviter. De mon expérience, modeste il va sans dire de l'opposé de mon sexe, j'ai constitué des paramètres qui ce sont affinés aux fils des décennies.

 

Je ne peux arborer ma découverte au grand jour. Je ne suis pas philanthrope, ni mercantile. Un tantinet sociopathe. Nul n'est parfait. Par ailleurs, un brevet, un certificat, ne servirait à rien. Et puis, à part moi, à qui cela peut bien servir ?

 

J'entends glapir les misogynes et autres mâles de tout poil que mon invention serait utile. Messieurs, il y a des découvertes qui finissent dans la tombe. Seule la leçon de vie permets de se créer une carapaces, un tissu de satin, selon la situation. A chacun son empathie ou antipathie.

 

Aimer ou ne pas aimer ? Être aimer ou pas ? Telle est la question, pour écorcher et paraphraser William. « J'aime mon chien » avais-je dis, sincère, jeune bambin. La claque maternelle a fait effet. Les femmes sont-elles possessives à en oublier l'essentiel ? L'Amour maternel qui accepte tout, même l'inacceptable, n'est pas toujours de mise. Il y a des limites. J'en étais pour mes frais. Les femmes, dans ma vie d'homme, se sont brûlées les ailes et moi avec, parfois.

 

Je n'ai pas le logo Peace and Love tatoué sur mon cœur. Je suis de brute de décoffrage. Ça passe ou sa casse. Rien pour réfréner mon caractère qui peut être une vaguelette sur une plage de sable chaud ou une déferlante qui engloutie tout sur son passage.

 

Né sous le signe du volcan, ascendant âne, je vais rejoindre ma poupée gonflable qui m'attends sagement en quête d'un câlin avant un sommeil réparateur. Au moins, elle, elle n'a aucune visée, aucun calcul. Je me glisse lentement dans les draps. Voilà qu'elle gémit, déjà.

 

 

© Max-Louis MARCETTEAU2011

21:22 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ailes, love, draps, poupée |  Imprimer

18/10/2011

Verre d'eau, un lendemain de cuite

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Site


 

Avez-vous vu un verre d'eau un lendemain de cuite ? Non. Moi, si ! En vérité, je l'ai goûté, son eau : âpre à souhait, avec un arrière goût à vous relever les papilles jusqu'au palais et la luette qui sonne midi.

 

Je suis allé chiner dans le frigo du sucre en poudre pour remonter le pH de l'eau. Petite info sur le sujet : son cousin sucre de canne en morceaux lui avait cassé quelques infamies sur le dos et ne souhaitait pas d'un tel individu mollasson à ses côtés. Il y avait comme un froid entre-eux. A l'intérieur d'un placard ça fait désordre. La protestation devenait endémique. Entre les petits pois, toujours aussi arrogants et le thon à l'huile qui en jetait, j'avais décidé de flanquer le sucre en poudre au cachot. Vous l'avez compris : le frigo. Il est de mauvaise humeur le bougre (le sucre en poudre). Je l'ai secoué pour obtenir une ration convenable pour mon verre d'eau. Chose faite, je ne lui ai pas dis merci.

 

Un verre d'eau, c'est personnel. Je dis même : exclusif. Comme la brosse à dents, d'ailleurs, même si elle est d'ici (et pas d'Issy).Il y a une relation particulière, intime. Vos lèvres ne sont pas pour tous, même si le monde est orgiaque, garder un quant-à-soi est de bon aloi. Un gain non négligeable de sureté. Ce monde qui épie l'autre moitié, souvent sans qu'on s'en aperçoive. C'est pour cela que je mets sous clé, tous les soirs, mon verre d'eau. Et aujourd'hui comme les autres jours et ce, jusqu'à ce qu'il casse. Car je sais que sa disparition est inéluctable. Et j'avoue que je conserve précieusement dans une vitrine, sur des morceaux de coton, un fragment de mes verres d'eau trépassées.

 

Verre d'eau est devenue une solution sucrée. A la première gorgée, j'ai vrillé ma main gauche vers l'intérieur. Signe que je suis satisfait, en général. Cependant, je nuance mon expertise. Il y a un je-sais-quoi qui me fait frétiller … la paupière droite. Et ça, c'est pas bon signe. Un mauvais présage : une fracture sucrée. C'est rare. C'est un sucré rebelle au H²O lors de circonstances pour l'instant non élucidées.

 

Je régurgite tel le cracheur de feu vers la première plante venue. Mon instinct de primate sent venir à lui, par lianes interposées, l'ordurier qui sommeil. Mais mon formatage éducationnel vibre fortement d'une alerte rouge. J'éructe, alors : un zut, soprano.

 

De suite, je cherche un papier, blanc, quatre-vingt-huit grammes, le pose sur une table inox en forme de croix que je dispose dans la cuisine prêt du four traditionnel (j'aime bien le traditionnel). Je verse quelques gouttes de ce liquide rébarbatif à l'ingestion du primate phalloïde que je suis. Et miracle, et celui-là, pas spéculatif, pas papal, pas thaumaturgique. Non, j'ai devant moi la preuve, le vice de forme, que sucre en poudre, avait eu un parent betterave ! Mais je n'arrive pas à décrypter le reste de la formule écrite sous mes yeux !

 

Je suis allergique à la betterave. Je suis colère. J'en réfère à sucre en poudre. Il ne me répond pas. Je suis décontenancé, il y a de quoi. Je le prends d'une main et lui tapote, de l'autre, l'arrière-train. Il vient de succomber, gelé.

 

En grande pompe (à ne pas confondre avec un clown unijambiste), je le déshabille de son emballage et le place délicatement dans une casserole, sous un feu ardent. Voilà, devant son Paradis, devenu : caramel !

 

Et puis, de ce fait peu coutumier, j'en exécute un autre. Je brise mon verre d'eau sur le mur de ma cave, et laisse les débris, ainsi, à la moisissure du temps, sans plus d'état d'âme.

 

© Max-Louis MARCETTEAU2011

 

 

 

 

22:00 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : eau, ph, verre, cuite |  Imprimer

17/10/2011

Peau d'automne

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Oeuvre intitulée : Paysage  de Georges Rouault


 

Je ressens l'automne sur ma peau. Ma respiration commence à sentir le moisi. Bientôt, le premier ver va ouvrir le ban.

 

Pas de panique. Une douche au gel senteur abricot, shampoing pour cheveux délicats et maniaques, dentifrice menthe à l'eau. Non. Rien à faire. C'est étrange, maintenant je sens la terre humide, pire, l'humus.

 

J'ouvre ma porte-fenêtre. Me flanquer une bise d'un soleil plein sud, me dépolluera. Le balcon agencé entre potager et salon de thé a une vue sur le Parc à dextre, Cimetière à senestre. Je me suis levé avec un torticolis, mon premier regard se porte à dextre. Un signe ? L'aiguille du frisson me parcours de bas en haut. Non, pas d'érection.

 

Au Cimetière rien de nouveau. Les morts sont toujours morts parmi les vivants eux-mêmes à tout moment prédisposés au linceul de service. Une bière ! Amen ! Le Parc change de maquillage. Plein fard sur des couleurs pétantes. Joli automne, tu macabres ton oraison en bonnes compagnies d'insectes. Nos morts ne seront pas mieux honorés, d'ici peu, normal, ils nourrissent les vivants de souvenirs à des degrés différents, parfois jusqu'à la brûlure. Chaud devant, la déprime.

 

Arbre et stèle : les deux pointes vers le ciel. Si l'un ne l'atteint jamais (et pourtant tous en porte un, de nom latin), l'autre espère retenir l'attention, à défaut d'un dieu, un généalogiste en herbe, si ce n'est un égaré des allées qui la culbutera par manque d'attention ...

 

Je referme ma porte-fenêtre. Un petit vent glacial me titille le bas du cou. Un ectoplasme ?

 

Je vais prendre un bain. Cette odeur est insupportable. Ma nudité me dérange moins sous la douche que dans une baignoire. Entre verticalité et horizontalité : deux mondes. Demandez à un aviateur si vous n'avez pas une femme à portée de main.

 

Je vais me sécher à l'ultra-violet. Et si j'avais un cancer du cerveau ?

 

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2011

22:38 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : automne, peau, cimetière, arbre |  Imprimer

16/10/2011

J'attends

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Oeuvre de Stello Bonhomme

 

Je passe mon temps à attendre. L’attente immobile, l’attente qui n’est pas mon oncle diront certains. L'attente qui n'est pas du camping est un sarcophage. Et ce dernier ne fait pas parti de la famille des macrophages. Non. Ni d'un pseudo président qui se transformerait aux jours de pleine Lune en un loup garou pour termites égarées, ni chômeurs, d'ailleurs. Quoi que ...

 

Ce n’est rien d’attendre. Ce qui est difficile c’est d’être opérationnel au moment où l'action pointera le bout de son nez. Et pas frileux, ce nez. En plein dans le pif, l'action en question. Et là, il faudra assurer. Et pas question d'être le dernier des derniers pour faire bonne figure. Pas de pifomètre. Non. De la tenue, de l'audace sans piment. Du tact, de la diplomatie, et le cœur avec soupape de sécurité s'il vous plait. C'est pas le moment de taper un infarctus entre deux mots échappés d'une voix d'outre-tombe.

 

En vérité, et je reviens sur ce que je viens d'énoncer, attendre est un calvaire. Un seul ? Non. Une succession de calvaire. Une plaie, pour chaque jour. Et pas d'urgentiste pour colmater ce sang d'espoir hémorragique qui n'a pas de plaquettes pour réparer. Le miracle est que l'espoir est toujours vivant. Les années passent et je suis devenu un écorché vif. En coupe, en travers, de face, de dos, bref la total. Pas beau à voir. L'humain est solide tout de même. Il supporte l'insupportable. Cet instinct de survie, une extraordinaire invention du vivant. Mais que souffrances.

 

J'attends. Comme si j'étais seul à attendre. Et elle, elle attend ? Pas sûre. Sans attente pas de manque. Pas de manque pas d'angoisse. Pas d'angoisse, pas de médicament. Pas de médicament, pas de problème. Pas de problème, pas de vie ?

 

Je suis mort ?

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2011

21:59 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : attente, calvaire, miracle, vivant |  Imprimer

15/10/2011

Une drôle de vie sans toi

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DANI Photographe

 

Une drôle de vie sans toi. Entre un café : deux bières. Une drôle de guerre entre moi et moi. Pas beau à voir. Une peinture à la Van Gogh avec un mélange Matisse.

 

Hier, j’ai cassé le miroir du couloir, juste avant de sortir. Celui de la salle de bains, pour demain. Chaque chose en son temps et le temps est depuis trop longtemps maussade, et ne fait qu’une victime : moi. Et à par moi ? Toi.

 

Toi, tu es ailleurs. Dans un univers parallèle. Le cinquante huitième, exactement. Précision de navigateur. Internet fait des miracles. Bernadette en son temps n’a pas fait mieux pour attirer des pèlerins. Nous sommes tous des ouailles. Faut-il trouver le leader qui nous tiendra les neurones sur le haut du pavé. En dessous, pour la plupart, les égouts sont leur quotidien. De la croyance religieuse, l’informatique à pris le pas. D'ailleurs, la Toile nous a tissé patiemment un tapis rouge. Du grand Art. Nous avons manqué la dernière la marche. L'un n'a pas su ou tenu l'autre et inversement. A deux, les torts sont partagés.

 

Cet Amour a été effervescent et pourtant insoluble avec le temps. Paradoxe. Je ne t'ai pas gommé. Toi, non plus, d'ailleurs. Je suis devenu pour toi un souvenir comme un cadre posé sur un mur de corridor de ta mémoire, ici peu fréquenté. Quand sais-je en vérité ? Rien. Spéculation à deux sous. Manque d'information sur le sujet.

 

J'aurai dû me tatouer ton prénom sur mon ombilic, enfin ce qu'il en reste. Au fait comment t'appelles-tu ? J'ai épousé une ombre ou un kaléidoscope ? En vérité qu'importe. Je t'Aime.

 

Ce « je t'Aime » a-t-il deux visages ?

 

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2011

22:33 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : toi, moi, mémoire |  Imprimer

14/10/2011

Je deuille mon tissu de vie

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Oeuvre de Jean Jacques André

 

 


 

Aujourd’hui est comme les autres jours avec ta voix en moins, ton souvenir en plus. Ah, les souvenirs. Ils deviennent des parchemins. Un courant d’air et que deviendraient-il ? Poussière ? Il y a des poussières qui valent de l’or. Et dès lors, je deviendrais riche. Mais la richesse n’est-elle pas l’Amour ?

 

Le cœur entre la Mer de la Tranquillité et de celle des Crises, je prends le temps de me plonger dans leurs méandres. Quoi qu’il advienne, je reste ce pingouin sur un fragment de banquise qui attend sa femelle. Je dérive. Tranquillement. Les saisons passent est aucune nourriture de toi. Je deviens un corps gelé. Par quel bout faudra-t-il me réchauffer pour me remettre à vivre ?

 

Un feuillage d’octobre pour seule vue. C’est bien triste. La tristesse, elle, se réjouie. Encore une victime à son actif. Elle nage en plein bonheur. C’est beau à voir. C’est même étrange de voir une tristesse guillerette, attentive à ses martyrs, plaisante même avec certains, apportant réconfort à d’autres : « Il y a plus malheureux que vous ». C’est touchant. Une tristesse épanouie et ce début de saison, elle mûrie à vue d’œil. Sa bonne humeur de tristesse me donne des larmes. Devrais-je épouser la tristesse pour rallumer ma joie de vivre ?

 

 

Et ce clair de Lune qui m’obsède. Qu’ai-je à voir ? Ce n’est pas clair. Au loin, un signe de la main de la vie. Intéressant. Mais quand l’esprit est ailleurs, qu’a-t-elle cette chair, belle comme un été, à me vouloir pour amant, si ce n’est pour être un nouveau membre de son intimité ? Un « je t’aime mon amour » sonnerait faux. Et puis, à quoi bon, le dire une deuxième fois ? A quelle femme à part toi, je pourrai le souffler au creux de l’oreille ? Aucune.

 

Le vent apporte des nouvelles sur cette dune où je suis planté comme une stèle. Un orage va frapper à ma porte. Je ressens les vagues me parcourir les entrailles. Une onde qui monte en moi. Des spasmes me secouent. Ma vie n’a aucune importance. Me tenir à quoi ? A toi ?

 

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2011

 

 

22:21 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer

12/10/2011

Le vol des oiseaux

 

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Petit Trianon : Versailles

 

 

Le vol des oiseaux est le même. Non, il est différent. Le partage n’est plus. Il est aux abonnés absents. J’essors mes souvenirs dans le seau de mes draps. La taie d’oreiller dessinée de coquelicots me tient de confident. Mes paroles de nuits s’impriment et disparaissent aux premières lueurs du jour. J’agonise comme une plante en manque d’eau, en manque de ton Amour, celui qui révèle que l’on est vivant. Mon film de vie est un noir et blanc raturé par les heures de ce manque qui creuse la tombe par les larmes devenues acides avec le temps.

 

Le soleil se lève. Et le monde vient de changer, si ce n’est le regard qu’on lui porte à présent. La douche du matin ne tranquillise pas la douleur de mes yeux. Même la peau a modifié sa texture, se rétrécie à un éventuel contact. Qui oserait venir me câliner, d’ailleurs ?

 

 

Tenir ta main. Caresser ce sein et l’autre pour ne pas faire de jaloux. Poser ma tête sur ton ventre. Ici, l’ordre importe peu. Ce sont ces moments qui se goûtent. Oui, c’est divin. Ce présent écrit est du passé noyé dans d’autres images de toi.

 

Ce Toi, un toit pour moi. Ce Moi, ce toit pour toi. Le toit de l’autre pour soi et à soi l’un l’autre, nous ne faisions qu’un. Un lit, une pensée, une action, … une vision ? Tout me rappelle à toi, ces temps ci. Étrange.

 

A jouer avec le feu, le feu a gagné. Chacun a le cœur brûlé au troisième degré. Mais n’est-ce pas le cœur de notre amour qui est brûlé ? J’ai ce charbon de cœur pour me réchauffer et j’ai froid.

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2011

18:04 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer

09/10/2011

Aujourd'hui, je meuble.

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Oeuvre de NOEL Alexis (19ème siècle)

 

 

Les meubles sont des cercueils. Debout contre le mur, condamnés a être exécutés après jugement sans appel : démodé.

 

A double tour, portes et tiroirs, fermés, clés jetées dans le caniveau de l'indifférence, ils tiennent la position. Le bois de merisier résistera jusqu'au bout. Celui d'acajou aussi. Seuls les pins et sapins seront les premiers à tomber. Les mites en armées, par orifice, s'engouffrent à l'intérieur, à ronger les membres, puis le corps, un rayon de lumière et tas de cendre froide. La cendre, ce sang qui ne tache pas. Pas de sépulture, de prière, de fleuve pour se réincarner, de Paradis, pour les meubles. Une deuxième mort pour l'arbre. Difficile à vivre.

 

Les rescapés ne sont pas sans frissons : grincement, bruissement, crissement, gémissement, un orchestre, le ré-majeur est en option, la baguette timide donne le ton, la blanche note pleure et la noire se dièse en contre-point fleuri. Le chat sauvage propriétaire de ce territoire n'ose s'aventurer dans ce lieu étrange et la chouette de service hulule, unique choriste, fait des cauchemars diurne.

 

Parfois, le meuble est accompagné.

 

Mourir d'inanition la vaisselle emmurée ne crie plus sa faim, se nourrit de souvenirs et cauchemarde qu'elle est Limoges et se réveille, oh pâle, à la sueur d'une poussière épaisse, gluante, son sarcophage. Elle embrasse, parfois, le sol brutalement, les couverts comme assaillants, quand meuble perd de sa consistance.

 

Rien ne crâne, ici. C'est un hospice.

 

 

©Max-Louis MARCETTEAU 2011

23:08 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : meuble, portes, bois, acajou |  Imprimer

18/09/2011

Anniversaire

 

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Un anniversaire ne s’oublie pas. D’ailleurs comment oublier ? Quoi que ...

 

Les années passent sous le feuillage des souvenirs et le composte de cet amour est une braise qui n’attend que le souffle révélateur pour s’enflammer.

Je suis devenu homo hibernatus sur ce quai qui ne se rappelle plus de quoi il retourne. Les homos sapiens ont foulé nos derniers instants dont ils ne restent plus aucune molécule, si ce n’est aucun atome. Mais savais-tu que ces derniers instants dont tes mots d’adieu n’étaient pas convainquant et mon silence colère retenu par la chaleur des murs d’enceintes de ton aura, sont marqués d’une empreinte dans nos fibres ?

 

Nous étions incompatibles. Et pourtant nous nous sommes cherchés des décennies. Défier la nature de nos raisons et le cœur en détecteur involontaire prenait part avec le hasard de nous brancher sur la même longueur d’onde.

 

Les dés étaient jetés et les cartes nous ont construits un château. Je l’aurai voulu de cristal, il s’est transformé en château d’Espagne.

 

Nos caractères nous ont-ils vraiment séparés ? Oui. Nos cœurs, non ! A Nous deux la faute.

 

Balle au centre.

 

Tu as voulu revenir à ton port d’attache, comme une naufragée. J’ai voulu te tendre la main et j’ai fauté. Il y a les femmes et la Femme de sa Vie. Jalousie n’apporte rien. La trahison aussi. Tu as eu ton poteau d’exécution, j’ai eu le mien.

 

Balle au centre.

 

Chacun avec une souffrance qui n’était pas celle de notre amour, mais celle de nos histoires respectives. Nous étions formatés avec cette impossibilité de nous défaire de nos hardes. 

 

Mais tout cela c’était hier, n’est-ce pas, Mon Amour ?


 

Max-Louis MARCETTEAU2011

23:16 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : anniversaire, amour, dauphins, vie |  Imprimer

28/07/2011

La vie dans un entonnoir

 

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Klimt : tableau tiré des frises Beethoven dans la Galerie Secession de Vienne - 1902

 

 

 

La vie dans un entonnoir, les mots surnages … muets.

 

- Demain probable !

- N 'empêche que … !

 

 

- La vie ...

- … Un jeu de quilles.

- Quille, brisée, j'en perds l'équilibre … à en perdre la boule.

- Boule de billard ! Attention au jeu du chirurgien en quête de sauver.

- Sauver ? Toute vie finie par un linceul. A table les vers !

- Vert l'habit du bistouri au noir scalpel, il n'y a qu'un fil.

- Fil du souffle coupé, les fibres sont froides.

- Fibres de tes lèvres.

- Lèvres du désir morbide, le vent automne les grouillements des vers.

- Vers sur le pied de l'appétit, le terreau est bientôt prêt.

- Tiens moi la main, les derniers os viennent de prendre le large.

- Large est la croix des souffrances qui contient des rancœurs.

- Rancœurs d'hier comme neige, gèle le présent, l'avenir.

- Avenir, tu prends les premiers récifs aux premiers mots.

- Mots, tu mords à l'éclosion du premier souffle. Ne crie plus, l'orage arrive.

- Adviendra la pluie et son tambour. La peur s'éclaire. Viens, ne restons pas sous cet arbre de mort.

- Mort, comme une renaissance. Je l'attends, nous l'attendons. Jamais  nous serrons séparé.

- Séparation : qu'elle est ce mot, Mon Amour ?

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2011

 

 

 

19:51 Écrit par Max-Louis MARCETTEAU | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer